'Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question esthétique : une manière de se penser, une manière de voir le monde, de construire sa personne. Pour nous, c’était vivre ou mourir. '   Edouard Louis

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Albert Caraco




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Albert CARACO
Bréviaire du chaos
L'Age d'Homme
126  pages
7.47  euros

30-12-2005

 

    Lydie Salvayre dans une chronique récente mit en avant Albert Caraco et j'ai donc suivi ses conseils avisés : un texte dur, terrible et à ne pas mettre dans toutes les mains. En tous cas, il soulève moult questions et même si certaines solutions et affirmations soulèvent l'incompréhension et la révolte, la lecture vaut le détour.

Albert Caraco est né en 1919 d'une famille juive et connait rapidement l'exil. Il programme sa mort et se suicide après la mort de son père comme prévu. Dans tous ses textes, il clame sa détestation des milieux lettrés, de la politique, de la charité, sa détestation de lui-même et de la condition humaine : "Je fais profession de haïr le monde". Il prévoit la montée des racismes et des fanatismes et démontre l'impossibilité de tout humanisme : des livres absolument noirs et pessimistes.

Dans "Bréviaire du Chaos", il crie en particulier sa haine de la masse et de la surpopulation qui selon lui nous conduit directement à l'extinction ide l'homme : des phrases terribles parsèment ce texte. Feu d'artifice brulant avec quelques citations du "Bréviaire du Chaos" :

- "... Un jour, nous métamorphoserons toute chose en nourritures succulentes... un jour nous coloniserons, l'une après l'autre les planètes... Ces contes à dormir debout sont publiés au moment où les trois quarts de l'espèce vivent plus mal que nos chiens ou nos chats, sans espérance de sortir de leur abjection, au moment où le dernier quart, auquel on promet l'abondance sans limites, a quelque raison de douter de la validité de ces merveilles..."

- "... Les marchands veulent des consommateurs, les prêtres veulent des familles, la guerre les effraye moins que le dépeuplement : c'est dans les marchands et les prêtres que l'ordre pour la mort trouve ses appuis les plus fermes. L'humanité devra se souvenir de cette conspiration..."

- "...Le Nationalisme est une frénésie pareille à celle qui s'empare des sociétés animales, devenues trop nombreuses... Le Nationalisme est l'art de consoler la masse de n'être qu'une masse et de lui présenter le miroir de Narcisse : notre avenir rompra ce miroir..."

- "...Car l’homme n’est pas ici-bas pour produire et pour consommer, produire et consommer n’aura jamais été que l’accessoire, il s’agit d’être et de sentir que l’on existe, le reste nous ravale au rang de fourmis, de termites et d’abeilles..."

- "... Lorsque les gens seront persuadés que leurs enfants seront plus malheureux que ceux qui les engendrent et leurs petits-enfants plus malheureux encore... ils s'abandonneront au désespoir et végéteront dans leur mécréance, mais ils mourront stériles... Le refus d'espérer et le refus de croire entraînent infailliblement le refus d'engendrer, c'est une liaison que l'on s'efforce de nier..."

- "... Nous n'éviterons ni la faim ni le Racisme et nous ne pourrons nous soustraire à l'une qu'en nous abandonnant à l'autre, nous nous ferons un jour Racistes pour manger..."

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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