'Personne n'ignore que très souvent même les silences qui paraissent éloquents donnent lieu à des interprétations erronées avec des conséquences graves et parfois fatales.'   José Saramago

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 



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Pia Petersen - Iouri








Pia PETERSEN
Iouri
Actes Sud
360  pages
21.8  euros

03-02-2009

 


    Iouri est un brillant artiste plasticien reconnu par le milieu de l’art. Il partage sa vie avec Max la narratrice qui l’aime plus que tout, l’artiste, l’homme, l’œuvre. Pourtant Iouri devient franchement hostile aux mesures sécuritaires de plus en plus contraignantes qui gèrent et encadrent son quotidien. Il estime également que l'art est devenu trop consensuel alors qu'il doit toujours bousculer, être subversif, dangereux, voire violent. En réaction, il s’engage en solitaire dans une démarche artistique radicale, peut-être ultime. Max assiste impuissante, avec une certaine incompréhension, à son changement de comportement et se morfond d’être mise à l’écart de ce terrifiant projet (« Je lui en veux parce qu’il ne m’a pas impliquée mais m’a tenue à l’écart et il aurait pu faire de moi sa complice, mais il ne l’a pas fait et je lui en veux, à lui et à son art »). Iouri a un secret et elle croit ou craint de le deviner. Sans être définitivement certaine des conséquences de ce projet, elle oscille entre adhésion et terreur et nous livre ses observations et ses interrogations les plus intimes. Elle n’en aura la certitude qu’à la fin du roman et seulement à cet instant, elle pourra choisir et figer son jugement devant la dernière « œuvre » de Iouri… Un roman obsédant et lancinant, troublant et dérangeant sur les limites de l’art et de l’amour.

« Il me dit qu’il faut trouver comment préserver son droit à la liberté et que c’est absurde mais c’est comme ça, il faut revendiquer le droit au crime pour se réapproprier sa liberté et c’est là tout le problème »

« Quand je regarde Iouri, je me dis qu’entre artiste et criminel, il n’y a pas tant de différence, ils contournent ou détournent ce qui est donné pour vrai et ils vivent selon d’autres normes parce qu’ils ont une vision différente de la société... »

« J’ai encore un choix à faire. Je me demande si j’ai encore un sens moral et si cela veut dire quelque chose. Quand je regarde le monde, je me dis que le sens moral est une idée dépassée, qu’elle n’a plus de sens, que le sens moral se maintient pour des raisons de nostalgie et que la nostalgie tue le monde et j’aurais bien voulu que les choses se passent autrement. »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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