'Une maman c’est bien suffisant, quelquefois même c’est trop.'   William Saroyan

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 





Fabienne Juhel

Les oubliés de la lande
Edit. Le Rouergue

SAMEDI 22 JUIN - 17h15



Rendez vous le samedi 22 juin à partir de 17h15, 13 Rue des Ormessons, Vaux-le-Pénil



               
      © D.R.    



A l'occasion de la venue de Fabienne JUHEL, une séance de signatures aura lieu à Vaux Livres le samedi 22 juin. En cas d'empêchement, il est possible de réserver sa dédicace.

Présentation de l'auteur

Fabienne Juhel a grandi dans la campagne bretonne près de Saint-Brieuc, au milieu des bois. Elle obtient son doctorat de Lettres en 1993 avec une thèse sur Tristan Corbière. En 1995, elle est nommée commissaire de l'exposition qui célèbre la naissance du poète, et est chargée, en 2006, du contenu du site officiel Tristan Corbière par la ville de Morlaix. Elle enseigne les Lettres dans un lycée en Bretagne.


Présentation des romans

- Les oubliés de la lande (Le Rouergue)

Les oubliés de la lande habitent « une terre si improbable que même la Mort ne s’aventurait pas jusque-là. », un village auquel aucun chemin ne mène, absent des cartes. Une trentaine d’âmes vivent une éternité de solitude, sans vieillissement, loin du monde qu’ils ont quitté pour moult raisons plus ou moins avouables. Une grande quiétude règne sur cette petite société dirigée par Jason le premier installé dans ce trou noir et encadrée par des règles précises. « L’éternité n’était pas plus supportable pour ces postulants à la vie éternelle que ne l’était l’idée de leur propre mort » et certains lorsqu’ils le décidaient, repartaient vers l’autre monde où la Mort les attendait sereinement. Pourtant, même ici, rien ne dure, éternité fragile… Lorsque Tom le seul enfant de la communauté découvre le corps d’un inconnu décédé aux portes du village, puis un premier animal mort de façon singulière et inexplicable, les évènements s’enchaînent et dérèglent vite ce quotidien si paisible, la Faucheuse aurait-elle rattrapé ces rescapés, l'Ankou serait-elle de retour ? Fabienne Juhel et son écriture accomplie nous subjuguent avec une enquête palpitante et tendue que vous dévorerez, des portraits contrastés, attachants et inoubliables, et des thématiques (comme à son habitude) variées telles le temps, le sens de la vie, le Mal et la Mort (élément de la vie dans le monde celte). Un conte, un polar, un roman profond et fascinant, incontournable de cette rentrée.


- Les hommes sirènes (Le Rouergue)

Antoine a quarante ans et dit n’avoir jamais réellement vu la mer. A la lecture d’une pancarte "Défense de déposer les ordures" sur une palissade d’un chantier qui pourrait paraître à certains anodine, très malade, il quitte tout, femme et enfants, entreprend le voyage de Saint-Malo aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Mais naturellement, ce voyage n’a rien d’un voyage touristique classique. Ce voyage libératoire est aussi un retour sur son enfance, enfant indien adopté à deux ans par un couple atypique, jumeaux rescapés des camps de la mort qui auront à jamais enlevé une part pourtant indispensable d’humanité à ces « deux Ténébreux ». Pas à pas, Antoine ou Abrha dévoilera son terrifiant passé lors de cette marche vers une renaissance, la rédemption ou une paix avec lui-même et son passé, avant le dernier voyage.
Les contes recouvrent quelques caractéristiques récurrentes : lecture à plusieurs niveaux, importance de l’environnement, la faune, parallèle entre les sociétés animale et humaine, les monstres, les arbres et la forêt, la peur, le deuil et la mort, les sentiments humains contrastés, l'adversité, la noirceur et la candeur, la poésie et évidemment un imaginaire libéré et l’enfance, ses cauchemars et ses rêves. Ces ingrédients se retrouvent dans chaque ouvrage de Fabienne Juhel, subrepticement ou clairement, toujours naturellement, sans artifice. Les contes peuvent déranger, les romans de Fabienne Juhel peuvent bousculer. Indubitablement, elle est une remarquable conteuse au premier sens du terme armée d’une vraie écriture, d’une plume affirmée et d’un vrai style.


- A l'angle du renard (Le Rouergue) - Prix Etonnants voyageurs 2009

Arsène Le Rigoleur est un paysan d’une quarantaine d’années, de la Bretagne intérieure, où la terre est prégnante, omniprésente, pesante : « C'est ici qu'il se terre. Non loin des hommes qu'il fréquente à distance, entre chien et loup. ». Bête sauvage, il a son territoire, sa zone protégée, son village, tel un renard, il protège sa tanière. Malheur à celui qui s’y aventure. Pourtant une famille d’urbains vient s’installer dans la ferme voisine. Juliette, cinq ans, vient rencontrer régulièrement Arsène alors que son frère rouquin, Louis, est plus méfiant. Arsène se dévoile avec son vocabulaire, le vocabulaire de la campagne où les mots de la nature, de la faune, de la flore renforcent l’écriture et le thème du roman. Un discours franc, direct, sans artifice. Un parler vrai qui peut être tendre ou violent alors que la peur et la tension s’accroissent au fur et à mesure de la confession d’Arsène. Son attachement viscéral à sa terre, à son seul ami, Yvan, l’entrainent vers une destinée terrible et même s’il semble se questionner, il préfère rester une bête sauvage et aucune culpabilité ne l'émeut lorsque, toujours rusé et aveuglé par sa rancœur, il assouvit sa soif de vengeances. La nature est terrible et violente, mais l’homme n’a-t-il pas la première place dans cette sauvagerie ? Une histoire ténébreuse et dérangeante menée d’une « patte rousse » de maître de Fabienne Juhel.


- Les bois dormants (Le Rouergue)

La narratrice est entourée de ses deux enfants Léa et Matthias et de son mari Michel. Peu à peu, son mari s’inquiète de troubles de comportements et le diagnostic est terrible et irrémédiable : six mois à vivre au mieux, un astrocytome s’est installé dans son cerveau. Elle est perdue. Après un malaise, elle est admise dans un service hospitalier. Son mari l’assiste alors qu’elle est perdue dans un état comateux et continue de se perdre. Les réminiscences du passé lui rappellent son long cheminement, cette errance parmi la forêt et les étoiles (l’astrocytome a également la forme d’une étoile) entourée de sa famille. Une belle écriture pour un texte allégorique sur un sujet difficile traité avec poésie, franchise et réalisme, sans pathos et qui remue le lecteur.


- La verticale de la lune (Zulma)

Dès le premier mot, le lecteur se retrouve face à une petite fille dont il ne connaîtra pas le prénom, sorte d’Alice bretonne, amoureuse des arbres et notamment d’un hêtre confident et meilleur ami. Petite fille rêveuse, imaginative, chaque personnage qu’elle décrit oscille entre réalité et fiction. Elle dépeint son entourage tel qu’elle l’apprécie, le ressent : Marie, une mère souvent absente et partie retrouver son amante du moment dans l’ile des veuves, un père disparu et Teresa une gouvernante mexicaine attentionnée et aux petits soins pour elle. Jusqu’au jour où s’installe chez elle, Samuel, l’Indien terrible bucheron venu menacer son royaume. Un univers magique, mystérieux, étrange et secret qui ne se dévoilera vraiment qu’à la dernière page. Superbe texte (ou conte) à l'écriture parfaitement maitrisée.


Bibliographie

- Les oubliés de la lande (Le Rouergue, 2012)
- Les hommes sirènes (Le Rouergue, 2011)
- Les enquêtes de Léo Tanguy, Damned ! (Coop Breizh, 2010)
- A l'angle du renard (Le Rouergue, 2009)
- Les bois dormants (Le Rouergue, 2007)
- La verticale de la lune (Zulma, 2005)




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