'Parfois les mots sont comme des flèches. Ils vont et viennent, blessent et tuent, comme à la guerre.'   Carla Guelfenbein

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Ulrike Edschmid - La disparition de Philip S.








Ulrike EDSCHMID
La disparition de Philip S.
Piranha

155  pages
17  euros

16-08-2015

 

    Philip S. est issu d’une riche famille suisse qu’il quitte rapidement pour Berlin à la fin de l’été 1967. Il y vivra sa passion du cinéma, notamment au sein de l’Académie du film. L’homme reste discret mais vient à réfléchir à une théorie du cinéma, sans concession : « En tournant le dos à sa riche maison familiale, il avait rejeté sa froideur puritaine et son culte de l’argent. La liberté artistique était alors son seul souci, et il ne croyait pouvoir déchiffrer le monde qu’à travers l’intransigeante passion de sa vision créatrice. ». Il rencontre sa femme (la narratrice) et son fils qui l’accompagneront tout au long de sa trajectoire tragique. Il réalisera une œuvre, l’œuvre totale, son « Voyageur solitaire » qui donne l'explication globale de notre monde à qui veut bien la comprendre. Il demeurera longtemps à la recherche de « la frontière entre l’art et la vie », « … il est celui qui observe et qui montre… » Mais ses choix et sa réflexion l’amènent à s’engager et à fréquenter des milieux radicaux qui ne peuvent se satisfaire de l’observation. Et ce récit décrit parfaitement le basculement de cette trajectoire d’homme. Empreint d’absolu, il se laisse sciemment et irrémédiablement aspirer par l’action directe et sacrifiera « son art à la vie dans la clandestinité. ». Il met en place un double vie dangereuse avec sa femme et son fils entre les deux, tout en connaissant évidemment dès le début l’issu fatale de cette aventure. Son choix est fait, définitif, sans retour en arrière possible. Ulrike Edschmid tout en nous parlant d’art et de cinéma dresse le portrait sensible (et réussi) d’un homme engagé et révolté des années 70 qui ira jusqu’au bout de ses convictions, refusant de tricher et les compromis.

« Tout ce qui arrive dans le monde est lié à notre propre existence, qu’il s’agisse de la guerre au Vietnam, des anciens nazis au gouvernement ou de l’augmentation du prix des tickets de métro. Tout est lié, et chaque nouvelle problématique mène à un questionnement général sur la société dans laquelle nous vivons. Nous voulons tirer de chaque événement un concept nouveau. Et chaque concept représente un changement profond de la société qu’on appelle révolution. »

« Les adieux sont incompréhensibles, comme la mort. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Anna De Fries

 


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