'On peut croire que le temps passe mais c’est nous qui passons, pour ne plus revenir.'   Marie-Sabine Roger

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Maïssa Bey - Nulle autre voix








Maïssa BEY
Nulle autre voix
L'Aube
248  pages
19.9  euros

04-11-2018

 

    « Vient toujours le moment où il faut choisir. Choisir entre l’insupportable et … l’insupportable. On ne voit pas arriver ce moment. » Sa vie s’est en effet terminée le jour où elle a décidé de mettre fin à l’inacceptable. Elle a tué son mari, elle a tué « l’homme ». C’était la seule façon de s’en sortir, de se libérer et pourtant sa vie s’est arrêtée à cet instant, « je suis passée de l’autre côté de ma vie ». Elle a été condamnée, elle a été emprisonnée, elle a purgé sa peine et est sortie de prison, dans le silence. Elle a rejoint son frère, le seul en qui elle continuait d’avoir confiance. Puis une écrivain est venue pour recueillir son témoignage et écrire son histoire. Elle-même a trouvé en prison dans les mots la force de survivre, elle écrivait pour les autres prisonnières. Alors elle accepte. Elle raconte son enfance, le comportement de sa mère, le mariage forcé, les coups… Ses études supérieures n’auront rien empêché… Elle raconte les mensonges, les brimades, le silence, réel enfermement avant la prison, baisser les yeux et se taire, la soumission, « mes semblables et moi étions génétiquement programmées pour l’obéissance, la soumission. », la haine qui s’installe et grandit, l’enfermement et la vie carcérale. « Nulle autre voix » expose sans artifice la condition de la femme en Algérie sans guère d’espoir, un récit très rythmé, des phrases courtes, un ton doux et violent, poétique et âpre, et affleurent toujours une révolte et une violente colère.

« Le visible et le caché. Deux socles sur lesquels repose la société. Ce qui ne se voit pas n’existe pas et ne peut donc être répréhensible. »

« Pour moi, la première violence est de s’arroger le droit de disposer de l’autre. Du corps de l’autre. Au nom d’une supériorité légitimée par la naissance, le sexe, l’argent, la position sociale ou encore par des lois humaines ou divines. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


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