'Les gens croient que la confiance se mérite, mais en réalité croire ce qu’on vous dit, est chez les humains, la configuration par défaut.'   Iain Levison

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Elisabeth Horem




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Elisabeth HOREM
Shrapnels, en marge de Bagdad
Bernard Campiche Editeur
206  pages
8.5  euros

02-02-2007

 

    Suite de tableaux qui représentent un an de la vie d’une femme à Bagdad où elle rejoint un homme déjà sur place. Ecrit à la troisième personne, il ne s’agit pas d’un vrai journal. A son arrivée, elle sait déjà qu’elle aura une vie retirée, quasi récluse. Elle l'accepte et le doit pour elle et pour son entourage. Elle vit enfermée entendant de plus en plus les bruits de la guerre qui demeure omniprésente et pesante. Les sorties sont toujours encadrées, surveillées. La vie continue lentement malgré tout et l’illusion de continuer à vivre est une lutte de tous les instants. De son côté du mur, les instants calmes continuent d’exister mais l’acceptation des événements se déroulant de l’autre côté du mur reste pourtant impossible et à chaque instant cette illusion de vie est remise en cause par l’horreur de la guerre. E. Horem réussit parfaitement à montrer l'opposition des deux mondes si proches et pourtant si éloignés l'un de l'autre. Eux survivent mais les autres ? Elle nous montre aussi simplement presque avec douceur comment la guerre et la violence vous transforment insidieusement jusqu'à vous entraîner à rejoindre le camp de la violence et à vous amener éventuellement à commettre l'irréparable. Un constat sans révolte d’une guerre dont l’issue semble plus qu’incertaine.

« Les gens disparaissent, mais les plantes, elles, pendant ce temps-là, elles continuent à pousser et on aura toujours besoin de quelqu’un pour s’en occuper »

Thème(s) : Littérature française

 


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