'Le passé n'est pas mort ; il n'est même pas passé. Nous le retranchons de nous et faisons mine d'être étrangers.'   Christa Wolf

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 



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Fabienne Swiatly




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Fabienne SWIATLY
Unité de vie
La Fosse aux Ours
107  pages
15  euros

27-06-2011

 


    Unité de vie dépeint le face-à-face singulier entre une vieille femme et sa belle-fille. La première vient de quitter en vingt-quatre heures sa maison afin de rejoindre un établissement médical, ultime lieu d’habitation où « Tout est prévu, pour toujours. La mort n’est même pas un évènement ». La seconde d’origine bosniaque photographie la réalité banale et bancale et a fui, enfant, la guerre après la mort de sa famille. Entre proximité et éloignement, ennui et joie, les rencontres complices ou étrangères éprouvent le temps qui passe quelque soit les évènements intimes de la vie de chacune. L’une oublie, l’autre enregistre, mémorise, classe. Chaque contact physique, visuel, ou oral prend sa part dans leurs rencontres. Les silences ont un sens, hier, aujourd’hui, même et surtout lorsque la mémoire flanche. Fabienne Swiatly économe en mots donne de la profondeur à cette relation forte entre deux femmes si opposées. Quelque soit les sujets souvent pénibles évoqués, Fabienne Swiatly nous propose un style et des romans empreints de douceurs, oscillant entre vie simple, bonheur et tristesse ou mélancolie, une ambiance personnelle que l’on peut après ce troisième roman identifier clairement.

« Puis j’ai compris que voir et savoir ne changeaient rien au cours de l’histoire. »

« Comment devenir une bonne mère si tu ne pouvais raconter l’histoire qui te liait à la tienne ? »

« Forcer l’oubli ne guérit pas des blessures. »

« Croire à l’éternité alors que dans le regard des jeunes, nous sommes déjà des vieux. »


Thème(s) : Littérature française

 


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Fabienne SWIATLY
Une femme allemande
La Fosse aux Ours
122  pages
16  euros

25-07-2008

 


    La narratrice dont on ne connaîtra pas l’identité est allemande, « une femme allemande ». Au lendemain de la guerre, elle erre dans les ruines de sa ville à la recherche de tout et de rien pour tenter de survivre. Elle appartient au camps des vaincus et les soldats vainqueurs qui traversent la ville le savent… Pourtant elle semble heureuse et croit en son avenir (« Elle aspire le monde, elle aspire le bleu du ciel. Elle n’est pas morte et c’est si bon malgré la faim. »). Jusqu’à sa rencontre avec un soldat français plus attentionné que les autres, rencontre suivie de la naissance d’un enfant. Vite mariée, elle espère son départ pour la France comme une libération, une respiration, un envol. Mais vite mariée, vite malheureuse… (« …les enfants venus trop tôt ne font pas les bons ménages »). Elle débarque en Alsace où la langue est proche de l’Allemand mais différente, où la vie ressemble à la vie allemande mais pas totalement, où les relations humaines lui font sentir qu’elle reste et restera « une femme allemande ». Elle en devient différente puis indifférente, usée, sans espoir et sans attente, inerte. Elle ne voit pas ce qui pourrait la surprendre, tout demeure figé, défini, même les naissances de ses enfants et sa mort (« La femme allemande mourra donc en pays étranger »). Profond et bouleversant portrait d’une femme dont le destin définitivement marqué l’Histoire ne pourra s’ouvrir à l’inattendu et rebondir.

« Personne pour lui dire que grandir ne suffit pas pour être à la hauteur de ses désirs »

« Elle ne sait pas que l’oubli est un fragile labeur contre l’effondrement »

Thème(s) : Littérature française

 


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Fabienne SWIATLY
Gagner sa vie
La Fosse aux Ours
92  pages
13  euros

22-11-2006

 


    Dans ce premier roman, Fabienne Swiatly nous convie à suivre l'itinéraire professionnel d'une jeune lorraine, fille d'immigrés. Son père travaille en usine : "Le père se lève tôt le matin, rentre tard le soir, parfois l'inverse", première phrase du livre qui donne le ton : sensibilité et simplicité habitent ce récit. Le parcours scolaire et professionnel de cette jeune femme sont évidemment semés d'embûches. Son origine sociale décide de son orientation scolaire et désabusée, elle subit tristement son parcours professionnel, peut-être avec fatalisme, quelque peu spectatrice de sa vie. Elle multiplie les petits boulots, s'égare dans la com et puis trouve sa voie dans les ateliers d'écriture. Insensiblement, sans aucune affirmation péremptoire, sans joie affichée, le lecteur sent cependant qu'elle a enfin rejoint le camp de la vie même si sa mélancolie et sa solitude restent pesantes. Un premier roman à découvrir toujours chez l'excellente "Fosse aux Ours" !

"Je crevais de désir pour un monde qui semblait s'organiser sans moi. Envie d'y participer, envie d'en être. Envie de faire. Le monde était vaste et ma chambre étroite".

"Fumer et réfléchir à ce qu'il en coûte exactement de gagner sa vie".

Thème(s) : Littérature française

 


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