'Au fond, c’est l’habitude du malheur qui nous le rend incontournable. '   Quentin Mouron

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Jacuta Alikavazovic




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Jacuta ALIKAVAZOVIC
L'avancée de la nuit
L'Olivier
282  pages
19  euros

14-09-2017

 

    Paul, étudiant en architecture, passe ses nuits dans un hôtel. Il observe. Il est gardien de nuit, et scrute dans ses caméras les clients qui traversent l’image. Jusqu’à sa rencontre avec Amélia qui vit dans cet hôtel. Elle n’est pas comme les autres, un halo de mystère l’enveloppe et il perdurera tout au long de leur rencontre, de leur amour : il est intrigué, elle l’attire et le fascine. De milieux bien éloignés, ils vont en effet nouer une relation au cœur de la nuit et de la ville, avec leurs ombres et leurs peurs. Elle a 18 ans quand il la rencontre, d’un milieu aisé, sa mère poétesse qui a disparu. Ils se retrouvent dans le cours d’Anton Albers, elle leur parle de la nuit, de la ville (« La ville de demain, disait Albers, est une ville fantôme. ») et surtout de la peur, la peur qui accompagne cet espace jusqu’à en devenir son poumon malade. Comment vivre ? Comment y vivre ? Faut-il s’aimer ? Faut-il s’y installer ? Lutter ? Amélia préfère disparaître et part à la recherche de sa mère à Sarajevo, ville détruite par la guerre et la peur. Faut-il reconstruire ? Gommer les traces de ces horreurs, est-ce vital ou obscène ? La peur peut-elle disparaître et la guerre s’achever ? Jakuta Alikavazovic et son écriture précise et travaillée nous content une histoire d’amour prisonnière d’un monde où la lumière semble s’éclipser et de deux êtres qui tentent de croire un bref instant que vivre leur passion reste envisageable. Un livre dense, qui remue le lecteur, suscite son interrogation permanente.

« Il y a mille façons de détruire une ville, mille façons de faire la guerre, elles évoluent. Elles progressent, elles aussi ; d’aucuns disent même qu’elles sont la science. Son expression la plus directe. Tandis que les façons de résister, c’est-à-dire de vivre, de vivre dans une ville assiégée, sont toujours les mêmes. En se cachant. En priant. En condamnant les fenêtres. »

« Nous vivons dans un monde qui a entièrement cédé à la brutalité et à l’injustice. Chacun pour soi. Chacun pour soi et ses propres enfants. Son propre petit matériel génétique. Et pendant ce temps, le principe directeur du monde est devenu l’expulsion. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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