'Il voulait dire, je suppose, que plus les gens accaparaient le pouvoir, plus ils méprisaient ce qui leur avait permis d’y accéder.'   Colum McCan

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Jean-Paul Delfino




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Jean-Paul DELFINO
Les pêcheurs d'étoiles
Le Passage
235  pages
18  euros

08-08-2016

 

    Les pêcheurs d’étoiles nous font un cadeau exceptionnel en nous permettant d’accompagner un temps un couple très singulier, deux monstres aujourd’hui, et pourtant à l’époque (années 20 à Paris), bien éloignés de la gloire, plutôt démunis (« Tout de noir vêtu, Satie avait des coquetteries d’homme du monde, mais des moyens de crève-la-faim. ») et mal fagotés ! Blaise Cendrars, colosse avec un bras en moins, est beaucoup plus jeune qu’Erik Satie et néanmoins les deux vont se lier d’une belle amitié construite autour du respect et de la tendresse, pas vrai « ma vieille » ? Les deux oiseaux partent à la rencontre des nuits parisiennes de la Belle Epoque pêcher leurs étoiles, et notamment recherchent une femme qu’Erik Satie a aimée il y a plus de trente ans et n’a jamais remplacée. Ils croisent le milieu artistique et intellectuel de ces années pas toujours tendre et notamment Jean Cocteau, « ce farfadet » qui ne sort pas grandi de ce texte. Cendrars est un poète touché d’une folie aimable qui raconte ses voyages, ses rêves, mais rêveur ou menteur, les rêves ne sont-ils pas des voyages ? Satie le suit sans retenue sur les chemins empruntés et parfois extravagants. Une paire d’acolytes attachante, pleine de fraîcheur et d’humanité. Une belle histoire d’amitié entre un pêcheur d’étoiles et un musicien de l’inutile, deux génies non reconnus à leur juste valeur, deux amoureux de la vie et de l’art, « on avait qu’une seule vie, et il fallait en profiter, brûler la chandelle par les deux bouts et s’offrir du plaisir, autant qu’on le pouvait, à chaque fois qu’il passait à votre portée. » Une très belle et inattendue rencontre !

« … ce n’est pas parce que l’on fréquente des cons que l’on est un con soi-même. On peut le devenir. Méfiez-vous. C’est un travers qui s’attrape sans que l’on ne s’en rende compte… »

« C’est comme les guerres. On veut bien que les mômes les fassent et, même, on est fier de les accompagner dans les trains de la mort en chantant La Marseillaise. Mais quand la vieille crevure vomit les gamins qu’elle a pas pu digérer, il se trouve plus grand monde pour les accueillir à la maison. Quand il leur manque en plus un œil ou une jambe, on préfère pas les voir. »

« Je crois que lorsqu’on meurt, on ne part pas tout de suite. On reste encore un peu, peut-être par nostalgie, peut-être pour régler ses dernières affaires ou pour s’excuser de la peine qu’on a pu faire aux gens. On a quitté son corps, c’est certain. Mais on volette toujours comme un moineau. »

« Le parfum le plus terrible, celui que rien ne pouvait masquer et qui s’accrochait à vous comme du lierre grimpant ou de la clématite à un mur, lui non plus n’avait pas disparu. C’était celui de la solitude et du désespoir. Celui qui vous rappelle que, quoi qu’il arrive, on se retrouve seul. Toujours. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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