'On ne se prépare pas à une tragédie, elle vous tombe dessus.'   Anna Enquist

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 



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Jean-Philippe Blondel




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Jean-Philippe BLONDEL
06h41
Buchet-Chastel
235  pages
15  euros

01-03-2013

 


    6h41, hasard de la vie, ils prennent le même train, le 6h41, un lundi matin, départ Troyes, arrivée Paris. Cécile vient de rendre visite à ses parents et part rejoindre sa fille et son mari. Philippe divorcé s’installe dans le même compartiment. Un regard, chacun reconnaît l’autre, tout en pensant que l’autre ne l’a pas reconnu. Presque trente ans qu’ils ne se sont pas vus. Jeunes, ils ont été ensemble quelque temps, il était charmeur, elle effacée. Partis à Londres en amoureux, leur retour fut solitaire et aussi brutale que leur rupture fût définitive et violente. Depuis ils ont vieilli, mutation physique et psychique. Que sont-ils devenus ? Cette expérience commune a-t-elle influé leur existence future ? Comment ont-ils évolué ? Ont-ils oublié ou le passé se conjugue-t-il encore au présent ? Le pardon est-il possible ? Les chapitres donnent la parole alternativement à l’une et à l’autre et nous font partager leurs souvenirs, réflexions et interrogations. Une heure trente de voyage et le rythme du récit est aussi rapide. Un joli texte de J-P Blondel, toujours aussi sensible et lucide, artiste de la description, introspections et bilan qui nous interrogent sur ce que nous sommes devenus, ce que la vie et les évènements ont fait de nous, sur l’idée que nous nous faisons de nous et des autres, un miroir parfois amer et toujours sans complaisance.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Jean-Philippe BLONDEL
Brise glace
Actes Sud
110  pages
10  euros

19-09-2011

 


    Depuis qu'Aurélien est arrivé dans son nouveau lycée, il demeure isolé. Ni railleries, ni méchancetés, simplement il est à l’écart. Il évite le contact, le dialogue, réagit quand on l’interpelle, très souvent à propos, mais rien de plus. Le lecteur ressent immédiatement une fêlure, une faille, un malaise : « Après tout, je peux bien faire une entorse à mon anormalité ». Aurélien préfère passer inaperçu, « Je n’avais qu’un but dans la vie : ressemble au papier neutre d’une pièce anonyme… » mais peut-être : « On ne peut pas passer sa vie à se fondre ». Quel(s) évènement(s), quelle(s) rencontre(s) pourront lui permettre de revenir à une vie plus souriante, plus entourée ? Qui le sortira de son hibernation ? Qui brisera la glace ? Un ami ? Les mots ? Jean-Philippe Blondel offre un nouveau texte débordant d’émotions sur la vie, la mort, l’amitié, les mots et la poésie, l’attention à l’autre, l’adolescence.

Thème(s) : Jeunesse Littérature française

 


- 2 -



Jean-Philippe BLONDEL
Et rester vivant
Buchet-Chastel
248  pages
14.5  euros

17-08-2011

 


    Jean-Philippe subit la compassion de tous à chaque rencontre, chacun connait son drame. Un accident de la route, son père macho fou au volant, son frère et sa mère succombent subitement. Quatre ans après, son père suit le même chemin. Que faire à vingt-deux ans quand il n’est plus possible de se rassurer en disant : « On a toute la vie devant nous » et qu’aucun projet laissé en suspens ne pourra être réalisé, et de n'être « plus soumis aux regards de ceux qui m’ont vu grandir ». Il hérite et préfère tout vendre pour tout dilapider, se relever, renaître. Laure et Samuel, les deux fidèles qui ne posent pas de question, l'accompagnent aux Etats-Unis en direction de Morro Bay en hommage à une chanson de Lloyd Cole. Longue mue douloureuse vers une autre vie, vers la lumière au gré des rencontres. Sorte de road-movie, pause en mouvement avant de repartir, pour lever la brume, bancal, écorché pour tenter de reconstruire une vie. Il vit ce voyage tout en étant absent, détaché. En équilibre au dessus du vide. Evidemment l’appel du gouffre sera puissant, mais il saura résister, stopper le plongeon, détourner la tête, l’esprit car heureusement, « Putain, comme j’ai voulu vivre. ». Un texte émouvant, mélancolique, rythmé par un humour désespéré qui dépeint avec justesse et franchise le retour à la vie, vers une sérénité salvatrice. Un vibrant hommage, le dernier l'espère l’auteur.

« Nous sommes tous perdus. Mais nous nous retrouvons de temps en temps. »

« Avoir vingt-deux ans, c’est une malédiction temporaire. »

« J’ai vingt-deux ans et je suis le dépositaire de leurs histoires inachevées. J’ai vingt-deux ans et je suis un reliquat de récit. Une survivance. »


Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Jean-Philippe BLONDEL
This is not a love song
Robert Laffont
212  pages
18  euros

24-09-2007

 


    Jeune, Vincent a une vie hors norme partagée avec son ami et colocataire Etienne jusqu’au jour où il rencontre Susan (« Il m’a fallu Susan pour m’arracher à Etienne et à la lose »). Il la suit en Angleterre, se marie avec cette fille de la bourgeoisie britannique, fonde une famille et réussira professionnellement. Egoïsme, arrogance, désir de réussite occupent son existence. Il oublie son passé, le rejette et l’exècre. Le mépris pour sa famille, ses parents, son frère, la France perle à chaque phrase. Mais sa femme décide de partir avec leurs enfants une semaine chez ses parents et lui propose de retourner en France revoir les siens. Vincent qui souhaitait oublier son passé et sa jeunesse se retrouve confronté à tous ses démons. Il renoue avec « …des parents transparents, une belle-sœur hostile, un frère saint, cocu et stérile… » qui vont pourtant réussir en sept jours à faire vaciller ses certitudes même si les familles préfèrent souvent le silence et occultent les conflits qui couvent. Il apprend par sa belle-sœur que son ancien ami Etienne devenu SDF est mort seul le long d’une voie de chemin de fer. Après le départ de Vincent, son frère et sa belle-sœur l’ont hébergé et se sentent encore responsables et coupables de cette disparition. Sa belle-sœur lui assènera la réalité sans fioriture et dans leurs rencontres, chacun cherchera un moyen de survie face à cette responsabilité. Une écriture directe, ciselée et rythmée, un ton amer et dur. Un livre parfois dérangeant et âpre sur notre passé et nos origines, nos espoirs, notre famille, nos responsabilités et culpabilités.

« Est-ce qu’on reste responsable des gens avec lesquels on a vécu, une fois que notre histoire commune s’est terminée ? Est-ce qu’on se doit d’accompagner ceux qui nous ont accompagnés, doucement, jusqu’à la porte de sortie de notre existence pour que leurs fantômes ne viennent plus jamais s’interposer ? »

Thème(s) : Littérature française

 


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