'Nul n’échappe au pouvoir de la détestation. Il y a toujours quelqu’un pour détester quelqu’un.'   Lyonel Trouillot

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Jeanne Benameur




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Jeanne BENAMEUR
Otages intimes
Actes Sud
195  pages
18.8  euros

06-07-2015

 

    Etienne est photographe de guerre, un homme parmi d'autres. C'est lui et c'est nous. Et Jeanne Benameur a le don de placer dès les trois premières lignes le lecteur aux côtés d'Etienne. Immédiatement, les liens se tissent avec Etienne qui a toujours été au plus près du feu, du danger et cette fois, il s'est retrouvé prisonnier. Otage. Longtemps. Alors lorsqu'il est libéré, le gouffre de la vie l'étourdit et il part naturellement retrouver les lieux de son enfance, petit village sauvage perdu au milieu d'une campagne boisée, « Ouvrir les paupières. Retrouver le jour. Comme tout le monde ». Renouer avec l'image du passé dont il se souvient, sa mère et les deux petits égarés qu'elle avait accueillis, Enzo le taiseux, Jofranka la petite devenue avocate au tribunal de La Haye. Il estime alors que sa reconstruction passe par son enfance, mais ne risque-t-il pas de découvrir que l'on demeure aussi otage de notre enfance ? Jeanne Benameur réussit parfaitement à toucher tout autant l'intime que l'universel. Elle expose Etienne et en même temps elle nous incite à la réflexion, à l'interrogation et à l'introspection. Comme dans tout bon film, les personnages secondaires prennent une place importante et contribuent à renforcer la densité évidente au texte. Elle nous parle de prison, de captivité, de confinement, de peur, de silence et évidemment de liberté. Nous avons tous une partie de nous prise en otage, laquelle ? Qui est l'oppresseur ? Pourquoi et comment l'acceptons-nous ? Elle décrypte tranquillement la complexité de l'Homme, et sans aucune description, fait ressentir l'extrême violence de la guerre, de l'enfermement. Et pour cela elle joue avec les mots, la ponctuation, délivre les flots tendus de pensée d'Etienne, maîtrise le rythme et emmène le lecteur sur le chemin de l'espérance.

« Parce qu'elle est bien là, la différence entre corps et chair. Les corps peuvent bien retourner à la liberté. La chair, elle, qui la délivre ? Il n'y a que la parole pour ça. »

« Oh Etienne non l'enfance et le monde ne se rejoignent pas. Et personne n'y peut rien. On peut juste faire en sorte que vivre soit encore possible. Malgré tout. Avec les mots. C'est pauvre, les mots. Mais c'est tout ce qu'on a. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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Jeanne BENAMEUR
Profanes
Actes Sud
277  pages
20  euros

06-02-2013

 

    A quatre-vingt-dix ans, Octave Lassalle, ancien chirurgien, ne répare plus les cœurs depuis longtemps. Il vit seul dans sa maison avec toujours le désir de vivre (« C’est l’arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d’élan, plus de vie. Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement. »). Sa vie a continué après la mort de sa fille même si ses circonstances l’interrogent encore, la vieillesse l’a rattrapé, les questions aussi. Pour préparer ses dernières années, Octave réunit quatre personnes, trois femmes et un homme, il partage son temps, se frotte à d’autres vies, d’autres avis, quatre destins accompagnés de blessures bien évidemment, mais une foi partagée en l’homme et en la vie intacte, loin de toute religion. Ces cinq voix humbles, qui continuent de tenter de vivre, de douter et de se questionner, toujours respectueuses de l’Autre entretiennent et attisent le vif de la Vie, elles se mêlent, s’écoutent, s’éloignent, se rejoignent, se répondent. Un livre apaisant, lumineux et superbement humain.

« Il est ce profane. Ils sont ces profanes. Au cœur de chacune de leurs vie, le temple. Vif. Le seul sacré qu’il connaisse. Cette vie qui vibre et échappe à chaque pas. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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Jeanne BENAMEUR
Laver les ombres
Actes Sud
159  pages
15  euros

13-07-2008

 

    Lea est une danseuse. Perfectionniste à l’extrême, maîtrise constante et totale de ses déplacements, sentiments… même l’immobilité est un mouvement réfléchi chez elle (« Elle ne sait offrir au regard que le corps conscient »). Lea et son métier ne font qu’un et peut-être est-ce pour cela qu’elle ne peut s’abandonner, se confier aveuglement, et même aimer. Cette obsession entrave sa liberté, elle n’est libre qu’en spectacle. Ou alors, les raisons sont plus profondes, plus intimes et elle porte en elle à son insu les stigmates d’une histoire familiale. Alors qu’elle conçoit un nouveau spectacle, l’intuition salvatrice lui vient d’y incorporer sa mère qui vit en Bretagne. Une mère à l’histoire tragique : italienne, elle quitta ses parents pour se marier avec le « bel ami français » qui la vendit dans une grande maison. Ils s’exilèrent à la fin de la guerre en France et donnèrent naissance à Lea. Lea part à la rencontre de sa mère et de ses confidences à propos de son ou plutôt de leurs passés. Jour de tempête où, par tableaux alternant entre présent et passé, les propos maternels l’éclaireront puissamment et efficacement sur son passé, sur son père et sa mère elle-même mais surtout la relanceront comme un ressort vers une vie plus accomplie.. Entre mélancolie et tristesse, sans jamais tomber dans le désespoir, Jeanne Benameur vous emportera à pas chassés, retenus et maîtrisés, telle son héroïne, dans cette histoire où le poids familial ne pourra être dépassé que par la vérité.

Thème(s) : Littérature française

 


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