'Les bonnes relations de familles sont proportionnelles au carré de la distance.'   Andrée Chédid

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 



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Lyonel Trouillot




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Lyonel TROUILLOT
La belle amour humaine
Actes Sud
174  pages
17  euros

16-08-2011

 


    Anaïse et Thomas se partagent la narration de ce voyage qu’Anaïse qui vit en Europe effectue à Haïti. Elle vient sur les traces de son père mort quand elle était petite et Thomas jeune autochtone sera son guide particulièrement disert. Elle et sa mère ne connaissent que le nom d’un village et elle a décidé de s’y rendre. Son grand-père aidé de son complice « le Colonel » se sont comportés ici en despotes, en tyrans, elle ne saura rien des vraies raisons de leur mort, la solidarité et le silence l'emporteront. Sa remontée vers le passé justifie une série de portraits de personnages haut en couleur, des hommes et des femmes vivant de peu mais avec une lumière, une intensité peu communes. Anaïse cherche à comprendre, à savoir mais Thomas la prévient : « … c’est qu’ils souhaitent que tu comprennes que peu de choses méritent qu’on en saisisse les origines, les pourquoi et les conséquences. Qu’il est des faits sans importance qui ne valent pas de bavardage, et d’autres dont les causes sont d’une telle profondeur qu’elles échappent à toute analyse et qu’il convient pour être heureux de les laisser à leur mystère. », la vraie question n’est-elle pas plutôt « Ai-je fait un bel usage de ma présence au monde ? ». Pourtant Anaïse poursuivra son chemin sur les traces de son passé préférant peut-être d’abord se trouver, atteindre une forme de sérénité, puis donner un sens à sa vie. Un flamboyant conte philosophique coloré et odorant qui explore avec une écriture belle et riche le hasard des destinées et le rapport à l’autre.

« La mort demeure pour le vivant la plus banale des occurrences, la seule qui soit inévitable. La mort ne nous appartient pas, puisqu’elle nous précède. Mais la vie… »


Thème(s) : Littérature étrangère

 


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Lyonel TROUILLOT
Yanvalou pour Charlie
Actes Sud
175  pages
18  euros

16-07-2009

 


    Mathurin D. Saint-Fort est un jeune et brillant avocat installé à Port-au-Prince. Mathurin D. Saint-Fort a décidé d’oublier son passé et ses origines, l’initiale de son prénom le trahit pourtant pour certains. Il vient de la campagne haïtienne, a fait le grand voyage vers la grande ville et ne souhaite plus se retourner confirmant ainsi le morcellement de la société haïtienne. Il croit avoir réussi son intégration dans un monde bourgeois, aveugle face à la réalité. Jusqu’au jour où Charlie, jeune ado en cavale, fait irruption sur son lieu de travail et s’accroche à lui telle une sangsue. Charlie l’emporte, l’entraîne vers son passé mais aussi vers des milieux qu’il feignait d’ignorer. Quelques souvenirs bien enterrés resurgissent… Un monde violent, sans pitié, souvent désespéré où cependant des niches d’amour et d’amitié subsistent. Lyonel Trouillot toujours aussi efficace pour nous décrire le peuple d’Haïti fait appel à quatre personnages, quatre voies, quatre trajectoires dans le Haïti contemporain où la pauvreté biaise les destins de chacun et les entraîne souvent involontairement sur des voix pas toujours choisis alors que la classe dominante continue elle de s’enrichir sans état d’âme particulier.

Sélection Prix Page des Libraires 2009

Thème(s) : Littérature française

 


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Lyonel TROUILLOT
L’amour avant que j’oublie
Actes Sud
192  pages
17  euros

30-08-2007

 


    Un vieil écrivain reconnu rencontre lors d’une conférence une jeune femme de vingt ans qu’il n’ose aborder. Il l’admire et l’observe mais trop vieux, il a perdu la langue d’amour, aussi il va lui parler (par écrit) d’autre chose, de sa famille de cœur. Comme un testament à toutes les femmes à toutes les femmes qu’il n’a pas aimées (« Et puis, parce que j’atteins la limite d’âge qui ne laisse plus à l’homme le loisir d’oublier ce qui lui tient à cœur. J’ai peu de temps. A peine ce qu’il faut pour tenter de s’accrocher à quelque chose ou à quelqu’un avant de s’en aller. Juste ce qu’il faut pour se souvenir, chasser la mauvaise part, et espérer à toute vitesse »). Il lui contera sa jeunesse entourée de trois figures, l’Historien, l’Etranger et Raoul. Ils vivaient tous les quatre à Port-au-Prince dans une pension (« La pension était notre monde et l’on n’y rentrait pas avec un patronyme ») et se rencontraient constamment pour de longues palabres sous l’arbre d’une cour. L’Ecrivain traquait la nuit les femmes absentes de sa vie dans ses poésies mais sa vraie vie était sous l’arbre avec ces rencontres. L’Etranger bien que maniaque les faisait rêver, toujours en attente d’un départ repoussé faute d’un passeport en règle, les comptes-rendus de ses voyages (« Chaque phrase était un long voyage… ») et de ses rencontres féminines éclairaient le quotidien de ses trois amis. L’Historien vivait dans un milieu bourgeois, notable installé, il profitait d’une belle carrière, de sa femme et de sa fille jusqu'au jour où il abandonna tout. Personne n’en connaît les raisons. Raoul maintenant en retraite installait des conduites d’eau et continue de rendre hommage à ces travailleurs de force au-delà de leur mort. Mais quel lien unit donc ces hommes ? Malgré ses longues et interminables discussions, chaque personnage ("les Ainés", l’écrivain est le plus jeune) a son secret, chaque vie est un roman et l’écrivain ne les découvrira que plus tard à l’approche de leur mort et les révèlera par son écriture. Des personnages d’une admirable humanité, des histoires attachantes, une langue superbe et une poésie marquée font de ce roman une grande réussite.

« Oui, même écrire peut devenir un acte dangereux. Qui peut dire à l’avance quel côté de la rue habite le cœur de l’autre ? »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture