'Bien sûr, il faut chercher à comprendre. Mais sans jamais perdre de vue qu'on ne peut rien comprendre. Ou qu'il n'y a rien à comprendre.'   Charles Juliet

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Marie Sizun




- 10 -



Marie SIZUN
Vous n'avez pas vu Violette ?
Arléa
170  pages
19  euros

25-06-2017

 

    Marie Sizun nous revient avec son premier recueil de nouvelles, vingt textes, pour certains très courts, et en son centre, les femmes, fragiles, en quête de délicatesse et de liberté. Des points de vue féminins de vies de couple déséquilibrées observées parfois par des enfants en détresse. Néanmoins, ces femmes traverseront l’instant où il faudra décider, choisir délibérément et consciemment, accepter enfin l’exigence d’être soi-même, espérer être soi avec l’autre, sans altération. Marie Sizun laisse filtrer heureusement quelques brefs instants fragiles de bonheur, mais si rares, il faut en effet dire que, au cœur de ces vingt nouvelles, les hommes ne semblent guère à la hauteur et en mesure de maîtriser ce mystère qu’est l’amour, ils sont souvent pressés, arrogants voire violents et mufles. Alors tel le personnage du tableau de Hopper présent sur le bandeau du livre, les femmes seraient-elles condamnées à trouver le bonheur, seules, isolées, et dans son cas, par la littérature…

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Thème(s) : Littérature française

 


- 9 -



Marie SIZUN
La gouvernante suédoise
Arléa
308  pages
20  euros

30-07-2016

 

    Une petite fille accompagne régulièrement sa mère au cimetière de Meudon. Elles y retrouvent la tombe familiale des Sézeneau, un patronyme bien français aux côtés de prénoms suédois. Une ombre plane autour de cette tombe, des questions demeurent sans réponse, un trouble. La petite entend des mots, attrape des bouts de phrase qui prendront sens plus tard. Puis sa mère donne sa version du secret, et à sa mort, la fille récupère nombre de photos de la famille, Hulda la mère de tante Alice, Léonard le mari d’Hulda, un couple singulier de la fin du XIX ème. Bizarrement, sa mère lui avait parlé de leur gouvernante Livia, mais elle ne retrouve aucune photographie contrairement au journal intime d’Hulda où elle parle de Livia, livre ses sentiments, ses doutes, mais toujours sa retenue et ses peurs l’empêchent d’être libre, une fois de plus : « Hulda se remet à tenir son journal – pauvre petit journal, puéril, naïf, plein de redites –,… elle s’y attache comme au seul confident possible. Encore qu’elle n’ose pas toujours aller au fond de sa pensée, avouer ses véritables inquiétudes, laisser échapper, comme elle l’écrit joliment, ``ce qui ne devrait jamais franchir ses lèvres’’ ». Tout cela méritait bien une enquête qui ira de Stockholm dans le luxe et la réussite à Meudon (« Que les journées sont longues à Meudon… ») où la famille vivra des moments plus difficiles et pas uniquement financièrement. Sur les traces de sa famille, Marie Sizun nous offre un vrai roman (à suspense) entre légèreté et drame, s’appuyant essentiellement sur deux personnages féminins denses, attachants, romantiques, deux amoureuses éperdues entravées par leur attachement définitif à l’homme qu’elles ont choisi et qui les a choisies mais aussi sur ces non-dits et secrets qui minent les familles et font le miel des romanciers ! Un excellent cru franco-suédois !

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Thème(s) : Littérature française

 


- 8 -



Marie SIZUN
La Maison-Guerre
Arléa
270  pages
20  euros

02-02-2015

 

    La guerre dure déjà depuis plusieurs années, et le moment est arrivé pour Véra de mettre à l’abri sa petite fille. Elle confie Marie, pas loin de cinq ans, à une maison, la Maison-Guerre, une vieille maison quelque peu bancale, habitée par de vieilles personnes. Les explications de Véra sont succinctes, elle s’en retourne et promet de revenir bientôt. Quelques rares visites expéditives, elles ne dormiront qu’une seule fois ensemble, puis la disparition, sans raison pour Marie. Reste donc l’attente. Cette attente lui pèse malgré les instants de bonheur qu’elle peut vivre, en solitaire, dans cette maison. Marie écoute, observe, et surtout attend et attend encore, en espérant le retour de sa mère adorée. Elle aimerait se retrouver à ses côtés dans leur petit appartement parisien. Elle cherche à comprendre à partir des bribes de conversation qu’elle vole ici ou là… la guerre… les Allemands… Marc prisonnier en Allemagne… La petite imagine, décrypte, seule dans cette maison qu’elle n’oubliera jamais. La terrible vérité qui provoquera un choc définitif sera longue à percer et la maison y sera à jamais associée. Adulte, quand la mélancolie ou la tristesse l’étreindra, elle se retrouvera (en pensée) dans cette maison, et reconnaîtra absolument tout, la mémoire et le souvenir comme remède ou refuge salvateur la protègeront alors. Marie Sizun revient sur cette période douloureuse tout en mettant la guerre au second plan et se préoccupe toujours avec autant de sensibilité et de justesse de l’enfance, de la solitude, des sentiments, des non-dits et secrets, des douleurs et de la magie de la mémoire, ce « jeu délicieux et cruel ».

« Le bonheur de la maison-guerre, je n’aurais pas su l’expliquer. Mais il était là, en moi. Inoubliable. »

« … ce regard de l’enfance, ce fabuleux pouvoir d’aimer, d’admirer, et surtout d’espérer, qu’on garde un temps et qui, un jour, vous quitte. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 7 -



Marie SIZUN
Un jour par la forêt
Arléa
216  pages
20  euros

02-09-2013

 

    Un jour presque comme un autre, Sabine, la petite élève de 5ème décide de dire non : elle n’ira pas à l’école aujourd’hui. Elle préfère partir à la découverte de Paris et ce parcours par une rencontre inattendue et chanceuse lèvera beaucoup d’incompréhensions. Pourquoi cette fuite ? Sabine a senti rapidement qu’elle n’était pas à sa place dans cette classe. Pas d’atomes crochus avec les profs qui arrivent à lui faire craindre la culture et peu de soutien, solitaire dans une classe qui l’ignore. Et chez elle, elle ressent de la honte et de la pitié face à sa mère (« La mère de Sabine n’est vraiment pas une femme comme il faut. Sa mère, c’est une femme comme il ne faudrait pas. »). Alors que sa prof déclame sur un ton distingué un poème de Victor Hugo, elle rit et aussitôt sa prof décide de convoquer sa mère. C’en est trop, « C’est venu tout d’un coup, cette révolte, ce refus de continuer, peut-être parce que, cette fois, quelque chose s’est passé, quelque chose de très fort, mais qu’elle ne comprend pas encore tout à fait. Quelque chose qui touche au plus profond d’elle-même… quelque chose comme un dégoût, informulé, du monde où elles vivent, de l’injustice qu’elle sent qui leur est faite, à sa mère, et à d’autres. ». Et cette escapade se révèlera salvatrice, grâce à la Rencontre de deux jeunes anglais qui sauront l’écouter, la valoriser mais aussi lui faire sentir ce qu’est la culture et sa primauté et surtout qu’elle est ouverte et accessible à tous, que la vie et la poésie ne font qu’un. Compréhension mutuelle. Moment fugace de bonheur, « Tout, aujourd’hui, est comme un poème ». Sabine sortira grandie de cette rencontre et reviendra avec d’autres envies et résolutions. On retrouve avec grand plaisir l’écriture de Marie Sizun dans ce portrait attachant d’une petite fille solitaire qui apprendra que « culture » n’est pas un gros mot. Marie Sizun démontre aussi toute l’importance des rencontres, de croiser les bonnes personnes qui sauront faire grandir et évoluer. Un texte résolument optimiste malgré le regard critique qu’il porte sur un enseignement uniforme, aveugle et solitaire se gardant de prendre en compte les individualités de chaque élève.

« De nouveau, la magie du mot. Et si c’était ça, la poésie ? Ce trouble pour un mot. Ce bonheur à le retrouver. A le savourer. »

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Thème(s) : Littérature française

 


- 6 -



Marie SIZUN
Un léger déplacement
Arléa
290  pages
20  euros

01-02-2012

 

    Ellen vit aux Etats-Unis depuis 35 ans. Elle dirige une librairie française à New-York avec son mari. Elle n’est revenue qu'une fois en France durant ces 35 ans pour l'enterrement de son père dont elle s'était éloignée. Pour régler l’héritage d’un appartement familial, Ellen revient vers un Paris à la fois différent et proche du Paris qu’elle a connu, Ellen redevient Hélène. Elle a vieilli, Paris aussi, mais le passé a laissé ses traces indélébiles. Déplacement du corps, déplacement dans le temps, doux glissement vers les faits d’une mémoire qui se réveille lentement. Ces balades dans la capitale convoquent des souvenirs bien enfouis, légers déplacements dans un passé douloureux (« Elle voudrait marcher encore, marcher et se souvenir. Se souvenir encore un peu. »). Une douce fatigue l’étreint peu à peu, chaque souvenir l’épuise, elle le ressent et pourtant elle se laisse aspirer par ce désir de souvenirs, désir de retrouver son passé et ses fantômes alors qu’elle ne voudrait se soucier que « des choses douces ». La frontière entre présent et passé s’estompe, Hélène oscille lentement entre les deux mondes en revenant sur ces années occultées depuis si longtemps. Marie Sizun et son écriture nous offrent encore un superbe portrait, toujours aussi émouvant, tendre et mélancolique par petites touches ou plutôt par de sensibles et légers déplacements…

« Comprendre ce qui s’est passé autrefois, elle sait qu’elle ne le pourra sans doute pas. Mais revenir à peine en arrière, se raconter encore un chapitre de l’histoire, oui. »

« Il n’y a pas de chagrin, mais une histoire. Serait-ce cela, le secret de la vie ? »

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Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



Marie SIZUN
Plage
Arléa
262  pages
19  euros

11-07-2010

 

    Plage est le roman de l’attente, attente d’Anne venue un 26 juillet sur une petite plage bretonne attendre son amant, homme marié qui lui a promis de la rejoindre afin de partager enfin huit jours (huit chapitres), loin de toutes les préoccupations journalières qui les éloignent l’un de l’autre. Anne bibliothécaire quelque peu effacée annonce l’arrivée de son « mari » pour la fin de la semaine. L’attente et l’impatience la tenaillent dès son arrivée : attente de la venue de l'amant, attente des appels téléphoniques : « Quelle banalité, cette histoire ! Comment ne t’en aperçois-tu pas ? On dirait qu’il y a deux personnages en toi : celui que j’aime, et un espèce de vieil enfant un peu idiot. Un idiot qui me fait peur. » Elle tue le temps sur la plage, théâtre de la vie. Elle observe et chaque rencontre, chaque vision, est prétexte à rappeler des souvenirs personnels ou familiaux, proches ou lointains, parfois mélancoliques, notamment les moments de bonheur avec son père qui l’adorait au grand dam de sa mère. Les portraits sont justes, tendres, caustiques, touchants. Dès le mardi, la conversation téléphonique avec son amant sème le trouble et instille une angoisse persistante dans son attente. Marie Sizun avec son style tout en retenue, délicat et fin, trouve le ton juste pour montrer qu’au fur et à mesure de cette longue attente, l’angoisse, la peur, la tristesse et la solitude submergent Anne, « Le pire est toujours certain ». Dans cet environnement maritime pouvant osciller entre douceur et violence, Anne est venue mettre un terme à une histoire (« Pourquoi ai-je eu alors, avec un brusque serrement de cœur, le sentiment que nous vivions la fin de quelque chose et que je me rappellerais toujours avec tristesse ce moment là ? Ce moment où tout était encore possible ») pour repartir, différente, vers le monde des vivants.

Article paru dans la revue "Page des Libraires"


Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Marie SIZUN
Eclats d’enfance
Arléa
201  pages
16  euros

24-08-2009

 

    Les souvenirs d’enfance ne rejaillissent pas selon une chronologie parfaite et Marie Sizun a donc mis en concordance son récit avec cette réalité. De retour, dans son quartier du nord de Paris, son vagabondage de rues en rues, d’immeubles en immeubles, de commerces en commerces, laisse remonter de sa mémoire ces pépites d’enfance qui l’ont marquées. Le Paris des années 50, grand village, accueille l’enfant, sa mère, le petit frère et temporairement le père. L’enfant renaît au fil des pages et au gré de l’errance de la narratrice. Eclats d’enfance, éclats de bonheur, éclats de douleur, éclats de lumière de cette petite fille en recherche constante de liberté, d’attention et d’amour. Très tôt, elle ressentira sa différence et celle de sa mère sans vraiment pouvoir la caractériser. Une mère isolée aux yeux tristes et souvent absents, un père absent parti à la guerre qui les quitte rapidement à son retour, une enfance où le silence et l’effacement prennent une grande place mais qui n’empêcheront pas l’explosion de ces éclats d’enfance qui construisent l’Homme dans la souffrance et l’amour. Nous retrouvons encore avec grand plaisir l’écriture de Marie Sizun et ce récit qui complète les quelques indices laissés dans ses deux premiers romans (toujours coups de cœur de Vaux Livres).

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Marie SIZUN
La femme de l'Allemand
Arléa
243  pages
17  euros

22-12-2008

 

    La narratrice présente Marion et sa mère Fanny. Elle propose au lecteur d’accompagner le début de la vie de Marion. Fanny reste et restera inexorablement la femme de l’Allemand et Marion ne connaît pas son père. Fanny bannie par ses parents et son entourage sombre peu à peu dans la maladie, maladie qui débute dès le départ de « l’Allemand ». L’enfance de Marion sera abrégée d’autant plus rapidement que leur isolement s’accroîtra : « Ce qu’elle aime Fanny, c’est simple : elle aime ses dessins, ses livres, le cinéma et toi. Et puis quelqu’un d’autre. Quelqu’un dont elle parle quelques fois d’un ton bizarre. Un homme qui n’existe pas. Un homme qui n’existe plus : ton père ». Dès son plus jeune âge, elle observe sa mère et sa différence en induisant une angoisse qui ne la quittera pas. Progressivement, elle la prend en charge, une vie à deux aux rôles inversés où chacune comprend l’autre sans paroles, où l’attention portée à l’autre est constante. Pourtant son dévouement sans retenue ne réussit pas à supprimer tout sentiment de culpabilité. Marie Sizun excelle pour tenir en haleine le lecteur, son écriture et la forme narrative adoptée (la narratrice tutoie Marion et semble savoir ce que pense la petite) accroissent la formidable émotion ressentie.

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Marie SIZUN
Le père de la petite
Arléa
153  pages
15  euros

11-11-2008

 

    Paris, 1944. La petite France est une enfant de la guerre mais ce prénom hommage à la patrie s’efface dans les paroles de la mère et de la narratrice : « Elle s’appelle France, la petite, France comme la France. Mais on n’y pense plus. Personne ne lui donne jamais ce prénom, pourtant choisi, guerre oblige. On dit d’elle simplement –la petite- ça suffit. ». Le père est absent, mobilisé, parti à la guerre pendant que la mère et la petite ne sont devenues qu’une ; malgré les difficultés du moment, leur complicité parfaite irradie leur quotidien de bonheur. La petite profite d’une liberté totale. Pourtant l’ombre de l’absent s’impose. La petite la ressent comme une inquiétude, une menace : « La petite n’imagine pas comment un homme comme le charcutier ou le crémier pourrait s’immiscer là, dans cette cuisine-là, dans cette vie qui est la leur, la vie de la mère et de la petite, cette vie-là ». Dans les souvenirs de la petite, ce trouble est soutenu par l’impression de mensonge qui obscurcit ses liens exclusifs avec sa mère. Et puis, un jour, « Voilà. Il était là. Elle avait un père ». Un père qui ne pourra trouver sa place dans ce couple. Chaque membre de la famille va progressivement s’en détacher : « Si la petite a maintenant un père, en revanche, on dirait qu’elle n’a plus de mère ». La petite passe d’un excès à l’autre, de la mère au père, mais dans le non-dit et les regrets n’en seront que plus forts alors qu’en retrouvant son prénom, elle quittera l’enfance. Mais qu’est-ce vraiment que l’enfance ? La narratrice explore avec l’œil attendrissant d’une petite fille et avec sensibilité les sentiments familiaux, les liens parentaux dans cette période trouble. Un premier roman touchant et bouleversant.

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Marie SIZUN
Jeux croisés
Arléa
249  pages
18  euros

06-07-2008

 

    Marthe et Alice sont deux femmes différentes à tout point de vue. La première, prof de maths, est mariée, d'âge mûr, sans enfant (« Marthe n’aime pas les enfants. Les enfants heureux. Les enfants repus. Les enfants gâtés. Mais elle a toujours été émue par les autres : les mal-aimés, les enfants tristes, les enfants en larmes, les enfants enragés de chagrin. Oui, elle est touchée par ces désespoirs excessifs des petits, qui les défigurent, les rendent apoplectiques, si laids, morve et larmes, qu’ils en exaspèrent leurs parents. »), et son mari s'apprête à la quitter. La seconde a tout juste dix-huit ans, travaille dans un pressing et élève seule son enfant, le petit Ludo. « Jeux croisés » entremêle ces deux destins. Deux instants d’hésitation, de folie, de doute guidés par le présent et le passé de ces femmes les font basculer dans une aventure singulière et haletante. Elles se croisent dans un supermarché, et la première enlève le bébé de la seconde qui réagit avec retard à cette disparition. Le bébé présent pour l'une ou absent pour l'autre devient alors l’épicentre du quotidien de ces deux femmes qui ne maîtrisent plus réellement leur destin. En un instant, leurs vies sont bousculées, broyées. Les évènements s’enchaînent, sans contrôle et chacune devra puiser dans son passé pour tenter de s'accepter et éventuellement de se reconstruire (« Marthe ne pense pas à ce qui peut arriver ; à ce qui va arriver ; à ce qui doit arriver. Elle est en dehors de cette réalité là, comme elle a toujours été, en fait, un peu en dehors de celle que rapportent les journaux, celle des faits divers, des enlèvements d’enfants, des crimes ; celle d’une société policée qui décide du licite et de l’illicite, du bien et du mal. »). La trame, le style et l’écriture de ce superbe roman incitent irrémédiablement le lecteur à s’attacher aux trois personnages (les deux femmes et le bébé), Marie Sizun élimine avec brio tout manichéisme qu’une telle situation engendre habituellement et place le lecteur au centre de ce trio attachant. Un incontournable pour cette rentrée littéraire 2008. Cette collection « 1er/mille » d’Arléa recèle vraiment de petits bijoux.

« Ce qui étonne Marthe, la fait sourire, c’est la naïveté des gens, leur incompréhension, la dureté de leurs jugements. Cette façon simpliste de croire qu’on est une bonne fois ceci ou cela, tel être et pas un autre ; de refuser d’admettre que ce qui lui est arrivé à elle peut leur arriver ; de vouloir ignorer qu’il y a en nous, profondément enfouie, cette part d’ombre, opaque, silencieuse, ce mystère, qu’il suffit d’un hasard pour éveiller, et qui, dès lors, prend le pouvoir. »

Thème(s) : Littérature française

 


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