'Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie.'   Arthur Koestler

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Valter Hugo Mãe




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Valter Hugo MÃE
Le fils de mille hommes
Métailié
187  pages
18  euros

05-08-2016

 

    Crisòstomo est un pêcheur, solitaire, il a maintenant quarante ans et regrette de ne pas avoir de fils. Il décide donc d’adopter Camilo, le petit orphelin du village, vif, doué. Il va l’apprivoiser, l’aimer, les liens du sang ne sont pas nécessaires pour fonder une famille. Et ce n’est que le début ! Isaura, une femme singulière, laide, maigre, rejetée de tous, sort d’un mariage raté avec Antonino qui est homosexuel et se joint eux. Antonino subit toutes les humiliations et la haine possibles dans le village, et Isaura, se sentant encore responsable de lui, l'accepte à ses côtés et il rejoint également la petite communauté. Une communauté d’éclopés de la vie réunis par Crisòstomo le sage qui mettent en commun leur histoire, leur passé, et se place en opposition totale avec le monde qui les entoure, d’un côté l’amour, la bonté, la bienveillance et de l’autre haine, violence, mensonge… Un joli conte qui met en avant ceux qui ont décidé de prendre en main leur destin et croient encore en l’amour et la fraternité écrit dans un style personnel qui chante et accroche le lecteur du début à la fin, l’interpelle, voire le bouscule à bon escient.

« Celui qui n’a pas peur de souffrir a plus de chance d’être heureux. »

« Celui qui n’est personne, il ne lui manque rien. L’amour ne lui manque pas, et il n’attend rien ! »

« Si on n’attend rien de la vie, disait-il, le peu qu’on a c’est déjà de l’abondance. »

« ... nous naissons tous enfants de mille pères et de plus de mille mères, la solitude est surtout l'incapacité de voir l'autre comme nous appartenant, pour qu'il nous appartienne en vrai et que nous inventions une attention réciproque. Comme si nos mille pères et nos mille mères coïncidaient en partie, comme si nous étions tous frères, frères les uns des autres. Nous sommes le résultat de tant de gens, de tant d'histoires, de tant de grands rêves se transmettant de génération en génération que nous ne serons jamais seuls. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Daniel Schramm

 


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Valter Hugo MÃE
L'apocalypse des travailleurs
Métailié
199  pages
18  euros

09-09-2013

 

    Maria da Graça est femme de ménage, marié à un marin médiocre qu’elle tente d’empoisonner, gentiment… Elle est au service de monsieur Ferreira, un vieux cochon qui la viole allègrement et régulièrement. Mais Maria trouve ça pratiquement normal, voire y prend même quelques plaisirs. En outre, l’homme est cultivé, et il lui parle de Goya, Rilke, Bergman ou Mozart, de grands hommes capables d’impressionner Dieu. Or Maria a maintenant quelques soucis avec Dieu, ou plutôt avec Saint-Pierre qu’elle rencontre chaque nuit dans ses rêves surtout après le suicide de Ferreira. Elle souhaite ardemment le rejoindre et Saint-Pierre n’est pas totalement convaincu (« quel provocateur ce saint pierre, quel salaud ») et ne lui prête guère attention mais Maria n’est pas femme à se laisser faire, "je ne suis pas femme à fuir mes obligations" ! La meilleure amie de Maria, Quiteria, est également femme de ménage. Même cruauté de la vie (« … je ne peux me payer que la mort, la vie est trop chère pour moi. »), même âpreté et difficultés mais aussi même quête de bonheur, même désir de vivre, d’aimer et de sexe. Quiteria se prostitue et tombe amoureuse d’un Ukrainien étrange, déglingué vivant un exil douloureux. Seul le petit chien, Portugal, qu’elle a recueilli, semble serein et regarde tout ça avec calme sans porter aucun jugement. Un portrait cru et direct d’une société portugaise où le peuple se débat vigoureusement dans des difficultés immenses mais que la quête d’amour aide à survivre. Le style est vif, rythmé et singulier, l’humour décapant et les personnages atypiques et attachants.

« … ce qui nous sauve c’est que nous sommes tellement en bas de l’échelle que nous n’avons même plus à craindre de tomber plus bas, nous y sommes déjà, par nature. notre chemin ne peut que remonter. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Daniel Schramm

 


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