'Nous mourons si nous n’écoutons pas ce qu’enseigne l’expérience, mais nous moisissons si nous y prêtons trop d’attention.'   Jon Kalman Stefansson

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Les Editions du Sonneur




- 6 -



Jérôme LAFARGUE
Un souffle sauvage
Les éditions du Sonneur
61  pages
9  euros

11-06-2017

 

    Deux plaisirs en un avec ce court texte : un nouvel opus dans la collection « Ce que signifie la vie pour moi » des éditions du Sonneur et nos retrouvailles avec Jérôme Lafargue ! Belle réussite ! On retrouve la belle écriture précise de Jérôme Lafargue, son amour pour la nature, la forêt et les arbres propices aux mythes et aventures. Cette fois, il quitte la fiction pour un récit autobiographique. Néanmoins, le lecteur peut ignorer ce basculement tant l’écriture, les descriptions, et la thématique l’emportent et le propos devient vite universel. Une forêt, un père, un fils, des relations distendues et une dernière promenade. Alors pour l’écrivain, avec son histoire, mais aussi sa passion pour l’écriture (« Ecrire est une sublime maladie dont on ne peut se débarrasser. ») et la lecture, il est temps de nous faire revenir sur ce lieu, source de toute son inspiration et qui restera à jamais lié à son père (« Mon âme d’enfant ne s’est pas perdue dans ces bois ce jour-là. Au contraire. Les plus sensés d’entre nous continuent de voir le monde avec leurs yeux d’enfant. ») et à son enfance. On est donc bien loin du témoignage larmoyant ! L’émotion et l’attention du lecteur demeurent à leur acmé de la première et la dernière page !

« Ni imagination ni originalité ici, parler de la vie c’est parler de la mort, les deux choses les plus absurdes et inconséquentes qui soient. »

« Vivre est absurde, alors qu’écrire, non. »



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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jérôme Lafargue lus par Vaux Livres

 


- 5 -



Elisabeth LAUREAU-DAULL
La jument de Socrate
Les Editions du Sonneur
120  pages
15.5  euros

07-06-2017

 

    Socrate fut mariée à Xanthippe, une femme beaucoup plus jeune que lui que l’histoire a oubliée. Pourtant, alors que Socrate est condamné à boire la ciguë, c’est elle qui parcourt, comme une jument folle, Athènes, la ville à qui Socrate a tout donné, pour tenter d’obtenir une révision de son procès. Le lecteur accompagne Xanthippe dans une visite guidée de la ville, de sa justice, de son monde intellectuel, du déroulement du procès. Elle aimerait tant le sauver (« Le jour où on écoutera une femme n’est pas venu encore. »), lui, qui lui a accordé une vraie place dans leur intimité (« Grâce à lui, elle était épouse et mère, mais aussi quelque chose de plus, elle ne saurait dire quoi, ni comment cela s’était fait. ») en permettant une relation équilibrée. Elle espère plus que tout continuer de l’écouter, encore et encore. Le portrait érudit d’une femme amoureuse, en colère, pleine de fougue, déterminée à livrer combat, une femme libre déjà si moderne.

« Pourquoi se mettre en peine du vulgaire et de son opinion ? »

« La beauté est-elle dans la chose regardée ou dans l’œil qui regarde ? »

« Une liberté dont on ne fait rien, est-ce encore liberté ? »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Elisabeth Laureau-Daull lus par Vaux Livres

 


- 4 -



Yves GOURVIL
Requiem des aberrations
Les Editions du Sonneur
406  pages
18  euros

16-04-2016

 

    Moïse Chant-d’Amour a fait découvrir à Saturnin, le narrateur, un vieil entrepôt délabré où il se sent immédiatement chez lui et décide de le rénover pour en faire un parc d’attractions, « Pas seulement un anti-Disneyland mais aussi et même surtout un anti-Bayreuth. », où musique classique et opéras, les sauveurs de l’humanité, règneront. L’aventure peut commencer et quelle aventure ! Tout est en effet possible dans ce lieu habité par une foule bigarrée et extravagante et surtout si vivante, des êtres en marge de la société bien pensante, des sans voix qui apparaissent dans toute leur humanité avec leurs qualités et leurs travers. Cet endroit insalubre devient pierre après pierre quasiment habitable, l’entraide devient la règle, la vie ensemble s’installe. Ils s’acceptent dans ce lieu partagé, un endroit à eux où la lumière brille. Un premier roman fou, lumineux et truculent où l'homme retrouve sa place.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Guillaume LEMIALE
Margarine
Les Editions du Sonneur
280  pages
17  euros

09-12-2015

 

    Le temps est venu de se confier. Margarine dans un dernier souffle se doit de revenir sur son parcours, de la Tchécoslovaquie, en passant par Berlin au moment de la chute du Troisième Reich, jusqu’à Paris en tant que baronne. Adolescence chaotique (« Dès mon plus jeune âge, j’avais été battue, bâtie pour la soumission ; un monde sans moi ni lois ! »), elle quitte son oncle et sa tante pour tenter de retrouver sa mère. Elle la découvre mourante et prostituée. Elle sera sa remplaçante et envoyée dans un camps de soldats français SS. Elle y rencontre l’horreur et l’amour. Livrer ses souvenirs, sans retenue, sans filtre, dans l’urgence (« Tout se bouscule, un passé à écrire, un avenir compté… Nuits blanches pour pensées noires. »), la fin étant proche, les mots semblent peut-être enfin la libérer (« Je prie le lecteur de bien vouloir excuser mon ton acerbe et ce chaos. Ils cachent ma nudité face à la vie, mon impuissance aussi. Le temps est venu… ») mais surtout partager ses sentiments, son impuissance, sa soumission définitive. La langue est crue, percutante, parfois aussi violente que les faits décrits. La guerre est une horreur, les sentiments qui animent ses acteurs inhumains et apocalyptiques. Les guerres propres n’existent pas !

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Franz BARTELT
Depuis qu'elle est morte, elle va beaucoup mieux
Les Editions du Sonneur
72  pages
12  euros

03-10-2015

 

    La mort flâne et prend parfois son temps, et regarder sa mère emprunter ce long chemin dont l'issue est prédéterminée, absolue et non négociable est aussi souvent interminable. C'est la mort. C'est la vie. Et l'observateur sait qu'il suivra le même chemin, demain ou un peu plus tard, comme dans un miroir, c'est en effet aussi sa mort, qu'il observe à travers cette femme qui s'éloigne, et qu'il accepte peu à peu (« Finalement, rendre visite à ses parents âgés, c'est venir les regarder mourir et s'habituer à cette pensée atroce de leur propre dénouement et de notre vie sans eux qui étaient notre dernier rempart. »). Mais quoi de plus commun ? Franz Bartelt décrypte presque sereinement ces moments où la vie continue tout en étant déjà disparue, où sa mère vagabonde en attendant sa fin de vie, « cette décrépitude, cette immense fatigue qui confine à un genre de folie tranquille, d'éloignement du quotidien. ». Longue période éprouvante où tout s'estompe, et s'éloigne tranquillement. Sans révolte, avec réalisme et parfois même avec humour, Franz Bartelt regarde la mort en face, n'engage pas le combat, analyse les passages obligés, la diminution des facultés, la déchéance, la faiblesse, la folie jusqu'à envisager sa propre mort sans jamais oublier que « toutes ses vies finissent par avoir été belles, parce qu'elles ont été vécues jusqu'au bout... »

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Franz Bartelt lus par Vaux Livres

 


- 1 -



Lionel-Edouard MARTIN
Mousseline et ses doubles
Les Editions du Sonneur
295  pages
17  euros

30-10-2014

 

    Mousseline quitte (enfin) son père pour partir découvrir le bébé de son frère jumeau. Voyage sans retour. Elle rencontre en effet une ville, une autre vie et même un Joseph Pigeon parisien et l'amour. Elle s’y installe et doit alors s’occuper de son petit neveu Daniel. Des années plus tard, pour devenir écrivain, il entreprend de conter son histoire, leur histoire, lui, son « presque fils », parcourt cette saga familiale au cœur de la France des années 1950-1960, portrait d’une France loin des paillettes et du pouvoir, mais une France vraie, tout en « pudeurs taciturnes » qui accompagnent les drames de la vie. Un portrait émouvant, aussi triste que lumineux, d’une femme fragile et volontaire et emportée par la vie, sublimé par l’écriture de L-E Martin, poétique et sensible, tout en retenue. Il varie et adapte les styles, du parler populaire au précieux, toujours juste et précis, il sait évoquer et réussit à tenir en haleine le lecteur tout au long de cette aventure humaine et populaire. Une très belle découverte.

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Thème(s) : Littérature française

 


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