'Moi, la création, je la mets à un niveau organique, j’écris comme je pisse. Et je pisse rarement dans la cuvette, j’éclabousse le sol, je me salis le pantalon et les doigts. Ouais, c’est ça l’écriture pour moi, un machin supposé rendre l’imperfection du monde en lui conférant une touche de beauté.'   Olivier Jacquemond

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



18225014

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Romans traduits par Corinna Gepner




- 3 -



Heinrich STEINFEST
Le poil de la bête
Carnets Nord
645  pages
23  euros

09-03-2014

 

    Un polar de 640 pages est ardu à résumer ! Et si en plus, l’auteur est Steinfest, cela devient carrément impossible ! En effet, l’auteur construit des romans singuliers, polars certes, mais la résolution de l’intrigue est loin d’être rectiligne, elle passe par digressions, réflexions philosophiques, anecdotes, descriptions, faux semblants… sans oublier un zest d’humour ! On pourra néanmoins dire qu’il s’agit d’Anne Gemini une jeune maman totalement dévouée à son enfant unique handicapé qui l’accompagne 24 heures sur 24. Pour gagner sa vie, elle décide de devenir tueuse professionnelle, « en assassinant de parfaits inconnus sur l’ordre d’autres inconnus tout aussi parfaits ». Mais quand ce parfait inconnu est un ambassadeur norvégien même transparent, cela engendre nécessairement une enquête. Le privé chinois autrichien Markus Cheng est chargé de l’affaire et consentira même à revenir dans son pays d’origine à Vienne… et avec lui, vous découvrirez le 4711 dont la somme des chiffres ne fait pas 14 ! Foisonnant, dense et original !

« Mais les pensées, bien sûr, sont comme ce que l’on dit en général des insectes : importunes. »

« La patrie, c’est comme une arme qu’on se braque sur le front nuit et jour sans jamais presser la gâchette. »

« Après coup, on trouve toujours une bonne raison. A tout. Rétrospectivement, chacun de nous serait prêt à sauver le monde. Rétrospectivement. »


Ecouter la lecture de la première page de "Le poil de la bête"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir
Traduction : Corinna Gepner

 


- 2 -



Katharina HAGENA
L'envol du héron
Anne Carrière
295  pages
20  euros

25-07-2013

 

    Ellen est somnologue (« Viens, doux sommeil, ou je meurs à jamais, Viens à présent ou ne viens plus jamais. »), elle continue d’aider ses patients face à leurs problèmes de sommeil (« C’est un lieu vers lequel on descend, une utopie de la profondeur. ») alors qu’elle-même commence de le perdre et que sa mère est plongée depuis longtemps dans un long sommeil. Après un épisode irlandais, Ellen est revenue en Allemagne et vit près du vieux Rhin dans un paysage touffu peuplé de nombreux animaux. Elle n’a jamais réellement accepté le départ de son amant alors qu’elle était enceinte. Autour d’elle gravitent une série de personnages participant à une chorale mais liés pour une autre raison sans le savoir, pour la plupart tout du moins (« Ce soir-là à Grund, Marthe m’a rencontrée, Andreas a rencontré Marthe et Orla a renconté Andreas. »). Son récit est croisé avec les pensées de Marthe qui espère toujours retrouver son fils disparu des années plus tôt. Andreas, son ami d’enfance, est devenu un personnage singulier solitaire. Dès les premières pages, le lecteur sent le malaise et la douleur qui unissent ces personnages hantés par la disparition, mais ressent aussi la densité du propos par la multiplicité des thèmes au centre desquels le sommeil, la vie et la mort, le récit mérite toute son attention et parsemé de questionnements, il l’implique fortement. Une fois ce roman refermé, le lecteur n’a qu’une envie, le reprendre, et il le mérite !

« Les merles chantent-ils de joie ou de désespoir ? »


Ecouter la lecture de la première page de "L'envol du héron"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Corinna Gepner

 


- 1 -



Heinrich STEINFEST
Requins d'eau douce
Carnets Nord
393  pages
20  euros

02-01-2011

 

    Retrouver un corps nu dans une piscine à Vienne est exceptionnelle, mais quand ce corps est déchiqueté et présente de nombreuses traces de morsures de requin, cela devient extraordinaire ! Seul indice, une prothèse auditive est retrouvée au fond de la piscine mais évidemment aucune trace du requin ! L’inspecteur Richard Lukastik n’apprécie guère la plaisanterie et prend en charge l’enquête. Cet enquêteur n’est guère apprécié de ses collègues et de sa hiérarchie, et seul son professionnalisme et ses résultats le sauvent. Autoritaire, solitaire, amoureux de sa soeur et du philosophe Wittgenstein (un de ses livres ne le quitte jamais), sûr de lui, cet homme au franc parler est bourré de certitudes et d’habitudes qu’il se refuse d’abandonner mais face à un requin, restera-t-il de marbre ? Le roman est à l’image de Lukastik, entre des dialogues vifs, ironiques, à l’humour grinçant, de nombreuses digressions complètent une intrigue particulièrement bien ficelée et originale.

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir
Traduction : Corinna Gepner

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture