« Toute la vérité, on n’en sait rien, on peut seulement en donner des petits bouts, des bribes. Pas toute. Elle va donc mettre des souvenirs vrais sur les faux jusqu’à ce que les faux en crèvent ! Mais les vrais sont-ils vraiment vrais ? Et les faux sont-ils vraiment tout à fait falsifiés ? Qui peut dire ce qu’on est, juste avec sa mémoire, ce serait trop facile. »
Régine Detambel

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Romans traduits par Delphine Valentin

Mikel SANTIAGO

La dernière nuit à Tremore Beach
Actes Sud

334 pages | 22-06-2016 | 22.5€

Peter Harper est un compositeur reconnu mais après un divorce mouvementé, il a besoin de s’isoler et de rester seul quelques mois. Il choisit Clenhburran, un petit village des côtes irlandaises, isolé, calme, venté, propice à la solitude et au retour de l’inspiration musicale, du moins l’espère-t-il. Il est si seul dans sa maison isolée que finalement, il voit d’un bon œil la présence de voisins non loin, sait-on jamais, on peut toujours avoir besoin d’aide... Un soir, la région est en alerte, les orages y sont courants mais celui annoncé devrait être particulièrement violent, la prudence est de mise. Il choisit néanmoins de répondre à l’invitation de ses voisins et brave le danger. Pourtant, au retour, un arbre brisé obstrue la route. Alors qu’il sort de sa voiture pour évaluer la situation, il ressent bourdonnements, et autres impressions bizarres et se réveille à l’hôpital. Il aurait pris la foudre et depuis un mal de tête l’accompagne. Et ce mal est complété par des rêves bizarres, ces rêves semblent réels, l’avertissent de graves dangers dans le futur et certains faits semblent le confirmer. Evidemment ses proches et le personnel médical demeurent incrédules et le considèrent progressivement comme fou. Il devient de plus en plus inquiet lorsque ses enfants s’installent pour les vacances et s’il voit l’avenir, pourquoi ne pas intervenir sur le déroulement du réel pour tenter d’éviter le pire ? Mais le laissera-t-on faire et trouvera-t-il quelqu’un pour le croire et l’aider, en effet, il se sent bien seul face à l’avenir. Du rythme et du suspense, tendu, angoissant et oppressant, de l’imaginaire, et l’Irlande toujours aussi attirante, pour une première, c’est une vraie réussite !

Premier roman

Ecouter la lecture de la première page de La dernière nuit à Tremore Beach

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir

Traduction : Delphine Valentin


Carlos BERNATEK

Banzaï
L'Olivier

204 pages | 13-05-2014 | 19.5€

En Argentine, un héros sans nom souhaite devenir invisible, un autre, pour mieux observer la vie présente et les fantômes du passé. Aussi, il quitte ses proches pour une station balnéaire isolée, s’éloigne et accepte la solitude, le prix à payer, pour endosser une nouvelle identité dans ce pays où de nombreux étrangers sont venus chercher une nouvelle vie, une nouvelle identité loin de leur passé ignoble. Un homme sans passé ni avenir dont seule la mémoire subsiste. Les chapitres alternent entre présent et souvenirs d’enfance et questionnent sur notre (ou nos) identité(s), ce que l’on devient, sur notre violence et ce qui peut nous faire basculer. Un surprenant roman sur le sens de la vie et l’identité mais aussi sur l’histoire mouvementée de l’Argentine évidemment liée à la notre.

Ecouter la lecture de la première page de Banzaï

Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Delphine Valentin


Fernando TRIAS DE BES

Encre
Actes Sud

172 pages | 11-06-2012 | 18€

En 1900 à Mayence, capitale du monde des livres, Johann Walbach tient la librairie « L’Encre ». Sa femme rejoint tous les mardis son amant, soumise, elle ne peut résister à l’attraction que cet homme suscite : « La réponse résidait dans la peau de l’amant. Ses pores contenaient de minuscules et invisibles traces de ce liquide noir qui génère tant de passions. Ce mélange dense et obscur au pouvoir illimité. De l’encre. ». Johann aussi amoureux des livres et de leur encre meurt de jalousie. Décidé à éliminer l’amant, sa femme lui conseille plutôt de trouver la raison de cet écart et la libérer. Il décide de trouver la solution dans sa librairie : « Toutes les passions sont ici. Toutes les réponses, toutes les raisons. Peut-être même qu’ici se trouve la raison de notre infortune. ». Cinq années à lire, à chercher, à voyager entre les lignes. Il sera aidé par un mathématicien qui cherche une solution à l’injustice, par un imprimeur également en quête du Livre et par un correcteur. Dans chaque livre, ils espèrent trouver une phrase, un mot qui les éclairera sur leur infortune. Les regrouper, les ordonner pour constituer le Livre imprimé dans une encre singulière. Un texte étonnant, poétique, philosophique, superbe hommage à la lecture, aux mots, aux livres où chacun peut, en y accordant le temps nécessaire, trouver ce qu’il cherche au détour d’une phrase, d’un chapitre, d’un changement de page...

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Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Delphine Valentin