« Pourquoi était-il si difficile de dire ce qui compte à ceux qui comptent ? »
Clara Arnaud
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A partir du carnet de son arrière-grand-père, Anne Percin retranscrit et imagine l’histoire de deux jeunes Vosgiens nés en 1876 : Eugénie et Charles se sont rencontrés tardivement mais ont su immédiatement qu’ils étaient faits pour l’un l’autre, tant ils avaient de choses en commun, notamment leur croyance. Deux personnes du monde rural de milieu modeste qui veulent grandir, progresser, notamment par l’école devenue obligatoire. Deux bons élèves mais seul le garçon pourra continuer et devenir instituteur alors qu’elle finira bonne à tout faire chez une famille de bourgeois. Mais Eugénie est une femme forte, « Le portrait d’une inquiète en lutte. ». Pourtant la guerre arrive, et impacte, bouleverse, la vie de tous même restés à l’écart des champs de bataille. « La guerre n’est pas le sujet de sa tragédie : elle en est le décor. » et Charles va mener une autre bataille puisque Eugénie tombe gravement malade. Un portrait émouvant d’un couple amoureux, inséparable, emblématique d’une époque et d’une région, époque où l’école représentait encore un espoir, où les femmes étaient réduites à leur rôle de procréatrice et mère, où la guerre bouleversait le quotidien de chacun, Anne Percin fait ainsi renaître brillamment ses aïeux : « Écrire, c'est donner la vie à ceux qui n'existent pas, les créatures de fiction, et c'est redonner la vie aux morts. »
« La douleur, ce n’est pas de la littérature. »
« Mais si on savait ce que l’avenir nous réserve, on ne ferait rien. »
« Se marier, vivre à deux, avoir des enfants, fait-on cela pour être heureux, ou pour se compliquer l’existence de manière à ne pas être tenté d’en finir avec elle ? S’occuper, en quelque sorte. Se distraire de l’atroce condition humaine. »
Fiche #3484
Thème(s) : Littérature française