« On a tous besoin de quelqu’un qui caresse notre visage, qui attache sur nous ses yeux doux, qui nous murmure des mots qui n’appartiennent à personne. »
Geneviève Damas
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Murielle SZAC
Laokratia
Emmanuelle Collas
106 | 340 pages | 14-05-2026 | 21.9€
en stockFin 44, les nazis quittent la Grèce : c’est la joie, le bonheur, une effervescence vivifiante. Tout est à reconstruire, un nouveau monde s’ouvre aux Grecs. Ils descendent dans la rue, notamment les jeunes, pour partager cet espoir : « Les chants répondent aux chants. Il y est question du peuple, de la patrie, de la liberté, du combat pour l’égalité, de cette terre tant aimée qu’ils veulent partager entre tous. » . Laokratia, le pouvoir du peuple va pouvoir être mis en œuvre. Un espoir immédiatement réduit à néant : le gouvernement tire sur la foule. Sofia a alors 16 ans et sa cousine fera partie des victimes. Plus rien n’arrêtera Sofia qui rentre en lutte, en résistance dans cette guerre civile oubliée. Une guerre civile, donc absolument violente, où votre frère peut devenir votre ennemi : « Les uns contre les autres jusqu’à en mourir. ». Sept ans de la vie de Sofia : les traques, se cacher, les dénonciations, les compagnons qui disparaissent, le bagne, la peur, la faim, la haine de l’autre, les actions clandestines, les luttes au grand jour, la solidarité et l’amitié... Une guerre déjà sans règle où les Américains et les Anglais apporteront leur aide au gouvernement pour éradiquer ces dangereux Rouges. Un épisode historique largement oublié et le portrait attachant d’une femme en résistance, une femme libre fidèle à ses convictions et idéaux au cœur d’une guerre civile où l’homme montre une nouvelle fois ses bassesses les plus lâches et où le jeu des puissants n’a que faire des anonymes font de Laokratia un roman haletant et fort.
« Il y a deux choses que font les fascistes, brûler les livres et empêcher les fillettes comme toi de s’instruire. »
Fiche #3440
Thème(s) : Littérature française
« Comédie française » est un roman virevoltant, rythmé à hauteur d’hommes de cité. Des personnages qui sont des battants, des inventifs, tous veulent s’accrocher, vivre, résister malgré le gris de la cité et son nom poétique, la Cité des Fleurs du Temps, ses problèmes, leurs problèmes, les difficultés en partie dues aux politiques. Rires, humour, colères, violence, débrouillardise… Il y a Belette qui rêve d’ailleurs et surtout de théâtre ; son frère, Zizou, qui enchaîne les pompes et qui rêve de ballon rond et son pote Requin plus décidé que personne à se faire du fric et prêt à tout pour ça. Comme le maire, d’une autre façon, mais prêt à tout aussi, débordant d’ambition. Des personnages de chaque côté du trottoir, avec des langages différents, des espoirs différents, des histoires, des quotidiens, des rêves et des attentes différents mais tous en course pour la vie. La tragédie n’est pas jamais loin de la comédie et dans les deux, on ne s’ennuie pas !
Premier roman
Fiche #3439
Thème(s) : Littérature française
« Allongé sur le dos, le nouveau-né gigote maladroitement de ses quatre membres, tel un bourdon tombé d’une fleur. La mère regarde l’enfant. Voilà le bourdon, Bombus... » Un soir de Toussaint, Berthe ne l’attendait pas mais Bombus est arrivé. L’enfant d’un viol une nuit de carnaval. Alors Berthe à l’écart du village de montagne apprend à Bombus la nature, la forêt, ode à la nature et à son respect. Tout petit, il l’observe. Mais Berthe disparaît rapidement alors Bombus va avancer seul sur le chemin de la vie, entre ce qu’il apprit de sa mère, et le monde d’à côté, le monde des hommes et de leur brutalité. Tiraillé entre les deux. Entre la grotte sacrée de sa mère et le village : « Il n’était qu’un petit gars, sans doute plus timide que les autres, qui grandissait dans le silence des hommes et le vacarme de la nature et de la montagne. ». Vivre ou survivre avec ce sentiment d’abandon. De sa montagne, il verra aussi arriver une troupe de théâtre et Agathe. Superbe personnage pour un roman d’apprentissage d’un gamin curieux à la marge de la société qui tente d’apprivoiser le monde en respectant son histoire et conservant sa liberté.
Ecouter la lecture de la première page de "Bombus"Fiche #3438
Thème(s) : Littérature française
Un enfant atteint d’une fièvre mortelle est sauvé par un guérisseur mais il en ressort avec un visage qui n’en est plus un : « Vous vivrez, mais vous vivrez en monstre. » Son visage fait peur, son père l’abandonne. Il est recueilli par le prêtre du village, et vit retiré du monde. Ses sorties se passent la nuit. En forêt, au coeur de la nature, au plus près des animaux. On ne pouvait, il ne pouvait réparer son visage, alors « il injectait la beauté dans la mort, il approchait le macabre comme on approche une œuvre inconnue ». Il rend beau les animaux dans la mort. Un soir, au cours d’une de ses sorties, il rencontre pour la première fois, une jeune fille qui, elle, est confrontée violemment à la beauté : son frère d’une beauté extrême et dérangeante prend toute la place dans sa famille. Les deux vont se rapprocher et construire une vraie relation aussi belle que dangereuse. Cécile Coulon (et son écriture charnelle) nous offre encore un conte dans toute sa noirceur et splendeur qui nous parle de désir et de liberté en appuyant sur les oppositions entre beauté et laideur, vie et mort, douceur et violence, monstre et ange, lumière et noirceur, bêtise et connaissance.
Ecouter la lecture de la première page de "Le visage de la nuit"Fiche #3437
Thème(s) : Littérature française
Le malheureux héros d'une vie bien rongée est un oncologue (difficilement) reconnu et chercheur en biologie médicale. Il passe son temps à annoncer des mauvaises nouvelles à ses patients et à décérébrer ou démembrer des souris et à les réduire en bouillie. Jusqu’au jour où l’une d’elles, la vicieuse, lui échappe et fuit dans le laboratoire. Il la cherchera en vain. Évènement anodin ? Que nenni, il marque le début d’une chute vertigineuse (même si « il est toujours difficile de dater le début de la chute »), burn-out monstrueux qui remet tout en cause, alors que, pourtant, ses recherches enfin avancent et produisent au grand dam de ses collègues des résultats prometteurs. Un double boulot harassant qui l’éloigne nuit après nuit de sa famille. Qui l’éloigne de tout, de toutes et tous. Plus rien n’a sens. Que faire sinon disparaître ? Un court roman qui décrit non sans ironie et humour grinçant le burn out et le monde du travail en blouse blanche, l’excellence des études n’interdit pas la petitesse !
Premier roman
Fiche #3436
Thème(s) : Littérature française
« … trois personnes extrêmement séparées par la vie et brutalement réunies par la mort. » : Daisy, Eliot et Liam se retrouvent sur l’île de leur enfance. Une île écossaise qui aurait pu être douce, paisible et accueillante, entre prés et mer, moutons et phoques. Ils se retrouvent autour d’une maison, la maison familiale qu’ils exècrent. La mère est morte il y a quelques temps et c’est le tour du père. Il était le seul flic de l’île et il fait partie des minables, des violents. Les enfants se sont retrouvés vite séparés, Eliot et Daisy ont quitté l’île, Liam y est revenu. Mais Daisy reste comme enfermée, soudée à ce lieu, à cette famille qui lui ont causé tant de mal, traumatisme indépassable. Un soir, à 17 ans, elle a été frappée et violée, et son père, le flic, n’a jamais pu trouver le coupable. Elle a comme seul indice une odeur mais l’affaire est vite tombée dans l’oubli. Sauf pour elle. La fratrie se retrouve et ils vont se confier, se parler, du passé, de leurs passés, de leurs traumatismes, de leurs sentiments. Ils vont découvrir les non-dits, lever le voile des secrets, et faire front. Ensemble. Une île magnifique, une fratrie attentionnée, une famille cabossée, des non-dits et secrets, une violence sourde, l’écriture de Marie Neuser, pour un superbe roman aussi sauvage que l'île d'Eileansay.
« L’art c’est comme un putain de bateau qui fonce vers le soleil. »
Fiche #3435
Thème(s) : Littérature française
La fin de l'été approche et petite souris voudrait garnir son garde-manger en prévision de l'hiver. Miracle, elle tombe sur un joli pois chiche, l'extase ! Mais il est bien lourd, se met à rouler et lui échappe. Elle part lors à sa recherche. Encore un album de qualité chez Oqo prétexte à parler de nature, de saisons, d'alimentation, d'entraide et d'amitié.
Fiche #3434
Thème(s) : Jeunesse
Traduction :
Laurence Guillas
Le grand hôtel des émotions est ouvert à toutes et tous. Les clients s'installent, tous différents, avec leurs émotions. Chaque émotion est acceptée, écoutée et on la laisse s'exprimer. Un bel album pour parler des émotions quelles qu'elles soient avec bienveillance et sans jugement.
Fiche #3429
Thème(s) : Jeunesse
Traduction : Catherinbe Tron-Mulder
Sidonie est couchée. Sa chambre est dans le noire, le silence est d'or... enfin presque ! Rapidement des bruits au-dessus de plafond se font entendre ! Des bruits différents qui l'empêchent de dormir... Mais Sidonie n'a peur de rien et va vite démasquer les importuns !
Fiche #3430
Thème(s) : Jeunesse
L'hiver est venue et Odilon, une petite mésange, a bien froid. Elle ose frapper à la porte de l'ours. L'ours grognon n'a guère envie d'accueillir qui que soit, mais Odilon n'a peur de rien et sait se montrer convaincante. Une belle histoire d'amitié singulière.
Fiche #3431
Thème(s) : Jeunesse
Jen HENDRYCKS
Bienvenue loupiote
On ne compte pas pour du beurre
96 | 02-05-2026 | 15€
en stockIl était une fois deux loups amoureux. Ils s'aimaient, partageaient leur quotidien et un jour se sentir prêts à devenir père. Heureusement une louve qui attendait un heureux évènement, elle, ne se sentait pas prête et leur vint en aide : une loupiote allait découvrir ses deux papas et beaucoup d'amour. Un bel album tendre, poétique et doux sur une famille encore singulière.
Fiche #3432
Thème(s) : Jeunesse
Pauline DALMAIS
La petite fille orageuse
Paulsen
95 | 02-05-2026 | 19€
en stockL'été n'en finit plus en montagne et la petite fille se désespère de cet assèchement sans fin. Elle est triste, se renferme, le désespoir la gagne. Jusqu'au jour où un petit nuage que l'on dit gris fait son apparition et c'est la joie, une renaissance. Elle part folle de joie en montagne accueillir enfin la pluie. Un superbe conte écologique aux illustrations exceptionnelles, chaque page est un tableau.
Fiche #3433
Thème(s) : Jeunesse
Atelier 4 raconte le combat d’Irène Dobrynine, médecin généraliste à Fontainebleau, pour comprendre ou élucider les raisons de la mort de sa sœur cadette Natacha, brillante chimiste, employée par Eco-Heft, une usine de papier située à Etampes qui met en avant son souci de l’environnement, notamment dans le cadre des JO de 2024. Morte en pleine nuit dans une zone ultra-sécurisée où elle n’aurait jamais dû se trouver... Suicide ? Accident travail ? Autre raison ? L’enquête avance très doucement, alors Irène fouille, cherche à fissurer le mur du silence. Tout le monde l’incite à accepter cette mort, à laisser tomber : son mari qui ne comprend pas ce combat, le mari de Natacha qui préfère empocher l’argent proposé par Eco-Heft, son père... Malgré le danger, Irène s’entête même si ce combat impacte puissamment son quotidien de médecin (les témoignages de ses patients complètent le portrait triste et édifiant du monde du travail) et sa vie intime. Comment la justice recevra-t-elle son enquête ? Naturellement la trajectoire d’Irène Dobrynine nous rappelle celle d’Irène Frachon : Hélène Gestern construit un roman-enquête étayé, précis, haletant et intime autour d’une relation fusionnelle entre deux sœurs, un roman politique et social au cœur de la souffrance au travail. Un monde du travail qui préfère sans aucune limite et sans vergogne rentabilité, dividendes et productivité à l’environnement et à ses salariés.
ps : Hélène Gestern fait partie des auteurs quittant Grasset après le "départ" de O. Nora
Fiche #3428
Thème(s) : Littérature française
Blanche et Pierre vivent à Brest, il est un jeune prof de philo, elle s’ennuie auprès d’un riche mari. Leur coup de foudre bouleverse tout, mariage puis Minna naît au début de la seconde guerre. Blanche est d'origine juive, recherchée par la police de Landernau, ils sont contraints de partir vers Paris. Ils laissent Minna à la nourrice de Pierre. Trouver un logement et cacher Blanche. Les chapitres donnent alternativement la parole à Blanche et à Pierre. Deux situations, des positions différentes unies par un amour immense. Elle vit cachée, dans le silence et la solitude : « Ce n’est pas faire silence qu’on me demande, c’est ne plus être. » Elle partage ses sentiments, ses peurs, ses souvenirs (« Ce sont eux les plus cruels. »), les nombreux livres rapportés par Pierre, la culpabilité d’avoir laissé Minna et les montées de lait qui le lui rappelle, son envie de sortir... Pierre sort, Pierre travaille dans une imprimerie, même si la guerre heurte son quotidien, Pierre résiste. Puis la guerre s’achève et ils deviennent « des survivants soulagés » et ne souhaitent « qu’une chose : prendre le train, serrer ma fille dans mes bras. » Mais retrouver Minna sera un nouveau combat. A partir d’une histoire vraie, Nathalie de Broc avec un style éblouissant nous conte une formidable histoire d’amour que ni le temps ni l’Histoire ne viendront ébranler.
Ecouter la lecture de la première page de "Que l'espérance est violente"Fiche #3427
Thème(s) : Littérature française
Un livre magique : une image sur deux pages, les petites mains placent un miroir sur la page de gauche et l'image se transforme totalement : un poisson devient chat, un ours se transforme en tortue... Une belle idée et une belle réalisation.
Fiche #3425
Thème(s) : Jeunesse
Ella a rendez-vous avec sa grande amie, Prahla, enfant gâtée, riche héritière qui enchaîne les aventures amoureuses. Cette fois, elle arrive dans le café avec Lucien qui ne plaît guère à Ella. Dans le restaurant, deux hommes assis à deux tables différentes les observe. Le premier à leur départ offrira à Ella un superbe portrait que Lucien repère immédiatement. Le second après leur départ récupèrera deux couverts de leur table. Un artiste ? Un voleur ? Etrange... Point de départ d'une intrigue à la Levison (avec un peu moins d'humour qu'à son habitude) qui n'a qu'un seul défaut : définitivement trop courte !
Ecouter la lecture de la première page de "Je ne suis pas là pour ça"Fiche #3426
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Emmanuelle Aronson,
Philippe Aronson
Anna-Livia MARCHIONNI
L'électricité dans mon corps
Les Editions du Sonneur
90 | 220 pages | 25-04-2026 | 19€
en stockDanny vieil ado de 22 ans vit encore chez ses parents et nous relate sans retenue sa vie, ses sentiments, ses envies, ses peurs, ses incompréhensions, sa rage. Il a en lui une électricité difficilement maîtrisable. Pour l'extérieur, ses troubles psychiques en font un attardé mental, l'idiot du village, et ils ne seront pas tendres : « J'ai compris que les humains mordent comme les chiens, sauf que leurs morsures visent l'en-dedans. ». Danny comprend ce qu'on lui reproche, comprend pourquoi son comportement dérange si souvent. « Que j'ai commencé à divorcer avec l'humanité. » : pourtant Danny cherche le contact, la relation : avec la belle Jessy, avec la bande à Jeffrey... mais il va d'échec en échec. Alors Danny est souvent seul et se réfugie près du Grand et joli lac. Un père aimant, une mère difficile, Danny nouera une relation ambiguë avec Niko un peintre solitaire et singulier. Un roman qui place le lecteur au plus près de la différence et fait parfaitement ressentir les sentiments d'un jeune homme qui ne demande qu'à entrer dans le monde des hommes.
« Ça réveille, d'être amoureux. Ça rend tout plus intéressant, même les trucs sans intérêt, comme le ménage par exemple. Faire la vaisselle quand on est amoureux, c'est beaucoup moins chiant. Allez comprendre... L'amour, ça serait comme une sorte de fleuve immense sur lequel les autres trucs de la vie flottent comme des débris minuscules... »
Fiche #3424
Thème(s) : Littérature française
Eric SAVOLDELLI
Mona
Les Etages
89 | 175 pages | 20-04-2026 | 32€
Un exceptionnel roman graphique qui nous parle (textes et dessins) d’immigration (italienne), de montagne, de la rudesse des métiers de la mine et du bois, de l'exploitation des ouvriers, mais aussi de la force de la relation homme-animal représentée par un lien presque surnaturel entre Melchio et sa jument Mona qui jamais ne se quitteront. Dessin et textes accompagnent avec humanité et émotions des destins que la vie n’épargnera pas, une BD qui s’inscrit à la perfection dans la lignée de celles de Jean-Marc Rochette.
Fiche #3423
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Cinquante ans de vie d’une sœur et d’un frère. Claire et Gilles. Petite fille studieuse, elle a rapidement quitté la famille, et la ferme familiale, tout en gardant un lien fort avec le lieu, la campagne, la ruralité et son frère qu’elle tentera toujours de protéger. Elle lui répète, « tu peux compter sur moi ». Lui, « ses parents ont choisi cette vie alors que lui n’a pas choisi ses parents. » : une vie prédestinée, tracée, subie, devenue « ensauvagée ». Une vie ardue, étouffante, la ferme, le fromage, les bêtes écrasent tout. Peu de répits, travailler, travailler, une vie à la peine, solitaire. Et toujours le regard critique, voire acerbe des parents. Peu de mots, beaucoup de violence. Elle est hors champ pour sa famille, ses origines, il est hors champ pour la société. Marie Hélène Lafon continue avec brio son portrait de la ruralité entre intime et universel, un portrait émouvant et touchant d’un monde rural rude et pesant en train de disparaître,
Ecouter la lecture de la première page de "Hors champ"Fiche #3422
Thème(s) : Littérature française
Le récit prend corps dans un lieu, lieu emblématique du quartier, le café d’Helda. Helda campée sur ses deux jambes les accueillent avec gentillesse et fermeté. Le quartier est en mutation et une communauté s’y est construite et habite ce café : les ouvriers, les gens du quartier, les anciens, les nouveaux, dans la différence. On côtoie l’ami, l’aimé, celui qui énerve, celui avec qui l’on est d’accord, celui qui nous horripile et même un curé. Tension, joie, rires, engueulade : la vie. Mais c’est aussi le lieu où les luttes syndicales perdurent hors les murs de l’usine, une époque où l’implication des syndicats dans la vie souvent pénible de chacun était puissante apportant éveil politique et culturel général. Trois générations d'un monde en voie de disparition décrites avec émotion, tendresse et humanité par Louis Cabaret.
Ecouter la lecture de la première page de "A la santé des mohicans"Fiche #3421
Thème(s) : Littérature française
Petula est pourtant une jolie et gentille vache mais elle a un souci : des pets puissants, bruyants et odorants ! Alors elle est mise à l'écart, et reste dehors la nuit à contempler la lune. Heureusement son seul ami, Pierrot, la chouette a des ressources et va l'entraîner vers un projet fou qui la fera accepter de toutes et tous, son petit ''défaut'' devenant un avantage lui permettant de trouver sa place dans le troupeau. Drôle, positif et instructif, vous apprendrez même l'origine de la voie lactée !
Fiche #3420
Thème(s) : Jeunesse
Deux jeunes écureuils, un roux, un gris ne se quittent pas de la journée, partagent leurs jeux sans fin. Petite rousse copie petite grise sans cesse. Alors petite grise enchaine les virtuosités jusqu'à ... la chute ... inattendue ! Pour faire éclater de rire les plus petits (et les grands).
Fiche #3416
Thème(s) : Jeunesse
Un livre animé pour apprendre en s'amusant qui mange quoi ? La tortue, la salade, l'oiseau, le ver de terre, le singe, la banane, et le petit lecteur ?
Fiche #3417
Thème(s) : Jeunesse
Il rêve, il rêve d'avant, quand il était loup ! Libre dans la nature sauvage, avec sa meute, courant, jouant, chassant... Mais aujourd'hui, il vit dans une maison avec le jardin comme espace sauvage, alors de temps en temps, il se rappelle le bon temps ! Une fin sauvagement drôle !
Fiche #3418
Thème(s) : Jeunesse
C'est l'heure de la photo ! Le papa veut photographier tous ses petits et ils sont nombreux. Il les veut souriant, alors ils vont devoir dire ''Ouistiti'' et ça va être très, très compliqué !
Fiche #3419
Thème(s) : Jeunesse
Anthony Horowitz est l'auteur de M comme meurtre mais c'est aussi son narrateur. En effet, il se met en scène avec finesse et on ressent le plaisir qu'il a dû éprouver à accompagner cette enquête tout en l'écrivant ! Il s'amuse, et il s'amuse avec le lecteur. Anthony Horowitz déborde de projets : romans, série TV, cinéma... et il nous en parle. Il a déjà travaillé avec Daniel Hawthorne, un ex-flic qui a été exclu, un homme guère sympathique. Daniel Hawthorne lui propose pourtant d'écrire un livre sur lui dans le cadre d'une enquête intrigante et ardue. Sur les enquêtes difficiles, la police continue en effet à faire appel à lui. Une vieille femme qui venait de passer dans une entreprise de pompes funèbres pour planifier ses funérailles et retrouver assassinée le même jour. Aucun indice. Malgré son antipathie pour Hawthorne, la singularité de l'affaire et l'attrait de la nouveauté incitent Anthony Horowitz à accepter. Un duo bancale pour une enquête tortueuse entre fiction et réalité le sourire aux lèvres. Original, fin et subtil !
Ecouter la lecture de la première page de "M comme meurtre"Fiche #3415
Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir
Traduction :
Julie Sibony
Danielle veut la paix relate à partir d’un fait divers tragique les évènements qui secouaient déjà le Moyen Orient et la Palestine dans les années 70 . Danielle, grande bourgeoise, est mariée avec un célèbre producteur de cinéma, Georges Cravenne : milieu protégé, parisien… Très sensible à ce drame (toujours d’actualité), la sortie du film Les aventures de Rabbi Jacob qu’elle souhaiterait voir retirer de l’affiche, l’incite à s’engager au-delà du commun. A 35 ans, elle décide d’aller au bout de ses convictions (« Ne rien faire, c’est y être pour quelque chose. ») et de détourner un avion : « Alors elle s’est décidée. C’était soit mourir de ne rien faire, soit risquer de mourir en essayant. Ça valait le coup. ». L’État et sa violence ne transigent pas, ne négocient pas, elle sera abattue froidement et présentée comme folle : « Elle détourne un avion, donc elle est folle. Elle est folle donc je tue. ». Un retour en arrière passionnant dans les années 70 plus violent que ce que l’on veut bien laisser entendre aujourd’hui, portrait d’une femme différente qui place la fraternité au-dessus de tout, une femme engagée dans un milieu bien pensant que rien ne destinait à devenir terroriste, des débats (ici dans les milieux politique et culturel) toujours d’actualité même si la Palestine est en train de disparaître dans l’indifférence générale.
« La paix n'existe pas. La paix, c'est la mort qui reprend son souffle. »
Fiche #3414
Thème(s) : Littérature française
Salwa a deux héroïnes : sa mère et Emma (qu’elle aurait dû présenter au bac). A l’occasion d’une question anodine lors d’une consultation médicale, elle s’aperçoit qu’elle ne connaît pas grand-chose de ses antécédents et donc de sa mère. Une mère venue en France grâce au regroupement familial, exil imposé, pour se retrouver cloîtrée dans une cuisine. « Mollusque » soumis, dans le silence, à son mari, à ses enfants, à la société. Au contraire, les enfants volent vers la liberté et l’indépendance, s’émancipent, parlent la langue du pays d’accueil, tandis que la mère reste silencieuse, immobile, invisible. Alors accompagnée par Emma, par ses amours, Salwa va au-delà des silences et des non-dits pour connaître sa mère, son corps, sa santé, ses maladies, son exil et ses conséquences, pour enfin se rencontrer et créer un vrai lien. Un texte à la construction originale qui explore avec précision et tendresse la relation mère-fille, le déracinement, les conséquences de l’exil sur la santé mentale des femmes, l’âpreté et les réussites de l’émancipation.
« … la maladie mentale pouvait être une réponse à l’oppression, un cri de l’âme face à l’histoire. »
« Nous n’avons pas su les voir ni les entendre, nos mères. On nous a raconté qu’elles étaient des soumises, bébêtes, analphabètes, en retrait. J’ai cru naïvement que j’étais la liberté, la transgression, la rupture d’avec les modèles traditionnels. »
Fiche #3413
Thème(s) : Littérature française
Un petit documentaire qui se lit verticalement pour mieux suivre le petit fleuve dans ses aventures et ses multiples rencontres. Le petit lecteur découvre le cours du fleuve, les animaux qui y habitent, qui le traversent, les journées qui s'écoulent... Une belle découverte.
Fiche #3410
Thème(s) : Jeunesse
Un doc pour que les petits explorateurs découvrent la dure vie des bousiers : et ils poussaient, et ils poussaient, et ils poussaient... Heureusement ils obtiennent parfois de l'aide et rencontrent l'amour !
Fiche #3411
Thème(s) : Jeunesse
Tan vit sur une île, après une tempête inattendue, il rencontre au détour d'un chemin Lia qui l'invite à venir se protéger chez elle. Le début d'une grande amitié, d'émotions et de nouveaux sentiments. Une superbe BD d'une grande douceur (comme les couleurs) et tendresse.
Fiche #3412
Thème(s) : Jeunesse Bandes dessinées
Loïc, trente et un ans, ingénieur en informatique, mène une vie tranquille, réglée, sans surprises ni émotions, depuis longtemps : « Quand on est enfant on peut s'en sortir si on ne fait pas d'histoires et avec un bon relevé scolaire. J'étais comme ça. ». Toujours avec ses parents et sa sœur. Des routines bien rodées : les informations, les documentaires, les draps changés le dimanche... Malgré les pressions appuyées, il reste seul. Un jour, suite à la proposition d'un ami, il se lance dans la rédaction d'un journal intime, truc de cassos selon sa sœur. Il va tout consigner, les événements du monde qui le touchent, sa difficulté de rapport aux autres, son travail et ses collègues, ses efforts souvent maladroits, ses sentiments face à ses parents et à sa sœur, son ressenti devant sa vie (« Il me semble que dans l'ensemble j'ai bien joué le jeu. »), sa façon de faire ce qu'on attend de lui, ni plus ni moins. Un style percutant fait de phrases courtes qui à travers le portrait de Loïc dresse celui de notre société.
Premier roman
Fiche #3409
Thème(s) : Littérature étrangère
Elles se sont retrouvées enfermées dans cette école de préservation pour pas grand chose, pour rien : un modeste larcin, une envie d’indépendance, un vagabondage de quelques instants, parce qu’elles sont jeunes filles ou femmes, Claudine, Monelle, Berthe ou les autres, de 11 à 21 ans. Une dénonciation d’un père, d’un frère, d’un voisin, d’un homme. Il va falloir qu’elles baissent la tête, qu’elles acquiescent, à tout, aux ordres, aux injonctions les plus folles. Devenir invisible, absente d’elle-même. Elles sont niées, effacées, leurs corps, leurs envies, leur volonté, leur parole. Elles se retrouvent dans le noir sans connaître l’issue. Alors un jour, elles se lèvent, brisent les barreaux, et courent vers la liberté, s’échapper vers la lumière, quelques heures de respiration, le temps d’un rêve, le temps d’un espoir. En revenant sur une insurrection historique (1934) dans l’école de préservation de Clermont, Perrine Le Querrec et sa poésie continuent d’explorer avec puissance et brio les violences faites aux femmes.
Ecouter la lecture de la première page de "Mutines"Fiche #3408
Thème(s) : Littérature française
Olivia et Hector sont joyeux, aujourd'hui, ils prennent le train, ils partent avec leur maman. Ils ont oublié que leur maman est une véritable tête-en-l'air ! Tout va se compliquer et les rires du petit lecteur les accompagneront jusqu'au départ du train !
Fiche #3405
Thème(s) : Jeunesse
Une bête rode. Chaque nuit, elle prélève une poule chez l'homme. Alors l'homme est en colère. Il hait la bête et se met en chasse. Il va lui donner une bonne leçon à cette bête sauvage. Définitive et radicale. Pourtant, à l'instant crucial, l'homme va se retrouver face à la bête et à un dilemme existentiel... comme peut-être chacun de nous un jour. Quel choix fera-t-il ? Quel choix ferons-nous ? Un superbe album aux belles illustrations (assez noires) qui nous rappelle efficacement que l'homme et la nature partagent le même espace, le même monde et que nous devons nécessairement coexister quoiqu'il en coûte, la disparition de l'un entrainerait la disparition de l'autre.
Fiche #3406
Thème(s) : Jeunesse
Il était une fois une hyène et un lièvre qui partageaient une partie de pêche propice à la discussion. Ils en arrivèrent à la question cruciale « Quelle est la chose la plus douloureuse du monde ? ». Après moult propositions de la hyène rejetées par le lièvre, ce dernier exposa sa certitude : c'est le mensonge. Comme la hyène en rigola, le lièvre lui promit de le lui prouver. Exceptionnelles illustrations pour une adaptation réussie d'un conte ivoirien.
Fiche #3407
Thème(s) : Jeunesse
Traduction :
Laurence Guillas
Le narrateur, architecte, la quarantaine, arrive des États-Unis, pour vendre l’appartement parisien de son père, seul bien qu'il lui laisse. Mais lui a-t-il déjà donné autre chose ? Ce retour est prétexte à revenir sur son enfance, de 5 ans à 15 ans, sans sa mère suicidée, avec les compagnes de son père. L’enfance d’un invisible, jamais aimé, jamais écouté, sans attention, pas de place pour lui. Une triste enfance sans joie, sans rien, toujours angoissé. La mort de ce soi-disant père n’efface rien. Comment se construire sans lien, sans amour ? Comment construire une famille avec Becca, être père ? Un texte sensible et émouvant (et paradoxalement doux) au cœur des émotions d’une enfance d’une infinie tristesse.
« ... je n’arrive pas à lier ces deux noms, enfance et bonheur, même pas en imagination. »
« Le silence n’est pas une voie passive. C’est un chaudron. »
« Les miroirs et la paternité sont abominables car ils multiplient le nombre des hommes. »
Fiche #3403
Thème(s) : Littérature française
Marie-Rose, une bergère si rebelle qu’on la surnomme parfois Rosa Luxemburg, deux personnages marquants pour Marlyne Desbiolles qui l’incitent à passer une annonce « Ecrivaine cherche des personnes se prénommant Rose pour l’écriture d’un roman… » Naîtra un bouquet de sept roses, des Rose souvent en souffrance et en retrait, le récit qui parfois semble un conte passe de l’une à l’autre, sans chronologie. De la pauvreté, de la violence, de la tristesse mais aussi de la joie et de la gaieté. Le superbe style s’adapte aux situations, aux personnages. Sept Rose modestes, sept femmes du peuple, anonymes, différentes et pourtant si emblématiques.
« Est-ce qu’on ne fait pas un peu semblant, toujours ? »
« La vie est-elle un récit vraisemblable ? »
Fiche #3404
Thème(s) : Littérature française
Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde
Le Tripode
68 | 176 pages | 19-02-2026 | 19€
C’est l’histoire extraordinaire de la plus célèbre actrice française (et parisienne) qui va s’apercevoir que, parfois, souvent, la réalité dépasse la fiction. Un matin, après le réveil, le regard des autres a changé. Habituée aux regards d’admiration, aux sollicitudes et autres révérences, elle semble avoir tout perdu ! Personne ne lui prête attention et semble-t-il ne la reconnaît. Ego secoué, inquiétude, panique. Un regard dans un miroir et stupéfaction, elle ne se reconnaît pas ! Elle a le visage d’un homme et quel homme ! Après quelques recherches, il s’agit de l’anonyme Jean-Philippe Guénot, célèbre technicien chez Stores Solutions à Chagny en Bourgogne. Et étonnamment, Jeanfi vit l’expérience symétrique à Chagny ! Il a le visage de l’actrice et donc il est reconnu à chaque coin de rue et par ses amis. Deux vies bouleversées, comment sortir de ce traquenard, comment continuer à vivre et assurer le quotidien de chacun sans se connaître, elle ne connaît rien aux stores, il n’appartient pas au mode des paillettes… Se laisseront-ils emporter dans une spirale infernale ou pourront-ils retrouver leur vie d’antan ? Comme d’habitude avec Stéphane Carlier, un nouveau roman réjouissant.
Ecouter la lecture de la première page de "Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde"Fiche #3402
Thème(s) : Littérature française
Les évènements tragiques engendrent des bouleversements dans les vies de chacun mais aussi parfois provoquent des rencontres et créent des liens puissants. Une relation se construit parfois ainsi. La chaleur est étouffante, les vents soufflent, la tempête dévastatrice arrive avec une déferlante de pluie, d’eau et de vents. Au milieu de ce cataclysme, trois destins vont s’unir, se réunir : Bo un gamin qui fait tout pour protéger sa mère malade, Alma une jeune femme déracinée qui a fui un mariage forcé, Isaac un homme bourru hanté par ses démons. Trois êtres cabossés par la vie accompagnés par leurs démons, leurs douleurs qui vont apprendre à se connaître, s’entraider, se protéger, se dévoiler progressivement pour trouver un apaisement salvateur. Un monde s’effondre et pourtant ce trio par ce nouveau lien, cette rencontre, va se sauver, se reconstruire. Un premier roman optimiste abouti et puissant au style affirmé (chaque personnage a le sien), Eléa Martini sait faire naître les images, nous faire entendre les sons, son trio vous habitera longtemps.
Premier roman
Fiche #3400
Thème(s) : Littérature française
Tullio FORGIARINI
La ballade de Lucienne Jourdain
La Contre Allée
66 | 80 pages | 16-02-2026 | 15€
en stockLucienne, 65 ans, vient d’être opérée du cœur, sa vieille valvule a été remplacée par une neuve et le cochon donateur engraissé pour ça a certainement quelque chose à voir avec la suite de sa vie, de ses aventures… « Moi, je restais à ma place, discrète et je faisais ce qu’on me disait de faire. » et bien, deux ans après, c’est terminé. Lucienne Jourdain, 67 ans, a décidé de prendre en main sa vie, son destin. Faire ce qu’elle a envie, sans restriction, avec joie, sans se questionner, sans obéir, à son mari, au qu’en dira-t-on, aux diktats de la société, aux habitudes… D’abord passer son permis de conduire, puis prendre la route (sans Thelma ni Louise mais avec Virginie) vers la ville lumière. Un monologue rythmé et jouissif pour une épopée libératrice débordant d’humour. Jubilatoire et loufoque, lecture obligatoire en ces temps moroses.
Ecouter la lecture de la première page de "La ballade de Lucienne Jourdain"Fiche #3401
Thème(s) : Littérature française
Kristin OMARSDOTTIR
Les enfants de la forêt aux rennes
Zulma
65 | 251 pages | 12-02-2026 | 21.5€
en stockLa ferme des Enfants de la Forêt aux rennes est un lieu à part. Les adultes qui y vivent sont tous singuliers, les enfants aussi et parmi eux, Billie, une jeune fille qui observe le monde qui l’entoure avec une œil attentif. Lieu paisible, havre de paix jusqu'à l’arrivée des soldats qui bouleversera tout. Il ne restera rapidement que Rafael et Billie. Or Rafael ne veut plus faire la guerre, ne veut plus être soldat et il est prêt à tout pour ça. Billie et Rafael vont apprendre à se connaître, s’apprivoiser, « Chacun doit suivre les méandres de son propre chemin. ». La guerre continue derrière les collines et ses éclaireurs continuent de passer à la ferme, dérangeant Billie et Rafael dans leur « idylle ». Une petite fille particulièrement mature et un meurtrier fragile, une relation et des personnages troublants qui soulignent les absurdités de la guerre d’une manière détournée, tendre et douce et surtout tellement ironique.
« La vie est une occasion en or pour quiconque vient au monde. »
Fiche #3399
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Jean-Christophe Salaün
Deux hommes sous la chaleur torride de Rome. Trois personnages donc dont deux bâtisseurs. Marco, l’écrivain. Giuseppe, l’architecte. L’écrivain a été chauffeur de taxi, cet homme engagé a publié un premier livre et tente d’en écrire un deuxième. Une rumeur les rattrape : une île accueillerait des réfugiés venus vivre leur rêve en Europe avec un Abri en construction. Les rumeurs, les infos, les avis, les rencontres s’égrainent tout en visitant Rome, sa chaleur et ses odeurs. Le drame les percute. Comment ces deux hommes vont-ils réagir face aux destins des migrants ? Quels engagements vont-ils poursuivre avec quels impacts sur leur vie ? Sur leur métier ? « Un abri pour Lampedusa » se situe donc du côté de l’Europe qui accueille ou pas des exilés venus simplement vivre leur vie et montre sans aucun jugement les tentatives d’engagement (Marco cohérent avec ses engagements et convictions montrera une implication totale) et de désengagement, les sentiments multiples, les peurs, les envies, les renonciations, les contradictions… de Giuseppe, de Marco, de nous.
Premier roman
Fiche #3398
Thème(s) : Littérature française
Farkass : un prénom qui frappe, qui rebondit, qui résonne. Comme les pas de la lycéenne lorsqu'elle court sur la piste. Farkass est en effet douée et son prof de sport l'a vite repérée. Il lui propose de le suivre dans son club et courir devient une passion, un espoir. Se surpasser, ne plus penser, se vider, s'évader, gagner. Farkass vit dans une cité délaissée, seule avec sa mère, dans la difficulté. Alors, Farkass a une autre activité, pour vivre, pour aider sa mère : elle vend comme beaucoup dans la cité de la drogue, de la cocaïne, et au cœur du trafic, elle est également très douée. Elle monte rapidement dans la hiérachie et se confronte aux risques les plus terribles. Pourra-t-elle concilier les deux activités ? La course la sauvera-t-elle ou la drogue la perdra-t-elle ? Saura-t-elle choisir ? Pourra-t-elle choisir ? Saura-t-elle tourner le dos à un destin annoncé ? Immersion totale (et réussie) dans le quotidien d'une ado de cité dont la vie sera dictée par deux passions, deux addictions, pour le meilleur et le pire. Un roman qui vient compléter avec brio le texte de Mathieu Palain.
Ecouter la lecture de la première page de "Trace"Fiche #3397
Thème(s) : Littérature française
Superbe adaptation du roman de Sandrine Collette. Un volcan en disparaissant a engendré une immense vague qui a déferlé sur le monde, et il n'en reste pas grand chose. Quelques survivants notamment une famille, isolée sur une petite colline. Ils continuent de voir l'eau monter. La nourriture devient rare alors il faut partir, rejoindre les Hautes Terres pour être à l'abri et peut-être trouver de l'aide. Une barque a été épargnée mais tous ne pourront y prendre place lors de ce voyage périlleux. En effet, ils sont onze pour huit places. Reste à décider qui parmi les enfants partira et qui restera en leur assurant qu'ils reviendront les chercher ? Terrifiante décision. Et ensuite ? Comment ceux partis vont-ils pouvoir vivre, comment ceux restés pourront-ils survivre ?
Fiche #3395
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Yannick HATTON
A la recherche du vent perdu
Komics Initiative
61 | 145 pages | 23-01-2026 | 25€
en stockMarcel est de retour à Combray-sur-Mer, au pays où le vent avait disparu. Les médecins sont formels, il est malade et il ne lui reste que peu de temps. Mais Marcel trouve une madeleine (...) qui lui ouvre les portes de son enfance. Il s'y plonge avec tendresse et mélancolie avec à la main, la boite qui lui permettra d'enfermer le vent. Mais le vent ne s'attrape pas... Le vent décide, décide de nous accompagner ou pas, de faire chanter nos cœurs... Exceptionnel roman graphique qui, par ses dessins, ses couleurs, et son atmosphère nous enveloppe de douceur.
Fiche #3396
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Les gréveuses donne voix, corps, visages à des invisibles, ici, des femmes dont Rita, femmes de chambre dans un hôtel parisien de six cents chambres. Elles sont employées par un sous-traitant, ceux qui dirigent, elles ne les verront jamais, le pouvoir reste aussi invisible mais lui, est puissant et pesant. Sous-payées, méprisées, des temps partiels payés à la tâche, des heures sup non payées, des violences et paroles sexistes et un travail qui casse les corps, qui les martyrise. Des femmes pauvres souvent seules mais qui, dans ce travail, trouvent des collègues attentionnées, et au-delà de leurs différences (culturelle, religieuse, langue) un collectif solidaire se crée. Un acte de violence de trop les entraîne sur le chemin de la résistance, de la grève et de la lutte. Elles se retrouvent face à ceux qui ont le pouvoir, qui maîtrise la parole, rapport inégal mais ce chemin de lutte, de partage est déjà une victoire que personne ne pourra leur enlever.
Premier roman
Fiche #3394
Thème(s) : Littérature française
Adrien DEMONT
Train de nuit dans la voie lactée
Morgen
59 | 175 pages | 21-01-2026 | 27.9€
en stockGiovanni est un petit gars guère heureux à l'école. Souffre douleur, il est moqué, harcelé. Seul son ami Campannella vient à sa rescousse. Alors qu'il s'est isolé sur une colline, un train venu du cosmos le réveille. Sans trop savoir pourquoi et où cela va le mener, il monte dans le train accompagné de Campannella et les voilà partis pour un voyage à travers le cosmos. Et comme tout voyage, il interroge Giovanni (mais aussi le lecteur) notamment sur l'amitié, sur le deuil, sur l'histoire (tragique) du Japon... Une BD singulière par son dessin, ses couleurs et l'atmosphère qui crée un moment poétique à part au cours de sa lecture. D'après le roman de Kenji Miyazawa.
Fiche #3392
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Adelina, fille d'immigrés italiens, est née à Zurich dans les années 50. Dès son enfance, elle se confronte à la pauvreté et lorsqu'à dix-huit ans, son père meurt, le gouffre de la pauvreté se creuse : elle hérite de ses dettes. Pourtant douée, elle est contrainte d'abandonner son apprentissage et entre en usine. Elle y rencontre l'amour de sa vie, un bel italien, Toto. Un début de vie commune, une petite fille, Emma, et Toto repart au pays. La descente en enfer continue. Entre le propriétaire de son appartement qui voudrait bien la posséder elle aussi et un riche amoureux, il va falloir choisir le moindre mal. Emil est riche, attentionné, aimant, mais Adelina ne ressent rien pour lui. Adelina ne lui promet rien, espère toujours trouver sa place, gagner son indépendance et sa liberté mais notre société n'est guère indulgente avec les « invisibles »... Portrait de la pauvreté, portrait d'une femme combattante broyée par la société libérale et qui peinera toujours à profiter des quelques miettes de bonheur éparpillées sur son chemin. Il vous sera impossible d'oublier la forte et fragile Adelina !
Ecouter la lecture de la première page de "Les miettes"Fiche #3393
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Camille Luscher
Vivre est dangereux pour la santé mais rire est conseillé ! Un joli concentré d'humoir noir, d'ironie de nos quotidiens, du 1er jour au dernier.
Fiche #3391
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Edouard Bonnefoy entre aux Baumettes en 1988. Il ne les quittera plus. Cinq incarcérations suivront en effet : « ... quand tu entres à trente-cinq ans pour la cinquième fois, il n’y a plus rien. Plus de surprise, aucune appréhension. L’odeur tu la connais déjà. Le bruit aussi... comme si tu rentrais à la maison. ». Jusqu’en 2006 où il décide que c’est terminé. C’est en prison qu’il rencontre Hervé venu aider les prisonniers. Ils dialoguent et confrontent leur vision, de la prison, des prisonniers et de leur quotidien, du monde d’hier et d’aujourd’hui, des hommes. Après ce dernier séjour, Edouard renoue avec sa famille. Sa mère et sa sœur ne l’ont jamais abandonné contrairement à son frère (son rival) et son père qu’il espère reconquérir. Il a accepté ses condamnations se sachant coupable mais il ne savait pas qu’on ne sort jamais de prison, « redevenir un homme lambda, parfois ça n’arrive jamais. » et « la prison ne l’a pas apaisé. La prison ne guérit pas. ». Un portrait prenant d’un homme aux idées bien arrêtées souvent dérangeantes que la prison a enfermé, définitivement : il restera toujours pour tous un taulard ou un ex-taulard.
« Elle est où l’illégalité dans un monde qui n’est pas juste ? »
Fiche #3388
Thème(s) : Littérature française
Une omelette d'inocybes de Patouillard et Violette, vieille dame acariâtre de quatre-vingt ans, grande lectrice à la vie triste, passe de vie à trépas. Etrange pour une campagnarde ayant parcouru les forêts de longue date. Alors évidemment, le doute naît alors une seule question : accident ou meurtre ? Bertille, son aide à domicile, attire l’attention. Quelques faits étranges et elle clame mollement son innocence et n'apporte aucune réponse convaincante. Tout l’accuse. Même ses quelques mots se retournent contre elle. Les experts, les témoins, les faits, tous et tout l’accablent. Les apparences sont parfois trompeuses mais le procès semble perdu d’avance. Cent cinquante pages (trois parties, la présentation de Violette, le procès puis le témoignage de Violette) qui se lisent d’une traite, humour noir garanti, au cœur d’une vengeance débordant d’amertume et de rancœur ayant mis quelques décennies à mûrir et le fruit est acide, méchant, très méchant... entre conte noir et chronique judiciaire, un roman percutant sur la frustration de ne pas avoir vécu la vie qu’on espérait, sur les rancœurs qui grandissent jour après jour, sur la cruauté et la justice des hommes.
Ecouter la lecture de la première page de "Méchante"Fiche #3389
Thème(s) : Littérature française
Un bel album joyeux, tendre et drôle avec un chat attachant tout en rondeur et douceur pour convaincre les petits de laisser parler leurs émotions et de les partager pour ensuite mieux se connaître.
Fiche #3390
Thème(s) : Jeunesse
Traduction : Marie Ollier
A une époque et un lieu indéterminés , les femmes de la campagne fournissent à un commerce obscur leur corps et leur lait. Elles délaissent leurs enfants pour fournir leur lait aux enfants de riches. Elles partent vers Paris ou vont y chercher un nourrisson à nourrir. Sylvaine accueille la petite Gladie alors qu’elle trouve en forêt un bébé avec trois carnets à ses côtés. Lorsque Gladie décède, Sylvaine choisit de la remplacer par l’enfant de lune. Derrière ces destinées particulières, la marchandisation du corps des femmes au coeur d’une véritable industrie gérée par les meneurs sans aucun respect ou attention pour les femmes comme les bébés. Le lait est leur or, le reste sans intérêt. Les femmes partagent leur destin souvent tragique avec une immense solidarité face à la violence des hommes et peuvent compter sur la vieille Margot qui sait les soigner, leur éviter les grossesses non désirées notamment celles issues de viols. Le thème des nourrices a déjà été abordé dans les romans, mais dans son premier roman sensuel et émouvant, Séverine Cressan offre un angle inédit avec une construction renforçant la tension en nous plongeant au cœur d’un trafic infâme évidemment géré par les hommes et de l’intimité des femmes le subissant.
Premier roman
« ... Sylvaine mesure le pouvoir de la parole qui fait exister ce qui n’est pas, par le simple fait de le nommer. »
« Rares sont les humains qui osent ce regarder tels qu’ils sont. Encore plus rares sont ceux qui osent se montrer aux autres dans leur vérité nue. »
Fiche #3387
Thème(s) : Littérature française
James, comme sa famille, est la propriété de Miss Watson. James est esclave. James a plusieurs facettes. Devant Miss Watson et les blancs, il est ce noir, ce nègre, naïf, sans intelligence, à la diction marqué… Derrière cette façade, « On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu'ils veulent. », c’est un homme cultivé sachant lire et écrire, intelligent, vif, attentionné... Peu de temps avant la guerre de sécession, Jim accompagné de Huck fuit et espère atteindre le nord un état plus clément pour les esclaves. Un esclave pourchassé sur la route de sa liberté qui prend en main son destin au-delà de la ségrégation et du racisme. Brillant pied de nez aux aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain. Du grand art au cœur d’un drame suscitant émotion et réflexion.
Ecouter la lecture de la première page de "James"Fiche #3382
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Anne-Laure Tissut
C’est l’histoire d’une mutation où comment Sharo deviendra La suédoise. Sharo est une romaine, guère joyeuse, tant son quotidien est pesant. Elle enchaîne les petits boulots avec des patrons à la main baladeuse et toujours dans des emplois précaires. A la maison, elle doit s’occuper de sa mère invalide. Son petit ami, un jour, la charge d’une livraison singulière et dangereuse. Et elle, qui exècre le trafic de drogues, se retrouve malgré elle, plongée dans ce monde où mafia et narcotrafiquants nagent allègrement, sans foi ni loi. Etonnamment, Sharo y trouve sa place et devient donc La suédoise mais pourra-t-elle survivre au milieu de cette violence sans limite ?
Ecouter la lecture de la première page de "La suédoise"Fiche #3383
Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir
Traduction : Anne Echenoz
Dans une ville moyenne, encore au lycée, Djen et Blaise sont déjà en couple. Un amour fou, partagé alors que la nouvelle est tombée, bouleversante, émouvante : un bébé arrive. Ils rêvaient d’un avenir à deux, ils seront trois. Ils sont jeunes et pauvres et l’argent ne fait pas partie de leur avenir. Alors, naturellement, quand le meilleur ami de Blaise, lui propose un coup, un seul, one shot, qui leur rapportera chacun 50000 euros, malgré le danger et le risque, il y a de quoi réfléchir… Un portrait attachant au cœur de la France contemporaine de deux jeunes (et quelques autres) dont le seul espoir, rêve et la seule envie est d'abandonner la survie et de vivre.
Ecouter la lecture de la première page de "Sicario bébé"Fiche #3384
Thème(s) : Littérature française
Arnaud vit en montagne, vit pour la montagne et les montagnards expérimentés ou non. Arnaud est secouriste de haute montagne. Arnaud a de l’expérience, le gars fiable, franc, direct, qui dit les choses. A la maison avec sa femme et ses enfants, au boulot avec ses collègues. Aguerri aux situations les plus dangereuses, avancer et sauver sont ses paradigmes. Jusqu’à sa rencontre avec Eric ou plutôt Frédéric. Accompagné de sa jeune collègue Renée, une triste rencontre au fond d’une crevasse. Un sauvetage périlleux qui tourne mal, les deux sauveteurs échappent de peu à la mort mais laisse Frédéric gelé, mort au cœur du glacier. Vécu comme un abandon, un puissant échec, Arnaud ne peut oublier Frédéric. Ce revers ne passe pas. La culpabilité le ronge et récupérer le plus rapidement possible le corps devient son obsession. Ce sauvetage raté ébranle le sauveteur expérimenté mais aussi l’homme dans toute son intimité, au sein de son couple, de sa place dans le monde et dans son couple. Un roman tendu et émouvant que l’on lit d’une traite au cœur d’un métier au quotidien singulier, aux descriptions réalistes et précises, et surtout portrait d’un homme, sorte de roc puissant, à qui un drame révèlera ses failles et fera vaciller.
Ecouter la lecture de la première page de "Regarde-moi tomber, mon amour"Fiche #3385
Thème(s) : Littérature française
Par le biais de l’histoire du Kid, Eric Vuillard revient sur les fondements de l’Amérique où comment un pays et l’économie libérale puisent leurs racines dans la violence et les inégalités extrêmes. Billy, orphelin, dix-sept ans (« Le mot desperado est une dégradation du mot espagnol desesperado, qui signifie désespéré ») rejoint des gamins qui lui ressemblent : des gamins perdus, rejetés, qui n’ont rien et qui ont faim. Le vol devient la règle (« D’ailleurs, ne faut-il pas les voler pour vraiment savoir ce que sont les choses ? ») et la recherche de leur liberté passe par la violence. Face à eux, d’autres devant une façade respectable font preuve de violences d’un autre type mais acceptée et de cynisme, prêts à tout jusqu'à l’extermination des autochtones, pour profiter et faire fortune. « Les Etats-Unis ne sont décidément pas une nation comme les autres, mais une colonie établie à la va-vite sur des marécages », toujours aussi efficace, perspicace, percutant, éclairant et puissant Eric Vuillard !
Ecouter la lecture de la première page de "Les orphelins"Fiche #3386
Thème(s) : Littérature française
Benjamin ATANIAN
JUDY
Avez-vous vu le petit chaperon rouge ?
Grenouille
47 | 10-11-2025 | 13.9€
en stockC'est l'hiver et le loup est affamé. Il a aperçu le petit chaperon rouge mais l'a perdu de vue. Il espère que les autres animaux de la forêt vont lui venir en aide. Il part les interroger et chacun va lui répondre. Mais avec sa propre vision et ses caractéristiques et chacun voit en effet un petit chaperon différent... des visions qui ne vont guère aider le loup. Jusqu'à sa dernière rencontre, le père noël : mais sans lunette, le père noël a une vision légèrement insolite... Un album instructif et drôle avec un ultime joli pied de nez ou plutôt pied d'oeil !
Fiche #3377
Thème(s) : Jeunesse
2010, premier voyage aux îles Kerguelen et l'album Voyage aux Îles de la Désolation. 2022, nouveau voyage, nouvel album. Un nouveau cadre, une nouvelle équipe, d'autres buts scientifiques. Mais toujours les mêmes interrogations, la même introspection, notre place sur terre, notre impact, notre connaissance de nous-même, l'intérêt de voyager, l'intérêt du savoir... Et toujours les dessins et les couleurs exceptionnels d'Emmanuel Lepage. Un moment rare de lecture.
Fiche #3378
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Etienne Davodeau vit avec Françoise depuis longtemps et a réussi à la convaincre de l'intérêt de dévoiler son quotidien professionnel. Françoise est une aidante, une accompagnatrice. Elle accompagne chaque jour des personnes touchées par des pathologies neuro-dégénératives, maladie d'Alzheimer ou autres, qui peuvent toucher des femmes et hommes plus ou moins âgés. Une BD qui prend son temps pour nous faire partager les journées de ces femmes et hommes et de Florence qui a su développer à partir de sa propre expérience ses méthodes débordantes d'humanité et d'attention, dans les gestes, dans les mots, dans les regards, dans les silences... Rapport au temps, à la vieillesse, à la maladie, à l'autre, comme d'habitude avec douceur et tendresse, Etienne Davodeau nous touche, nous émeut et nous change.
Fiche #3379
Thème(s) : Adulte Bandes dessinées
Un superbe album sur l'amitié entre un cheval et une petite fille. Séparations, retrouvailles, le temps qui passe réserve parfois de belles surprises.
Fiche #3380
Thème(s) : Jeunesse
Traduction :
Laurent Bayer
Un livre qui fait vraiment peur, aux petits lecteurs comme aux grands. Pour en profiter, il va falloir devenir acteur, le jouer, mettre le ton, crier, éteindre la lumière... Attention danger !
Fiche #3381
Thème(s) : Jeunesse
Une histoire d'amour entre un enfant et un arbre, entre un arbre et un enfant, les deux versions nous étant généreusement offertes. Et quel cadeau ! Portraits de vie, bijou de tendresse, de douceur, d'émotion, d'attention, de respect, de partage avec des illustrations à la hauteur du texte. Encore un livre qui ne quittera plus les étagères de Vaux Livres !
Fiche #3376
Thème(s) : Jeunesse
Calamity Jane, un homme comme les autres
Au Diable Vauvert
41 | 164 pages | 19-10-2025 | 19€
Calamity Jane est devenue une légende, une légende qui a fait d’elle un homme, dans son corps, dans ses actes. Martha Jane Cannary est cette femme et Justine Niogret a choisi dans ce roman de faire place à la femme qu’elle était, à sa sensibilité, à ses souffrances, à ses tourments, à ses fragilités. Un homme pas comme les autres, étrange, Khamsa VéNazar, qui la connaît parfaitement, la révèlera à elle-même et lui dévoilera le chemin pour trouver la paix et peut-être s’accepter.
Ecouter la lecture de la première page de "Calamity Jane, un homme comme les autres"Fiche #3374
Thème(s) : Littérature française
Ethel Eden a une passion, une passion dévorante, enfermante : le piano. Elle excelle. Sa vie n’est que piano. Tout tourne autour de lui. Exister, c’est jouer. Jouer, c’est exister. Rien n’existe en dehors de la musique et de son piano. Pierre, son homme à tout faire, son manager, totalement dévoué, hyper-protecteur, s’occupe de tout organiser, de tout diriger aussi, des petits tracas de la vie et du reste. Jusqu’à cette répétition ratée, et l’édifice s’écroule, doutes et envies d’ailleurs, d’autre chose, d’une autre vie, d’un autre rapport au temps… Un portrait réaliste d’une diva enfermée dans son art que la vie rattrape.
Ecouter la lecture de la première page de "Ethel Aden"Fiche #3375
Thème(s) : Littérature française
Depuis l’Islande, Ester, avant de mourir, demande à sa fille Sarah de partir à la recherche d’Elora en Albanie. Qui est Elora ? Pourquoi l’Albanie ? Sarah part donc à la rencontre d’un pays, d’une culture où la loi du sang et de la vengeance (qui traverse les générations) continuent de régner, où les légendes et les contes, les mots et la poésie (voire la littérature française) font partie du quotidien, à la rencontre d’une dictature féroce où les femmes (« les invisibles… propriété de la famille… ») malgré leur résistance n’ont guère d’espace de liberté, de coutumes singulières mais aussi sur les traces des secrets de famille. Ester écoacousticienne découvrira aussi les sons et sonorités albanaises ainsi que sa nature, la montagne et le métier de berger et surtout démêlera les fils de ses origines. Un roman prenant, d’une grande ampleur, d’un souffle exceptionnel pour un voyage totalement dépaysant avec des personnages attachants d'une grande densité.
« La seule façon de tenir face à tant d’absurdité est d’en rire. »
« Les mots ont un pouvoir que les hommes n’ont pas : ils résistent… Ils survivent à ceux qui les ont écrits pour transformer l’existence de ceux qui les liront demain. »
« Seules les femmes ont le pouvoir de tromper le diable. »
Fiche #3373
Thème(s) : Littérature française
Le Jura, ses montagnes, ses forêts, sa nature. Et ses familles, depuis toujours ici. Mais c’est la fin des années des 70, certains veulent s’installer, des anciens citadins quittant la ville, cherchant un autre mode de vie, une autre vie. Isabelle et Tony (ou plutôt Isabelle…) ont acheté une maison. Tony a l’accent étrange et Isabelle une balafre qui traverse le visage. Il semble bien s’acclimater alors qu’Isabelle paraît plus craintive. Ils s’installent à côté des Satin, une vraie famille de paysans habitués à travailler dur. Pourtant un des fils est en prison alors que le second exploite les terres et les bois et est désigné comme celui qui prendra la suite avec sa femme. Le père Satin observe avec curiosité ces hippies, leur nonchalance et leurs différences. Il ne le sait pas, mais l’équilibre vient d’être rompu et la tension va croître et l’inéluctable se produira (« … pourquoi certains attirent toujours le malheur ? »). Personne ne s’en remettra. Un roman noir dans toute sa splendeur avec une palette de personnages dense et le portrait d’une région en pleine mutation.
Ecouter la lecture de la première page de "Lapiaz"Fiche #3372
Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller/Noir
Perrine Baron vous dit tout sur la mort ou plutôt ce qui la suit avec comme point de départ, évidemment un thanatopracteur aux gestes précis et à l’esthétique affirmée. Puis le monologue (souvent érudit) oscille entre divers registres, anecdotes, histoire, anthropologie, références littéraires, cinématographiques… Le ton est vif, décalé, vivant, et surtout déborde d’humour, lui aussi, sur plusieurs registres et notamment un humour noir dévastateur.
Ecouter la lecture de la première page de "On ne badine pas avec la mort"Fiche #3371
Thème(s) : Littérature française
Elisabeth Dubreuil fera le chemin inverse de sa grand-mère Florette exilée aux Etats-Unis, à la Nouvelle Orléans avec l’homme qui l’avait affranchie. Elisabeth pour fuir la violence des hommes reviendra en effet en Haïti. Yanick Lahens en dressant le portrait de femmes haïtiennes (ses ancêtres) nous parle de l’histoire d’Haïti et donc de violence. Violence des hommes envers les femmes, violence des moins pauvres envers les pauvres, violence des Blancs, violence, violence, l’homme est capable de tout, sans limite… Face à ces violences, ces femmes vont se dresser, résister, dans le silence, avec discrétion mais force, ténacité et volonté. Malgré l’oppression, elles prendront en main leurs vies, leurs destins, pour ne plus jamais dépendre de quiconque et dégager des espaces de liberté. Superbe hommage (servi par une superbe écriture) à ces femmes, passagère de nuit, qui avancent, toujours, et suscitent un espoir dans ce chaos qui dure depuis trop longtemps à Haïti.
« Parce que le maître est persuadé que tu ne sais rien, que tu n’es rien. Alors tu le laisses à sa foi trompeuse. Cette foi fait ton affaire. Son ignorance est ta force. »
« Tu répondras toujours oui… même quand tu penses non. Contrairement au non qui t’oblige à t’expliquer, te mettre à découvert, le oui ne t’expose pas, ne t’engage pas. »
Fiche #3370
Thème(s) : Littérature étrangère
Xavier CHAPUIS
L'histoire de la littérature
Editions Do
35 | 165 pages | 30-08-2025 | 18€
en stockOn pourrait s’attendre en ouvrant l’histoire de la littérature à un récit lourd de connaissances, pesant, érudit, rasant, lent, long, étouffant… que nenni, celle de Xavier Chapuis est à l’opposé même si le style reste travaillé. Elle est rythmée, drôle, ironique, décalée, provocante, haletante… Cyril Poirier, contrôleur de gestion, se dit écrivain mais les envois de son manuscrit aux éditeurs obtiennent toujours la même réponse quand il y en a une : non ! Alors Cyril se lasse et une jalousie voire une légère aigreur commence de l’animer… Cyril est souvent seul, au bureau un unique collègue daigne lui parler et manger avec lui le midi et la jolie Bérénice n’a de cesse de lui exposer sa passion pour les écrivains (publiés)… Ces écrivains, plutôt ces écrivaillons qui ne mériteraient d’être publiés, Sollers, Foenkinos, Houellebecq et bien d’autres… Alors Cyril pour rentrer dans l’histoire de la littérature va se confronter à ces écrivains, frontalement, pour leur plus grand malheur et pour le plus grand bonheur des lecteurs !
Premier roman
« On n’est pas prêt à affronter la réalité. On baigne dans ses aspirations, ses rêves, on s’en plaint et on s’y complait de concert, souvent jusqu’à l’agonie. »
« Des siècles d’éducation, de darwinisme social ont sélectionné les hommes les plus peureux, les plus dociles, les plus civilisés. »
« C’était ça que la littérature cherchait à fixer, à graver dans le marbre périssable de la culture, c’était ça, cette lueur, grêle, particulière, d’un être sur le monde qui l’entourait… La littérature s’évertuait de faire du rien un tout… La littérature, c’était l’infiniment petit élevé à l’infiniment grand… »
Fiche #3369
Thème(s) : Littérature française
Alexandre a été un enfant marqué par un fait tragique : gamin à Sète, son père, parti en mer, n’est pas revenu. Alors, depuis, Alexandre développe une espère de mélancolie permanente, une façon de voir, de vivre, triste. Quand il découvre que Solange qu’il adore et qu’il aimerait épouser le trompe avec son meilleur ami, c’est une confirmation de sa façon d’être. Il revient alors à Sète dans l’appartement de ses parents et déambule dans la ville. Retrouve les maisons, les rues, la mer, la vie sétoise. Il est maintenant vu comme un parigot (« T’as pas l’accent d’ici, alors t’es un Parigot un point c’est tout... ») mais peu lui importe, il s’approche des pêcheurs ce qui ravive les souvenirs de son père. Il franchit le pas et participe à un concours de pêche, la pêche à la daurade, le poisson fabuleux, royal à Sète et retrouve la communauté haute en couleurs des pêcheurs, moqueurs, hâbleurs, « un rien les embrase », mais aussi solidaires. Alexandre y repère l’Ancien, l’homme vit solitaire (« Le Turc... Personne ne connaît son nom... Il est là depuis toujours l’Ancien. C’est un diable cet homme-là... une force tranquille et une certaine grâce l’habitaient derrière la crasse... une douceur vive et rassurante dans cette voix, de la profondeur dans son regard... »), dehors, avec son histoire (triste). Les deux hommes vont se rapprocher l’un de l’autre, et Alexandre va tenter de découvrir et de comprendre le chemin de vie de l’Ancien, un chemin tragique. Des rencontres, des retrouvailles qui changent son appréhension de la vie, sa façon d’être, de vivre, deuil de sa vie d’avant, enterrement de son passé... Des personnages hauts en couleur, une rencontre improbable et émouvante, un retour de l’espoir après des deuils déchirants.
Ecouter la lecture de la première page de "Le concours de pêche"Fiche #3366
Thème(s) : Littérature française
Paris. Pendant des manifs. Violence dans la rue, gris dans le ciel. Pourtant les deux personnages dont les voix alternent sont un peu sur le côté, à part, même s’il s’agit de deux personnages cabossés, maltraités par la vie. Eléonore vient de quitter un compagnon violent pour retrouver Lise, une amie, artiste très en vogue, à la une des réseaux. Au contraire de Lise, Eléonore fait partie des invisibles, hôtesse dans un ministère sans considération pour ses employés. Sans confiance en elle, elle se juge de façon négative : « ... je n’ai pas appris comment on s’accorde de la valeur. C’est Lise qui m’en donne un peu parfois. » Félix restaurateur dirige La panthère vénère lieu de rencontre sympa. Handicapé sans l’être tout en l’étant (cataracte congénitale), « Il ne peut pas s’empêcher de penser qu’il est un faux handicapé, un imposteur... il est à ça d’être normal. Il a été raté à la naissance, mais pas de beaucoup, juste un peu. », il ne voit bien que les couleurs. Il est aidé par Vérité, une très jeune femme à fort caractère qui, parfois, le bouscule, le questionne. Puis une artiste de street art choisit Eléonore comme égérie et ses portraits lumineux éclairent les murs parisiens : « La fille est toujours là, propageant sa lumière, son bleu et jaune, c’est une île de couleurs sur cet océan de ville, désespérément blanc et gris. » Les yeux de Félix en sont émerveillés et il va sillonner les rues parisiennes pour trouver ces portraits et Eléonore. Des portraits à l’opposé de la grisaille parisienne, qui aimantent, qui captivent, qui attirent. Vérité, Félix et Eléonore vont se rencontrer, se trouver, apprendre à se connaître, se découvrir et peut-être s’aimer. Deux personnages lumineux qui trouvent leur chemin au cœur du chaos.
Ecouter la lecture de la première page de "Crache le soleil"Fiche #3367
Thème(s) : Littérature française
Chaque personnage raconte sa vérité dans La dame aux oiseaux. Tom, un ancien électricien qui a longtemps travaillé à l’étranger, rentre dans son village auprès d’Annie sa mère. Elle a travaillé à la conserverie, une attaque un an après sa retraite. Ils vont reprendre le bar de la jetée, « l’occasion ou jamais ». Léon, un vieux monsieur qui a vécu l’Algérie et ses drames. Il se dit messager. Il parle des morts, dialogue avec certains d’entre eux et sent venir les catastrophes, les annonce, « transmettre même s’il sait que ce message risque d’apporter le malheur. » Elise est la dame aux oiseaux ou pour certains « la folle des plages, la cinglée aux oiseaux. » Elle vit dans un manoir, ignore le village et décompte et répertorie les oiseaux morts sur la plage. L’ambiance est particulière, une atmosphère étrange où chacun attend, attend quelque chose, une catastrophe, une surprise... Certains connaissent les fils de l’histoire, le passé qui va culbuter le présent, d’autres l'ignorent et vont brutalement le découvrir. Les histoires d’amour finissent mal en général... Une intrigue maitrisée avec quatre personnages qu’un ancien drame va rattraper. Tragiquement.
« Il en va de même pour les mots. Nous comprenons leur sens apparent, mais l’essentiel de ce qu’ils véhiculent n’est pas perçu. Seule une infime partie de ce qui est dit est vraiment entendue. »
Fiche #3368
Thème(s) : Littérature française
En Virginie, au cœur de l’Amérique pauvre, quatre lycéens (les Obliterator) hurlent leur colère (« ... c’était de la colère, cette colère typiquement américaine, celle de l’ennui, celles des banlieues, des villes trop grandes que rien ne relie... ») dans du thrash metal avec guitare, batterie, bass et voix ! Quelques morceaux plus aboutis que les autres suscitent leur espoir. Ils rêvent de percer et de suivre les traces de Metallica : « La musique, pour des mecs comme nous, c’est comme le football pour les Noirs, c’est la seule porte de sortie si t’es pas un crack en classe. » Mais la colère ne suffira pas, ils laissent passer leur chance, se séparent en silence. Rejoignent le camp des tristes vies, des moches, « Pas grand-chose à espérer. Pas grand-chose à attendre. » Aujourd’hui, ils ont vingt-cinq de plus, la fougue s’est étiolée mais l’envie est peut-être plus forte, l’un est marié et a une fille, l’autre resté célibataire vient d’apprendre qu’il a un fils, le troisième rêve de retrouver son amour de jeunesse. Aucun des trois ne baigne dans le bonheur... Vingt-cinq plus tard, l’histoire reprend, leur histoire. Sous l’impulsion de l’un d’eux, trois se retrouvent, accompagnés d’un petit jeune talentueux à la guitare, et reprennent leurs titres de l’époque. L’un des membres raconte à un jeune homme (vous découvrirez qui est qui en lisant) leurs retrouvailles et leur aventure. Avec le coup de pouce inattendu et inespéré d’une star du rock en perte de vitesse, les voici repartis pour une série de concert et un road trip musical (en van) dans l’Amérique profonde. Leur rêve se réalise vingt-cinq ans plus tard. Superbe roman prenant avec quatre vie cabossées, des destins cassés, des amitiés fortes, des personnages attachants, une immersion dans l’Amérique profonde, les bars miteux, l’Amérique des déclassés, des travailleurs pauvres pour lequel le rêve américain n’est même plus une utopie, il n’existe pas.
« Il regrette pas sa jeunesse. Il regrette sa rage. »
« Le talent, c’est injuste parce que ça remplace pas le travail mais ça rend tout tellement plus facile. »
« ... c’est le grand drame de nos vies de merde, ceux qui ont du fric ont jamais le temps et ceux qui ont du temps ont jamais de fric. »
« Il ne comprend pas que l’on choisisse de voir ordinaire avant même d’y être contraint par la réalité de la vie. »
« Tout le monde sait tout faire, ici comme ailleurs, il suffit d’être assez désespéré pour ça. »
« ... on a rencontré l’Amérique pendant ce voyage. Elle avait du bide et des regrets et elle nous ressemblait. »
Fiche #3365
Thème(s) : Littérature française
Hector et Luz se connaissent depuis leur adolescence, l’amitié, l’amourette sont devenus amour. Classique ? Loin de là, absolument tout est contre leur amour. Hector et Luz sont handicapés. Différents, hors norme, il va leur falloir beaucoup de volonté et d’amour. Autour d’eux, les familles, les fratries et Carlo un jeune éducateur dévoué et attentionné. Des parents aimants qui tentent de faire au mieux mais parfois trop intrusifs, et à force de vouloir le bien de leurs enfants peuvent parfois les enfermer dans leurs statuts d'handicapés. Hector et Luz devront aussi s’en libérer. Au contraire Carlo contrebalance et tente de les aider à se libérer, à devenir autonomes, à choisir leur chemin. Mais tout et tous (l’administration, les services sociaux...) sont obstacles : louer un appartement relève de l’exploit. Chaque petit pas est une victoire, souvent chère à obtenir. Pour chaque parent, voir rentrer quelqu’un dans la vie de son enfant handicapé, demande un apprentissage... Hector et Luz voient autour d’eux les naissances, les mariages... alors eux, les « autrement capables », pourquoi cela leur serait-il interdit ? Un premier roman prenant au plus près du réel, course d’obstacles de deux humains qui s’aiment et qui veulent partager et vivre ensemble leur quotidien faisant fi des regards et des sentiments au mieux étonnés des autres.
Premier roman
Fiche #3364
Thème(s) : Littérature française
Jean-Noël ne s’en retourne pas à Reims, il revient à Marimbault. En effet voilà trente ans qu’il a laissé Marimbault derrière lui, la petite ville, les habitants et la famille. Rupture profonde, plus aucune nouvelle, aucun échange depuis. Il a enfoui ce passé et fait sa vie. Aujourd’hui, c’est son frère Michel qui l’appelle, son père va mal. Son mari est absent, il décide d’y aller (« L’idée qu’il devait se rendre à Bazas se mêlait à celle plus troublante de ne pas vraiment savoir pourquoi. Il semblait obéir à une nécessité obscure. Un ordre guidé par le passé. ») et prend la route deux jours plus tard. Retourner là où les autres sont restés, revenir sur les lieux de son enfance où très vite les brimades de tous vont commencer et du drame qu’il a vécu. Il croise un jeune renard sur la route qui reste à l'écart et qui observe le village comme il va le faire depuis sa chambre d’hôtel. Retrouvailles avec le passé et les douleurs mises de côté, Rencontre avec le frère, rencontre ratée avec la sœur et la mère dont le regard n’a pas changé, « sécheresse de cœur », une mère qui a éjecté ce fils différent, provocateur, cette mère, qui a raconté à tous que son fils les avait abandonnés. Blessures du passé, blessures de l’enfance les affronter enfin puis les mettre à distance ainsi que la douleur sous-jacente pour repartir autrement que la tête basse comme la première fois.
« On ne partage pas son enfance. On espère seulement qu’elle a eu lieu. »
Fiche #3362
Thème(s) : Littérature française
Une casserole sur le feu, un mot sur une table, « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. », et tout change. Amani, femme de ménage à la retraite, quitte en effet le domicile familial à la Caverne une cité HLM. Restent Hédi et Salmane, tous les deux secoués et désespérés. Le père, le fils. Deux réactions différentes. Le père devenu indifférent à sa femme tombe pourtant des nues, reste dans l’incompréhension et réagit vivement, met de côté son alliance, commence d’effacer les traces de son épouse. Au contraire, Salmane veut comprendre. Salmane, trente-six ans, vit encore chez ses parents et reste très attaché à son quartier, La Caverne, personnage à part entière, et à ses potes, notamment son ''frère'' Archie, au grand dam de son père. Il se lance sur les traces de sa mère, tout en cherchant aussi explication dans sa relation avec elle (Salmane ne s’épargne pas, « Avec Maman, on n'a pas tout fait bien. ») et en se remettant en cause. Son enquête l’emmènera jusqu’en Tunisie, un voyage qui éclairera différemment l’histoire familiale qu’on lui avait contée et lui fera appréhender différemment ce qui se cache derrière l’exil, lui à qui avait dit son père « C’est ici notre pays. Tu peux lui dire que tu es de la Caverne, à la maîtresse. ». Un premier roman particulièrement délicat et tendre, sur les silences et secrets familiaux et surtout hommage à une mère, à son comportement, à ses choix, à sa vie de labeur, à ses sentiments, à sa résistance aux évènements, à tout ce qu’elle endosse sur ses épaules solides...
Premier roman
Fiche #3363
Thème(s) : Littérature française
Une fille enquête, dissèque le parcours de sa mère, se lance dans une « archéologie des gestes, des sons » : en effet, fin des années cinquante, sa mère, Marguerite, quitte le domicile familial et ses trois filles. Pas d’explication, pas un mot. A partir de maigres archives et peu de témoignages et donc de moult hypothèses qui se mêlent aux faits, elle se lance sur ses traces, le chemin d’approche sera fleuri de découvertes. En la tutoyant, elle remonte le temps, revient avant sa naissance, la revit, et dresse le portrait d’une femme emblématique des années 50. Elle décrit les petits gestes du quotidien, la nature environnante, le départ à la ville... Des hommes dans la vie de cette femme, il y en aura deux : le Premier puis l’Autre, elle vit à côté du Premier et s’en détache rapidement, elle aimerait vivre avec l’Autre, chemin vers la liberté qui la fait devenir «hideuse» pour les autres mais aussi pour elle-même. Cette femme espère tant qu’elle oscille entre lumière et noirceur et insatisfaction. L’enquête est parsemée des réflexions de l’enquêtrice notamment en lien avec ses lectures qui orientent aussi ses recherches et ses sentiments face à cette mère qu’elle semble quelque peu découvrir. Un premier roman ambitieux et élégant tant par la forme que le fond, et l’angle choisi pour décrire la condition féminine des années 50. Une superbe écriture et découverte.
Premier roman
« Est-ce que des objets peuvent révéler les croix qui nous ont pesé et celles qui nous ont pesé et celles qui nous ont servi de colonne vertébrale, comme aux épouvantails ? »
Fiche #3360
Thème(s) : Littérature française
Lisa, la quarantaine, est arrivée d’Argentine pour vivre le grand amour, et s’installe avec Armand au fin fond de la campagne française. La famille d’Armand, le village, lui font bien ressentir son statut d’étrangère et elle le restera. Rapidement le couple se délite, les doux sentiments disparaissent pour laisser naître incompréhensions et haine. Ses jumeaux lui sont retirés, elle n’en obtient pas la garde. Quelques minutes volées par-ci par-là, quelques rencontres chaque mois. Insuffisant. La rage croit. Le manque devient un gouffre. Lisa décide d’enlever ses garçons et de partir dans une folle cavale. Une rage destructrice accompagne son périple. Un roman percutant et parfois dérangeant et désespéré sur les ruptures, les séparations, les écarts culturels...
« La vie met beaucoup de temps à devenir réelle, parfois elle ne le devient jamais complètement. »
Fiche #3361
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Alexandra Carrasco
Le Prince a enfin accédé au pouvoir, un pouvoir absolu. Le Prince est une femme dictatrice, Nerona. Nerona a bien endossé le costume, elle veut tout gérer, tout contrôler et n’a pas de limites, le récit déborde de références, entre les thématiques contemporaines (écologie, immigration, nation, démocratie...) de nos sociétés et les comportements des sociétés anciennes qui pointent leur nez, l’humanité n’a guère progressé... Les décrets remplacent la démocratie. Nerona, le peuple l’a choisie alors elle se doit d’être efficace et répondre à ses désirs : « Il n’y a pas de fascistes dans nos rangs ! Il n’y a que des citoyens fiers d’obéir à leur Prince et d’appartenir à notre nation ! » ... Un condensé loufoque, drôle, ironique, grinçant, dérangeant de toutes les dérives d’un pouvoir politique peu préoccupé des peuples et une satire comme avertissement face à ce qui nous attend si l’on n’y prend garde.
Ecouter la lecture de la première page de "Nerona"Fiche #3358
Thème(s) : Littérature française
J est instituteur, aime son métier et est apprécié de tous. Il est père depuis peu. Le bonheur. Jusqu’à l’arrivée de Bryan. Un élève perturbant, perturbé, en difficulté (« Bryan fait peur. On le déteste et on le craint trop pour s’en approcher. »). J va tout essayer pour comprendre, pour l’aider, pour l’intégrer mais Bryan est plus fort et va gripper la vie professionnelle et personnelle de J. qui se retrouve face à son échec malgré tous ses efforts. Face à Bryan, il y a Tom, presque un opposé, l’élève modèle (« Gueule d’ange et bulletin immaculé, il est de ceux, rares, qui plaisent à tous.) qui réussit, fait attention à tous, sans aucune méchanceté, une vraie exception. Tom essaiera aussi d’accompagner Bryan, de l’aider, de le sauver. Or Tom sera retrouvé mort dans la cour. Un vieil inspecteur est chargé de l’enquête et va chercher la vérité, une vérité ? Le récit décrit avec véracité et précision le quotidien d’un instituteur, ses rapports aux élèves, collègues, à l’administration, aux inspecteurs, la disparité des classes jamais prise en compte... la vie en classe, les comportements des gamins, de groupe... les évènements que les adultes acceptent et/ou refusent de voir... Le système et ses abandons sont disséqués. Un premier roman (en flashbacks) prenant et bouleversant, au plus près du réel, qui même s’il n’abandonne pas tout espoir, dresse un terrible constat d’échec de notre système éducatif.
Premier roman
« Dans le monde réel, il y en a toujours un pour être persuadé, à tort ou à raison, qu’il en fait plus que l’autre... »
« Il y a des périodes d’une vie où la merde te suit à la trace. Où que tu ailles, tu ne veux pas y être. »
Fiche #3359
Thème(s) : Littérature française
Francesca RIZZONI
La fille d'Avignon
Héliopoles
23 | 80 pages | 16-08-2025 | 10.9€
« Je m’appelle Louis Cacciatore... Je n’ai jamais été marié... Jamais été stable dans mes relations... C’est le monde du spectacle... Rien ne dure, on fait souvent semblant... » Mais cette fois, Louis ne fera pas semblant. Il la trouve, assise par terre, Geneviève, enfin, c’est le nom qu’il lui donnera. En effet Geneviève ne parle pas, ne répond à aucune de ses questions. Geneviève à l’évidence est enceinte, garde une main sur son ventre et répond par une feuille de carnet vierge. Louis voudrait l’aider, la connaître, découvrir les traumas qui l’accompagnent et en tombe amoureux. Lui faire franchir le cap de la parole, pour s’exprimer, dire qui elle est, d’où elle vient et ce qu’elle a subi pour tenter de la libérer. Sans réponse, Louis imagine tout, sur elle, sur lui et ce nouvel amour. Dans le même temps, le spectacle continue. Il travaille avec Bogdan et deux jeunes acteurs Julie et Gérald : Desnos, Cendrars, Apollinaire... sont au programme jusqu’à ce que théâtre et vie réelle se rejoignent et que Geneviève y prenne sa part, la clé pour qu’elle s’ouvre à Louis. Un court roman, une histoire d’amour avec deux beaux personnages et de jolis échanges sans réels dialogues, dans le silence.
Premier roman
Fiche #3355
Thème(s) : Littérature française
Mathieu Mouche, prof de lettres dans un lycée de banlieue, est la victime idéale : « Un petit homme faible et timoré, voilà ce qu’il était. ». Alors beaucoup partent à la chasse à la mouche ! Ses voisins : Richard Comte qui tape tout ce qu’il rencontre y compris sa femme, Thomas Fabri qui tape ses instruments de musique, alors pourquoi pas Mouche ? Ay lycée, rien de mieux : mépris de l’administration, moqueries des élèves notamment par Rémy Pastre un terminale au physique d’adulte. Heureusement (ou pas ?), le diable semble prêt à s’allier parfois avec les plus faibles... Des faits de vie, des accidents inopinés et les méchants disparaissent un à un... Mathieu est en tout chamboulé, les flics s'interrogent... Dans le même temps, il vit une trêve enchantée avec sa jolie voisine, et même si cela ne durera pas, il découvrira le sentiment de sérénité et regardera la vie avec un autre œil ! Un roman noir et joyeux débordant de dérision et d’humour : quand on est petit, faible, bigleux et persécuté, peut-on espérer que le diable devienne un allié et punisse les méchants qui vous pourrissent la vie sans culpabiliser...
Premier roman
Fiche #3356
Thème(s) : Littérature française
Sébastien MÉNESTRIER
La petite zone avec de la lumière
Zoe
21 | 125 pages | 16-08-2025 | 16.5€
en stockC’est l’histoire de Bastien, le narrateur. Trop d’anxiété l’entraîne dans une maison de repos. Il y est resté des mois. Quand il en sort enfin, il revient à la vie, aux petits moments anodins de la vie, aux rencontres furtives ou non, à son fils Nino et son ex Fanny qui l’ont quitté, à Anouk, sa sœur brillante chirurgienne, à sa mère Coco ex femme d’affaires. Un nouveau boulot dans une école pour accompagner un enfant différent qu’il n’est facile d’apprivoiser. Il retrouve la rue, la foule et les luttes collectives, la violence policière le percute. Bastien retrouve aussi l’écriture. Il arrive enfin à enchaîner les mots, les phrases. Il écrit ce qu’il voit, ceux qu’il rencontre, dans la simplicité. La petite zone avec de la lumière mêle avec brio et finesse le retour à la vie de Bastien et les courts textes qu’il écrit. Les deux s’entrelacent avec réussite, se mixte pour ne faire plus qu’un. Le style va de pair, des phrases courtes, du rythme, des images. « ... il faut retourner à la vraie vie après être tombé, à la vie de tous les jours et que c’est là que ça se complique. », avec délicatesse et sensibilité, Sébastien Ménestrier et Bastien montrent un chemin possible.
Ecouter la lecture de la première page de "La petite zone avec de la lumière"Fiche #3357
Thème(s) : Littérature française
Le livre de Kells relate trois ans du jeune Kells, de l’âge de dix-sept ans à son embauche en 1973 à Libération. Trois ans qui semble durer une vie, tant elles sont denses et décisives, une vie bousculée qui aurait pu basculer. A dix-sept ans, c’est encore un gamin de la rue qui a fui une père raciste et violent et une mère soumise et effacée (« Je n’ai pas connu l’odeur du bonheur. ») et dont le quotidien est la survie. Il rencontre la saleté, le froid, l’isolement, la violence, le regard des autres... mais certaines rencontres changent parfois une vie (« Je suis à la rue. J’ai peur, je pleure. Seul, je n’y arriverai pas. Il me faut des amis, des bras autour de mon épaule. ») . A cette époque, l’engagement politique était accompagné d’une attention aux autres et d’une solidarité humaniste alors Kells quittera la rue, sera soutenu, aidé. Il rejoint les groupes d’extrême gauche. Il participera à nombre de manifestations et d’actions politiques et croisera un autre type de violence dans ces années post-68. Nombre de ses compagnons disparaitront, morts violentes, suicides... Un dessin réoriente sa vie : engagement au journal Libération, une trahison pour certains de ses camarades... « Mais pourquoi mourir lorsque l’on combat pour vivre ? », « J’avais été compagnon de route. J’allais devenir compagnon de doutes. » Le livre de Kells est évidemment un roman, largement autobiographique mais aussi historique. A travers la trajectoire émouvante d’un ado, il rappelle clairement la violence de ces années 70, les engagements et idéaux alors à l’œuvre (« Nous pensions tellement plus grands que nous ») et surtout apporte quelques clés importantes de compréhension du chemin suivi par notre société depuis, l’état de notre société est la conséquence de choix politiques.
« Je pleurais cette multitude. Elle nous accompagnait aujourd’hui. Elle nous abandonnerait demain. Elle nous oublierait plus tard, ses enfants restés sans aucune trace de nous. »
Fiche #3353
Thème(s) : Littérature française
Ce qu’il reste de la famille Cipriani occupe dans la rue de la Folie-Méricourt à Paris dans les années 80 un restaurant italien à l’abandon, L’Amore e Gusto. La mère et le père ont en effet déserté de longue date. Benito (prénom choisi par son père...) dit Benoît (le narrateur) vient d’avoir 18 ans. Il accompagne son très sûr de lui et en colère frère Primo, son frère artiste et aveugle Piero, et sa sœur adorée Chiara. Avant de partir, leurs parents leur ont fait vivre le pire et les quatre sont marqués à jamais. Certains fricotent parfois avec la folie. Alors quand une lettre annonce le retour de la mère, la fratrie vacille, les histoires commencent d’être dites et Benito tente de se suicider dans la cuisine ce qui lui vaudra un séjour à Sainte-Anne... Pourtant Benito, malgré toutes les difficultés, tous les handicaps, a la rage, rage contre les injustices, rage de vivre, rage contre les regards inquisiteurs, les jugements péremptoires... Il a la gouaille et le parler vrai qui font tilt, les formules s’enchaînent et percutent, bousculent, font rire. Malgré l’état des lieux, le propos n’est jamais pesant, misérabiliste, larmoyant, c’est vivant, rythmé et finalement plein de vie avec une palette de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Portrait douloureux et bouleversant et pourtant plein d’espoir d’un p’tit gars écrasé par les dérives des adultes.
Premier roman
« ...les histoires de famille ont la très mauvaise habitude de se consumer dans un odieux silence... »
« Le monde des adultes, c’est cradingue et ça pue le tabac froid : une locomotive qui fonce vers la mort. »
« Dans la joie, il peut y avoir de la peur, mais pas l’inverse. »
« Ce qui est terrible avec l’abandon c’est que ça se terminera jamais. »
« ... à partir d’un moment, la maturité, ça se calcule en expériences plus qu’en année. »
« Le lendemain matin, j’étais en pleine gueule de bois de l’existence. »
« Une fois le petit écran allumé, les images nous sucent les pensées. »
« Il n’y a parfois plus que la fuite comme solution. Surtout avec la famille. »
« ... il faut aller jusqu’au bout de la nuit et ne pas chercher un refuge au fond. »
« On imaginera jamais comment les gens morflent derrière leur sourire. On se doute pas de leurs souffrances. On se contente de leur force parce que ça nous arrange un peu, en vrai. »
Fiche #3354
Thème(s) : Littérature française
Un vieillard entouré de livres lit et attend. Nabil Al Jaber attend celui à qui il pourra raconter, conter, partager son histoire, l’histoire d’un peuple. Ce sera Julien Desmanges, un jeune photographe français qui déambule dans les rues de Gaza qui accueillera ses confidences. Sa résistance est restée dans les mots, dans les livres : « J’ai décidé de ne pas ajouter de la laideur, de ne pas abîmer, d’être présent dans le silence de la lecture, d’apporter ma pierre avec mes livres. ». Combat ambitieux et pacifique, combat pour la vie, pour la survie malgré des décennies de violence, d’humiliations, de déplacements, de camps, de drames, de désillusions... Alors lire n’empêche pas mais lire aide, lire sauve. Rachid Benzine, avec ce court texte percutant, émouvant et puissant, avec calme et détermination, fournit avec une efficacité et une clarté remarquables, les clés pour une compréhension de l’histoire de Gaza. Il se place loin des puissants, loin des armées, mais au côté de ceux qui subissent la guerre et comptent les morts. En employant la 2ème personne du singulier, il interpelle autant Julien que le lecteur qui lira d’une traite son conte avec une émotion évidente. Un livre essentiel et impressionnant de maîtrise.
« Et pourtant on continue de vivre. Un théâtre de misère et de folie, un bal grotesque où les vivants ne sont plus tout à fait vivants, mais pas encore tout à fait morts. »
« Mais n’y-a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d’une vie. Celle d’un peuple, parfois. »
« Les poètes ... capturent ce que nous ressentons mais que nous ne pouvons pas dire. »
Fiche #3352
Thème(s) : Littérature française
Stéphane DESIENNE
La fille qui sauva Hiroshima
Gephyre
17 | 160 pages | 11-08-2025 | 12€
en stockUne novella (uchronie) particulièrement originale, entre le roman historique et la science fiction, entre les Etats-Unis et le Japon (et leur culture), entre 1945 (et particulièrement les 6 août et 9 août) et 1960. Le roman alterne entre deux voies et deux époques. Hiroshima, 1945, la jeune Hitomi Sakura continue d’admirer son grand frère, aviateur mobilisé, malgré les dires de ses parents qui le disent mort. En effet, elle le rencontre régulièrement et il lui donne rendez-vous un jour précis pour accomplir un miracle et quel miracle ! Des années plus tard, en 1960, le président américain convoque un ami pour enquêter sur un échec de l’armée américaine, le 6 août 1945. L’homme ne sait rien de cette époque et part à la découverte des évènements tragiques de cette année et sur son chemin, étonnamment, il rencontrera Hitomi qui lui donnera les clés de l’énigme. Cent cinquante pages extrêmement bien ficelées et équilibrées, de l’humain, une jeune fille attachante, de l’Histoire, de la magie, de l’énigme, de l’espoir... Une jolie découverte.
« Il n’y a rien de plus grave que la guerre. »
« Nous suivons tous quelqu’un ou quelque chose. Une idée, un idéal, une explication. Une raison. Le premier pas est toujours le plus difficile. »
« L’Univers enferme ses forces les plus puissantes dans l’infiniment petit, des quantités colossales d’énergie cachées dans les replis de l’espace et du temps comme un origami multidimensionnel. »
Fiche #3349
Thème(s) : Littérature française
« Un homme qui allait mourir fut en partie sauvé par un livre. ». Cet homme, c’est Primo Levi, ce livre, c’est Remorques de Roger Vercel. En janvier 1945, Primo Levi, faible et malade, attend la mort dans le camp d’Auschwitz III-Monowitz. Les bombardements russes se font entendre, les Allemands sont en train d’évacuer le camp, mort pour certains, départ pour d’autres, infirmerie en attente de la fin pour les derniers. Le médecin grec balance avec cynisme le livre de Roger Vercel avant de partir. Primo Levi va s’accrocher à ce livre, à ses mots, à ses phrases, à ses pages, à ce papier, à son contenu pour survivre quelques heures de plus, quelques jours de plus... A ces jours si particuliers et essentiels de la vie de Primo Levi, Fabrice Gaignault ajoute un hommage appuyé aux livres, à la lecture et à l’aventure de la lecture : « Un livre ne peut changer le monde mais il peut vous changer la vie. Et vous sauver. Un livre. N’importe lequel si vous avez l’impression qu’il a été écrit pour vous. Un livre. Et qui les vaut tous. » Chaque lecteur lit son propre livre, appréhende à un instant donné avec son histoire et son vécu, ses mots, les digère, les accueille dans son intimité et s’en trouve souvent changé à jamais. Un court texte essentiel, puissant et émouvant.
« Un voyage spatial a beau être un exploit technique, que pèse-t-il face à cette évidence : l’univers tout entier et sa complexité infinie se cachent dans certains chefs-d’œuvre de la littérature. Celle-ci est l’univers. »
Fiche #3350
Thème(s) : Littérature française
L’IA prend une place de plus en plus évidente dans nos vies. Dans « Le mensonge suffit », une nouvelle société autoritaire est née et exploite pour le pire la puissance de l’IA pour mieux encadrer, surveiller, diriger la population devenue servile et obéissante. Ethan Chanseuil se retrouve face à un androïde (une IA) pour un interrogatoire, son riche beau-père ayant été semble-t-il assassiné. Les échanges sont évidemment filmés et les followers peuvent voter à tout moment. Son intimité est exposée à tous, il clame son innocence entre deux annonces publicitaires, le croiront-ils ? Une roman d’anticipation drôle, ironique et haletant au cœur de la manipulation générale déjà en marche !
Ecouter la lecture de la première page de "Le mensonge suffit"Fiche #3351
Thème(s) : Littérature française
Roman s’est éloigné de sa famille de longue date. Il a laissé son frère, son père et sa sœur à Atlanta pour gérer avec réussite une entreprise de gestion de patrimoine. Son père et sa sœur continuent de gérer la crématorium familial malgré la mystérieuse disparition de la mère et le frère enchaîne les échecs accro à diverses drogues. Lorsque sa sœur l’appelle pour lui annoncer qu’après un accident, son père est dans le coma, Roman revient à Jefferson Run, ville ou village tant tout le monde se connaît, où la violence s’exprime à chaque coin de rue. Il retrouve sa famille qu’il aime malgré ses dérives, ses échecs, ses silences et secrets (« A la fin de cette journée, les mensonges deviendront leur langage d’amour. »). Rapidement, l’accident du père lui apparaît suspect d’autant plus que son frère, Dante, se retrouve au cœur d’affaires très louches et les gangs rivaux s’intéressent à lui... Roman aime Dante, son petit frère, et ne peut que le protéger et tenter de le sortir de ce faux pas. Roman va alors être confronté à la violence pure et brutale où la vie n’a plus aucune valeur pour certains. Heureusement, il est riche, sait gérer l’argent des autres et a une capacité d’adaptation hors norme, pour le meilleur et le pire... Epaulé par son dangereux ami Khalil, il va affronter les gangs avec comme seule solution, leur anéantissement. Un roman noir de noir au cœur d’une violence sans limite, souvent gratuite, et d’une famille qui s’aime avec un secret comme fondement et poison.
« L’argent c’est de l’acide. »
« Devenait-on nécessairement un monstre si on commettait un acte ignoble pour une bonne raison – sauver la vie de son frère, par exemple ? »
« Le karma, c’est ce qui te poursuit. Ce que tu mérites, c’est ce qui finit par te rattraper. »
« Il n’y avait pas de limites. Il n’y avait que des choix. »
« ... on n’aime pas ses parents parce qu’ils sont parfaits, mais parce qu’ils persévèrent malgré leurs imperfections. La grâce demeure inaccessible, la beauté réside dans le fait d’essayer de l’atteindre. »
Fiche #3347
Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir
Traduction :
Pierre Szczeciner
Pour Samuel Page, « Chaque nuit, chaque jour remet à nu cette plaie qui ne cicatrise pas. » et « Certains matins ... la vie est un spam, un message indésirable qui ne lui apporte rien à part lui pomper de la bande passante. » En effet, Samuel a perdu sa femme, son amour, la mère de ses enfants, brutalement, après un accident de la route. Samuel est écrivain (un premier roman à succès) et apiculteur et il dévoilera tout de ces deux passions. Aujourd’hui, toujours en deuil, il est d’abord père de trois enfants (et d’une mystérieuse salamandre), un père aimant, atypique, parfois un brin dépassé : « ... on n’est pas des patates calibrées pour les patateuses. ». Son ami au caractère bien trempé Robert est à ses côtés quand il en a besoin. Robert lui impose pratiquement une stagiaire pour l’aider dans son métier d’apiculteur, une jeune femme pleine de vie et d’enthousiasme (malgré ses failles) qui va bousculer le grognon solitaire enfermé dans sa peine et sa culpabilité et qui, sans en être totalement consciente, va le réorienter sur le chemin de la vie. Un homme patraque et dévasté avec ses hauts, ses bas, ses bons côtés, ses mauvais côtés, ses peines, ses joies, son caractère, sur le long chemin de la résilience, un homme amoureux de la nature et des abeilles, un écrivain en mal de confirmation, une famille patraque mais pleine d’amour et attachante, et de l’humour comme liant. Une vraie réussite.
« Ecrire, c’est étaler la pâte de la vie avec les ingrédients glanés dans l’assiette des autres. »
Fiche #3348
Thème(s) : Littérature française
Dans les années 80, Margaux et Alexis sont deux enfants de deux familles aisées. Margaux est à l’écart des autres. Elle vit avec sa mère et un beau père arnaqueur et violent. Le père d’Alexis est biologiste et sa mère pharmacienne. Lors d’une réunion, Margaux se jette dans le lac Léman et est sauvée par le père d’Alexis alors qu’Alexis reste quant à lui pétrifié. Rapidement, Margaux et sa famille disparaissent mais Alexis lui garde une place dans son cœur. Il se marie néanmoins, deux enfants, une femme brillante et part faire fortune (« Alexis poursuit sa route, inébranlable, captif de sa propre excellence. ») aux USA notamment grâce à un médicament qui se révèlera mortifère et le brisera. De retour en France, il se retrouve seul et croise par hasard Margaux devenue écrivaine et femme libre. Immédiatement les vieux sentiments renaissent, ils se retrouvent enfin, à 50 ans. Mais peuvent-ils vivre, profiter, partager cette passion à ce moment de leur vie, avec leur histoire, leur passé, leurs regrets, leur famille, la peur du bonheur et de l’échec ? De neuf ans à quatre vingt ans, deux destins qui s’éloignent pour se retrouver dans une seconde chance, superbe roman d’amour sans aucune mièvrerie.
« … ce n’est jamais l’amour qui tue, mais tout ce qui vient après. Mais d’ici là, ils auraient bien le temps. Le temps d’être heureux, ensemble. »
« La vérité. La seule chose qui ne déçoit jamais même si elle fait mal. »
« On apprend à vivre avec moins de … démocratie, moins d’empathie… moins d’humanité.
Fiche #3346
Thème(s) : Littérature française
« J’aime la vie à en mourir » et pourtant Zoé va mourir, un cancer du pancréas le lui promet. Alors elle vit à cent à l’heure, traverse son existence au pas de course, une tempête en perpétuel mouvement, fougue de tous les instants, sans attention aux autres, elle ne prend soin de personne, percute tout. Elle s’installe chez son amie la narratrice, s’impose et la phagocyte littéralement : occupe le temps, l’espace, sa vie. Son amie reste en retrait et accepte : « Alors, j’ai joué le rôle qu’elle m’avait assigné : celui de l’amie complice, indulgente… » Zoé voudrait laisser une trace : en mourant, son amie perd une partie d’elle-même mais a peut-être gagné une part, une trace, de Zoé ?
« C’est curieux la manière dont les fractures de l’autre révèlent les failles de notre propre édifice. »
Premier roman
Fiche #3344
Thème(s) : Littérature étrangère
Greg et Alphonse n’auraient jamais dû se rencontrer. La vie et la maladie les ont amenés dans la chambre 308 d’un petit hôpital de province. Ils ne sont pas de la même génération, Greg est jeune, Alphonse est âgé. Pourtant, la mort les chatouille depuis peu. Ils sont dans la même chambre, initialement séparés par un drap. Du monde passe dans la chambre, modeste espace de vie (encore) : les amis, la famille, d’autres malades, le personnel hospitalier (qui court constamment), de la femme de ménage au grand ponte. Mots après mots, le drap tombe, les deux hommes se rapprochent, la connivence s’installe. Ils apprennent à se connaître, à partager, à envisager un futur même succinct. En effet, Greg a décidé de ne pas reprendre la chimio dans un grand centre terriblement inhumain et préfère vivre à fond les derniers six mois qu’il lui reste, « … faire la vie belle jusqu’au bout… », c’est son choix, qui pourrait le remettre en cause ? Alphonse, culpabilisant devant cette jeunesse malade, l’accompagne. Une clope, un repas, un verre, une blague, encore une clope, un rayon de soleil, des feuilles qui bruissent, un oiseau qui s’envole, main dans la main avec ceux qui vous accompagnent à cet instant, connus ou inconnus, font tout oublier, permettent de vivre « des instants où l’on est heureux d’être ensemble… Il a besoin de cette générosité pure. ». Vivre, c’est avant tout partager donc merci à Violaine Bérot de partager ce nouveau roman (à quand une adaptation cinématographique ?) débordant d’humanité, de générosité, d’émotions, d’amour et de vie.
« … mais personne ne comprend ce qui rend heureux les vieux. »
Fiche #3345
Thème(s) : Littérature française
Marie a toujours entendu à propos de la mort tragique de son oncle Charlot, « On ne saura jamais ». Quand elle mesure la peine et l’incompréhension de cette disparition, elle part sur les traces de ce marin disparu en 1979 au large des côtes italiennes suite à la collision entre deux navires… Elle enquête obstinément, collecte les paroles, les écrits, fouille, fait parler, interroge, écoute les silences, observe avec retenue et compréhension : « Dissiper les mystères et respecter ceux qui doivent le rester. » Cette enquête révèle l’histoire familiale mais dresse aussi le portrait d’une époque, d’un petit village breton, d’une campagne française, d’un quotidien simple entre le club de foot et les modestes exploitations agricoles qui mettent femmes et hommes à la peine. « … Il y a la volonté farouche de lutter contre la disparition des choses et des êtres, les enregistrer pour leur garantir une mémoire, les fixer quelque part. Il y a la conscience trouble d’un monde promis à la disparition, un certain monde agricole, marin, breton, il y a l’urgence d’aller contre l’oubli. » et Officier radio en est une brillante réponse.
« Ce qui s’était le plus transmis des parents émigrés (des pères singulièrement) aux enfants qu’on disait de la ‘‘deuxième génération’’, c’était le silence. »
Fiche #3342
Thème(s) : Littérature française
Terence est violoncelliste et vit loin du tumulte de notre monde dans une cabane, la cabane de ses grands-parents, au bord de la mer. Elle menace de s’écrouler et un jour, c’est lui qui s’écroule, victime d’un AVC. Maxine, une de ses filles, prend immédiatement le train et s’installe dans la cabane où elle trouve des photos mystérieuses, des polaroïds venant d’Ecosse. Elle est documentariste, et comme un héritage familial qu’elle n’appréhende pas, elle est en train d’interroger les femmes sur leurs désirs et leur désir d’enfants. Le mystère l’incite à enquêter. Cela va la conduire sur une île écossaise et à remonter le temps. Découvrir son père ado et son secret, le grand secret tu depuis cinquante ans, cicatrice toujours ouverte. Une double enquête passionnante qui va lui permettre de rencontrer enfin son père, de se rencontrer elle-même, de rencontrer diverses maternités et surtout de trouver un chemin vers la liberté.
Ecouter la lecture de la première page de "Ce que prend la mer"Fiche #3343
Thème(s) : Littérature française
Trois jeunes japonais se rencontrent lors de petits boulots et ne se quitteront plus. Les trois ont un lien privilégié avec l’art et la musique. Ren et Yuki peignent et se marieront. Bin, boiteux (ce qui lui évitera les champs de bataille) est musicien. Connu pour sa peinture, Ren est mobilisé en tant que peintre mais ses tableaux ne plaisant pas aux militaires, suggérant plus la souffrance que l’engagement, il est envoyé au front et revient rapidement brûlé et mutilé. Sans mains, pourra-t-il continuer à peindre et à vivre avec Yuki ? Leur nuit de noces inoubliable en apportera la preuve. Ren, avec ses pieds, avec sa bouche, se lance alors dans un vaste projet artistique, la forêt de flammes et d’ombres, série de quinze gigantesques tableaux exposant ce qu’il a vécu, la violence de la guerre, la responsabilité d’un pouvoir aveugle : « ... toute la douleur du peintre qui se confondait avec celle du monde. » Il a finalement « décidé de vivre pour peindre ou de peindre pour vivre. » Bin ne les a pas oubliés, ni Ren, ni Yuki, et devenu violoniste virtuose, parcourt le monde et les visitera et découvrira les œuvres de Ren. Après la mort de Ren, Yuki, restée seule avec leur chien, protègera ses œuvres et rejoignant sa fille à Paris, elle créera un musée les présentant. Bien plus tard, Yuki et Bin se retrouveront et Bin, à la mort de Yuki, continuera le chemin de la vie avec la fille et la petite-fille de Yuki avec la musique comme point d’ancrage. Le style d’Akira Mizubayashi excelle pour décrire la violence absolue avec une douceur troublante et ses récits pourfendent efficacement l’absurdité des pouvoirs autoritaires, la violence de la guerre et placent en opposition radicale et salvatrice, l'amour, la beauté, l’art et la musique avec au milieu du chaos, une humanité qui survit et se protège.
« Personne, aucun peintre, même Picasso avec son Guernica, n’a exprimé la guerre avec autant de puissance, ce fol effort de destruction massive qu’aucun autre animal n’exerce sur ses semblables... »
Fiche #3341
Thème(s) : Littérature étrangère
Un petit souriceau rejoint la quête universelle de beaucoup : trouver le bonheur, le rencontrer, le connaître, le toucher... Le bonheur ou les bonheurs ? Il questionne, se questionne, nous questionne, avec douceur et délicatesse. Bonheur de la vie, bonheur avec les siens, bonheur avec l’autre. Un album qui touche au cœur autant par le texte que par les personnages, les illustrations et les couleurs oniriques et luxuriantes.
Fiche #3337
Thème(s) : Jeunesse
Traduction :
Emmanuelle Beulque
Lewis est sur le trône, il a fini son œuvre et pourtant la maison reste silencieuse. Il appelle à l’aide, il crie, il hurle, personne ne vient, personne ne répond. Alors Lewis part à l’aventure pour rechercher de l’aide. Lewis va parcourir la maison de fond en comble mais aussi le monde des contes et le ptit Lewis est une terreur, rien et surtout personne ne lui fait peur certains vont vite s’en apercevoir ! Un album drôle d’une terrifiante efficacité sur l’autonomie (dessin, couleur et texte à l’unisson), les contes, la peur, les monstres, les super héros… et peut-être au détour la propreté !
Fiche #3338
Thème(s) : Jeunesse
2023, les Jardins perdus se relèvent des dernières émeutes et la famille Chevallier vit dans le même temps le retour de Zac le fils aîné et la disparition de Martin. « Les Chevallier se donnent toujours des nouvelles », et cette fois, Martin reste silencieux. Zac s’inquiète, la police ne bouge pas, alors Zac part sur les traces de son frère. Un frère avec qui il a partagé beaucoup, unis par un lien privilégié, ils avaient dressé une barrière protectrice face à leurs parents et débroussaillé un chemin de vie. Zac revient sur leur enfance dans la cité, sur la mixité qui les a accompagnés et qui semble aujourd’hui problématique pour certains. Il espère une escapade amoureuse mais rapidement, la rumeur lui apprend que Martin a rejoint des groupuscules d’extrême droite. Zac va suivre ses traces, sur les réseaux d’abord puis dans la réalité et se confronter à une violence extrême. Zac découvre les trajectoires de ceux qui ont rejoint ces groupuscules et leurs multiples motivations. Après la France des années 90 dans avec Les mots nus, cette fois les mots de Rouda dressent un portrait sans artifice, social et politique d’une banlieue française des années 2020 où les discours extrêmes ont fait leur nid en sachant se montrer attirants, où la violence fait partie du quotidien en complétant cette peinture alarmante par une relation fraternelle lumineuse. Des quartiers niés, jamais écoutés (« C’est comme ça chez nous, comme personne ne nous écoute, on garde le silence. On le fait passer pour de la pudeur. Alors qu’il cache des douleurs secrètes. ») qui, périodiquement, crient leur rage et leur désespoir sans jamais (pour l’instant) le traduire politiquement : « … je me demande pourquoi nos soulèvements sont systématiquement dénués de pensée collective, démunis de projet politique. Comme si on nous avait dépouillés. Comme si on nous avait volé nos mots, et laissés nus sur le trottoir. »
« La souffrance d’un adulte s’articule dans la tristesse d’un enfant. »
« Grandir, c’est apprendre à partir, c’est courir sans se retourner… Grandir, c’est aussi apprendre à s’enfuir, c’est fendre l’air sans se faire rattraper. »
Fiche #3339
Thème(s) : Littérature française
Ils vivaient dans une maison de verre, isolée au cœur de la nature canadienne. Il est maintenant seul avec son chien. Un chien qu’elle avait tenu à lui acheter pour qu’après sa mort, il ne soit pas seul. En effet, comme un vœu, elle attendait le renard qui lui assurait pensait-elle un petit sursis, le renard n’était pas venu et elle était morte. Son amour disparu, l’homme restait perdu, désemparé, miné par la culpabilité et le désespoir. Il se remémore tous leurs instants, douloureux (« Le seul médicament était un poison qui la rendait malade. ») ou lumineux, leur amour partagé. Le chemin est long, un temps était nécessaire pour revenir à la vie : « Je devais juste reprendre le cours de ma vie. Réapprendre à marcher, à respirer, à rire. Il fallait y aller un pas à la fois. » et « Fuir les nuages du passé, une vie qui n’existe plus. » mais sans rien oublier, sans rien abandonner. Pourra-t-il à nouveau aimer ? vivre ? sans trahir ? Pierre Yergeau trouvera une partie des réponses bien loin du Canada, partir loin pour tout recommencer… Un livre émouvant, empreint de douceur et de poésie, plus mélancolique que triste, ouvrant les portes de l’espoir, portrait d’un homme tendre et humain éprouvant la mort et l’amour au plus profond de son âme et de sa chair.
« La beauté était peut-être un rêve de névrosés … mais elle représentait également l’espoir d’un monde meilleur. »
Fiche #3340
Thème(s) : Littérature étrangère
Zoé VALDÈS
Paris était une rumba
La Part Commune
2 | 210 pages | 15-07-2025 | 22€
Zoé Valdès est arrivée en 1983 à Paris fuyant La Havane. Elle raconte ici son parcours et surtout rend un hommage appuyé à la ville lumière (« Se promener à Paris à l’aube est l’une des sensations les plus fascinantes que j’aie jamais éprouvées...), aux intellectuels qui l’ont habitée dans les deux sens du terme (« Se promener dans Paris, c’est, si on s’en rend compte, comme se promener dans les chapitres des romans et les pages des auteurs classiques que nous avons lus.), à l’apprentissage des libertés qu’elle lui a permis ; liberté d’écrire, liberté physique, liberté mentale. Un amour sans faille qui ne l’empêche pas de continuer de vénérer La Havane mais la liberté reste essentielle.
« ... les soupirs font partie du paysage parisien. Ils sont comme des buissons que personne ne pourra déraciner. »
« Une ville sans fous n’est pas une ville, car une ville est comme une maison de fous où abondent les fous déguisés en sains d’esprit, au nom du bien être social... »
Fiche #3335
Thème(s) : Littérature étrangère
Un petit livre interactif et magique pour les tout petits, tourner, secouer le livre, les pastilles glissent, disparaissent, réapparaissent, ici ou là. Un cache-cache à trou drôle et plaisant.
Fiche #3336
Thème(s) : Jeunesse
Traduction :
Patrick Honnoré, Yukari Maeda
Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture
Les comptes-rendus de lecture de l'année précédente (2024-2025)
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