'Paniquer c’est se choisir un maître. '   Céline Minard

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Franck Bouysse




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Franck BOUYSSE
Né d'aucune femme
La Manufacture de Livres
333  pages
20.9  euros

17-05-2020

 

    Rose est l’aînée de trois sœurs. Fin XIXème, elles partagent avec leur mère et leur père, un quotidien ardu, pauvre. Vie si compliquée, que le père décide de vendre Rose, de la confier à un homme riche qui la prendra à ses services. Il le fait la mort dans l’âme et en cachette de son épouse et de ses filles. Rose s’installe dans sa nouvelle vie, une belle, riche et grande demeure, un homme, maître des forges, et sa mère l’accueillant froidement. Des tâches précises, des ordres directs, jamais aucun compliment, toujours des reproches et des critiques. L’épouse vit recluse dans sa chambre, personne ne la voit, seul un médecin passe périodiquement la soigner. Une ambiance lourde et étrange. Seul Edmond, sorte d’homme à tout faire, semble différent et d’ailleurs la met en garde rapidement contre ses maîtres. Que lui veulent-ils exactement ? Pourquoi l’ont-ils achetée, mais à cet époque, chacun sait qu’un homme, une femme peuvent appartenir à un autre homme. Totalement. Définitivement. Sans condition, « … chacun doit rester à sa place, l’huile surnage toujours au-dessus de l’eau, ainsi va le monde, tu comprends. » Et Rose va l’éprouver. Dans sa chair. Dans son âme. Puissant, âpre, sombre et lumineux à la fois, profond, émouvant et addictif avec une construction habile et maîtrisée, une écriture et un style magnétiques, une lecture obligatoire pour tous les amoureux de la littérature.

« Les mots … ils sont des habits de tous les jours, qui s’endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde. »

« Parce qu’être lâche, c’est pas forcément reculer, ça peut simplement consister à faire un pas de côté pour plus rien voir de ce qui dérange. »

« C’est tout le problème des bonnes gens, ils savent pas quoi faire du malheur des autres. S’ils pouvaient en prendre un bout en douce, ils le feraient, mas ça fonctionne pas comme ça, personne peut attraper le malheur de quelqu’un, même pas un bout… »

« Nous n’avons rien à espérer du passé. Ce sont les hommes seuls qui ont eu l’audace d’inventer le temps, d’en faire des cloisons pour leur vie. Pas un seul ne peut vivre assez longtemps pour se croire exister, pas un seul n’est en mesure de saisir la vie quand elle le traverse… »


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Thème(s) : Littérature française

 


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