'Et l’amour brisé par une mort injuste n’est pas soluble dans la réparation par l’argent ou la prison. Il n’y a pas d’économie du pardon.'   Sophie Daull

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



19146494

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Jean-Paul Delfino




- 3 -



Jean-Paul DELFINO
Assassins !
Héloïse d'Ormesson
237  pages
18  euros

30-07-2019

 

    En 1902, une cheminée mal entretenue, un peu trop de fumée, intoxication et un mythe disparaît. Version officielle. Jean-Paul Delfino revient sur la trajectoire de Zola et ses dernières années, l’écrivain n’est peut-être pas encore reconnu à la hauteur de son importance et de son talent mais la haine que certains lui vouent est absolue et immense. L’époque est propice à un antisémitisme violent et affiché. Les discours, les articles de presse ne font pas dans l’ellipse et la demi-mesure, l’intolérance et la haine s’affichent vertement, « J’accuse », son talent, ses origines, son mode de vie, certains ne peuvent le supporter. Qui sont-ils ? Jusqu’où sont-ils prêts à aller ? Jean-Paul Delfino dans un récit haletant rappelle l’enfant et l’homme qu’était Zola, son approche de la vie et de l’écriture, ses doutes, démontre que Zola dans son entièreté n’a pas pris une ride, rappelle la violence de cette période et dévoile sa version des derniers jours de ce monstre de la littérature. Joli et efficace coup de poing !

Ecouter la lecture de la première page de "Assassins !"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Jean-Paul DELFINO
Les voyages de sable
Le Passage
270  pages
19  euros

06-12-2018

 

    Monsieur Jaume a déjà derrière lui une longue existence et son avenir est immense. Immortel. Monsieur Jaume est atteint d’immortalité. Chance ou malédiction ? Depuis 1702, son année de naissance, Jaume a traversé notre histoire et aujourd’hui, par une nuit de neige, l’envie de se confier le frappe devant Virgile, un bistrotier de la rue Saint-André-des-Arts qu’il fréquente depuis de longues années et qui n’a jamais quitté son bistrot. En route pour un long voyage dans le temps, dans l’Histoire (plus de 300 ans d’évènements marquants) mais aussi vers tous les coins de la planète. Il l’écoute d’abord de loin comme une parole habituelle de bistrot, puis intrigué et enfin curieux, l’immortalité l’attire. Mais l’immortalité est-elle vraiment un cadeau ? Qu’est ce qui peut résister à l’immortalité ? Quel est le secret de l’immortalité ? Le récit de Jaume est-il réel ou imaginaire ? Série de questions qui tiennent en haleine le lecteur au cœur de ce récit de voyages et de cette réflexion sur le temps qui passe.

« A moins d’être un imbécile, un sot, ou un doux rêveur, il ne faut jamais vivre des promesses des autres. De celles que l’on se fait à soi-même, peut-être. Et encore… »


Ecouter la lecture de la première page de "Les voyages de sable"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Jean-Paul DELFINO
Les pêcheurs d'étoiles
Le Passage
235  pages
18  euros

08-08-2016

 

    Les pêcheurs d’étoiles nous font un cadeau exceptionnel en nous permettant d’accompagner un temps un couple très singulier, deux monstres aujourd’hui, et pourtant à l’époque (années 20 à Paris), bien éloignés de la gloire, plutôt démunis (« Tout de noir vêtu, Satie avait des coquetteries d’homme du monde, mais des moyens de crève-la-faim. ») et mal fagotés ! Blaise Cendrars, colosse avec un bras en moins, est beaucoup plus jeune qu’Erik Satie et néanmoins les deux vont se lier d’une belle amitié construite autour du respect et de la tendresse, pas vrai « ma vieille » ? Les deux oiseaux partent à la rencontre des nuits parisiennes de la Belle Epoque pêcher leurs étoiles, et notamment recherchent une femme qu’Erik Satie a aimée il y a plus de trente ans et n’a jamais remplacée. Ils croisent le milieu artistique et intellectuel de ces années pas toujours tendre et notamment Jean Cocteau, « ce farfadet » qui ne sort pas grandi de ce texte. Cendrars est un poète touché d’une folie aimable qui raconte ses voyages, ses rêves, mais rêveur ou menteur, les rêves ne sont-ils pas des voyages ? Satie le suit sans retenue sur les chemins empruntés et parfois extravagants. Une paire d’acolytes attachante, pleine de fraîcheur et d’humanité. Une belle histoire d’amitié entre un pêcheur d’étoiles et un musicien de l’inutile, deux génies non reconnus à leur juste valeur, deux amoureux de la vie et de l’art, « on avait qu’une seule vie, et il fallait en profiter, brûler la chandelle par les deux bouts et s’offrir du plaisir, autant qu’on le pouvait, à chaque fois qu’il passait à votre portée. » Une très belle et inattendue rencontre !

« … ce n’est pas parce que l’on fréquente des cons que l’on est un con soi-même. On peut le devenir. Méfiez-vous. C’est un travers qui s’attrape sans que l’on ne s’en rende compte… »

« C’est comme les guerres. On veut bien que les mômes les fassent et, même, on est fier de les accompagner dans les trains de la mort en chantant La Marseillaise. Mais quand la vieille crevure vomit les gamins qu’elle a pas pu digérer, il se trouve plus grand monde pour les accueillir à la maison. Quand il leur manque en plus un œil ou une jambe, on préfère pas les voir. »

« Je crois que lorsqu’on meurt, on ne part pas tout de suite. On reste encore un peu, peut-être par nostalgie, peut-être pour régler ses dernières affaires ou pour s’excuser de la peine qu’on a pu faire aux gens. On a quitté son corps, c’est certain. Mais on volette toujours comme un moineau. »

« Le parfum le plus terrible, celui que rien ne pouvait masquer et qui s’accrochait à vous comme du lierre grimpant ou de la clématite à un mur, lui non plus n’avait pas disparu. C’était celui de la solitude et du désespoir. Celui qui vous rappelle que, quoi qu’il arrive, on se retrouve seul. Toujours. »


Ecouter la lecture de la première page de "Les pêcheurs d'étoiles"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture