« Les enfants étaient éphémères. »
Fiona McFarlane
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Un récit qui s’étend depuis le XVII ème, portraits de femmes qui disent non, non au patriarcat, non aux croyances, non aux coutumes. Des femmes libres, des femmes qui n'auront de cesse de convaincre que le savoir et la réflexion ne sont pas l’exclusivité de la gent masculine. Au centre du récit, un philosophe, Descartes, qui a traversé les siècles mais dont quelques idées-forces ont aujourd’hui pris la poussière. Christine de Suède règne, domine à sa façon, gère sa vie à sa guise et libre en amours, refuse d’enfanter. Hélène Jans, herboriste passionnée persiste dans l’étude des plantes et de leurs pouvoirs, endosse dangereusement la réputation de sorcière, se place à l’opposé de la pensée de Descartes, « ... rendre maître et possesseur de la nature... ». Descartes se rangera du côté de la religion, Hélène s’en affranchira. Inès Andrade, étudiante espagnole, est certaine de tenir un sujet philosophique dans la relation entre Hélène et Descartes grâce des documents rapportés par la fille d’Hélène. La place des femmes accordée par les hommes accompagne évidemment les trois portraits. Le récit érudit alterne avec justesse le combat de ces femmes pour se découvrir et devenir elles-mêmes et le revendiquer et des informations sur les plantes, leur histoire, et leurs pouvoirs souvent niés. Evidemment, gagner un espace de liberté et d’indépendance a parfois un prix.
« Elles mangèrent des pommes de terre et burent de la bière, elles pleurèrent comme des madeleines, rirent de bon cœur, se débarrassèrent de leurs peines, tissèrent des idées. En deux mots : elles philosophèrent. »
« La vieillesse est la fin des illusions. »
Fiche #3231
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Marielle Leroy
Retour au Bercail : la fille après dix ans est de retour à Bourg-en-Bresse, dans la maison de son enfance. Elle rentre, elle retrouve ses parents, père, mère, pèremère, Vincentpère, Caromère, Vincent et Caroline. Les trois ressentent une peur impalpable. Pourquoi ce retour ? Le sait-elle ? Le sauront-ils ? Pourtant rien n’a changé, le couple, la maison, l’emprise du père sur la mère, la pelouse parfaite… Ils l’accueillent avec étonnement, presque avec crainte. Ils la savent différente, décalée : « … Depuis toujours elle l’était. De cette différence imperceptible dans la vie courante. Et, à cause de cette différence, qui n’était ni plus ni moins qu’une différence d’appréhension du monde, la fille leur en avait fait baver. ». Chacun tente de reprendre ses marques. Difficilement. « La comédie humaine. Est-ce bien nécessaire ? ». Sa présence n’était ni attendue ni préparée. Le couple est perturbé. Chacun observe, interprète, réfléchit avec son mode de pensée propre. Ils l’observent, se retrouvent face à elle, ils se souviennent qu’« Elle manque de discernement mais pas de vivacité. Il faudra maîtriser son énergie. Parfois elle ne saura pas qu’elle va trop loin. Restez attentifs. Pèremère étaient prévenus. ». Elle retrouve le lieu de son enfance, face à eux, au milieu d'eux. Parviendront-ils à parler, d’aujourd’hui, d’hier, de demain ? Un huis clos familial sous l’ombre de la folie en miroir avec une écriture directe, scandée, lumineuse.
« Il poste la vidéo. Puis il attend qu’on l’aime. »
Fiche #3147
Thème(s) : Littérature française
Un long, magnifique et poignant cri d’amour sous forme de poème : une histoire d’amour, une rencontre, la rencontre, mais c’est un homme d’église. Il faudra qu’il la quitte pour la rejoindre. Il le fera envers et contre tous, l'amour sortira vainqueur. L’amour perdurera : l’amour absolu, unique, exclusif. Les enfants arriveront, le quotidien s’installera, et malgré les craintes, l’amour restera. Jusqu’à la fin, jusqu'à la mort de cet homme, de son homme laissant une femme inconsolable. Totalement dépouillé, chaque mot est à sa place, pas un de trop, pas un ne manque. Superbe. Le souffle de cet amour ne s’éteindra jamais grâce à ce texte et l’amour des parents de Violaine Bérot vous illuminera à jamais.
Ecouter la lecture de la première page de "Nuits de noces"Fiche #3014
Thème(s) : Littérature française
Une rencontre fortuite, autrice et thanatopractrice deux mots qui s’entrechoquent, et un dialogue qui s’engage. Gabriele, après une reconversion, a choisi de devenir thanatopractrice, un métier à part, un métier qui dérange, un métier qui interroge, dès lors que la mort en est le cœur et le fondement : embellir, habiller, maquiller, toucher aux apparences, pour les instants ultimes, spectacle à part juste avant la tombée du rideau. Parler de la mort, c’est évidemment aussi parler de la vie et vice-versa, c’est parler de soi, c’est parler de sa famille, de ses proches, de ses enfants qui ont souvent la question naïve qui fait mouche, c’est intime et universel. Alors le dialogue (en plein confinement…) entre Gabriele et Amandine accompagné de moult questions est extrêmement vif et même parfois drôle et incitera le lecteur à formuler ses propres questions.
« Je veux expliquer sa famille à mon enfant, péter la gueule aux fantômes, comme on chante pour traverser une forêt obscure. Je parle pour qu’on n’ait plus à en parler. »
Fiche #2980
Thème(s) : Littérature française
Voilà comment Perrine Le Querrec introduit son dernier ouvrage : « Pendant plusieurs semaines, des femmes, des héroïnes, m’ont confié leur vie et leurs mots. Notre besoin commun de briser le silence et l’indifférence autour des violences conjugales et ses nombreux visages. [...] C’est cela que vous allez lire. ». Violences conjugales, violences du quotidien, libérer la parole puis la transmettre. Comment rendre compte de ces témoignages intimes ? Comment dire l’indicible ? Comment ne pas trahir ? Comme dire l’horreur ? Comment dire l’inimaginable ? Comment accompagner le quotidien ? Comment traduire la violence ? Comment plonger dans l’intimité de ces femmes sans indiscrétion ? Exprimer, expliquer, montrer, ressentir, crier, hurler. La poésie et les mots, les rythmes, les silences de Perrine Le Querrec collent à la perfection à cette terrible épreuve qui marque à jamais et permettent aux lecteurs d’entrevoir avec humanité et sans voyeurisme tout en conservant la brutalité du témoignage une réalité bouleversante.
Ecouter la lecture de la première page de "Rouge pute"Fiche #2495
Thème(s) : Littérature française
- Moure - Natyot - Bérot - Dhée - Le Querrec