« Ce que lisent les gens est une porte d’entrée royale sur leur territoire le plus privé, un aveu ou une déclaration publique de tout ce qui agite leur esprit et leurs sentiments, leurs attentes, leur rêves et leurs désirs imaginaires, des plus compromettants parfois, leurs impasses et leurs errements… »
Anne-Marie Garat

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Ingrid Naour

Ingrid NAOUR

Les trous de conjugaison
Le Cherche Midi

112 pages | 16-08-2015 | 11.8€

Trinité, Berthe et Simone vivent à Seclin dans le Nord et se rencontrent fréquemment et parlent, et elles ont beaucoup de choses à dire, ces « réfractaires au désordre établi » ! Ces trois prolos le disent sans retenue, avec toute la liberté qu’elles s’octroient et surtout avec leur langage (parfois bien vert) et leurs expressions, « j’entretiens des rapports de courtoisie avec la langue française » malgré quelques « trous de conjugaison ». « On mange, on boit, on se parle, on s’aime et surtout l’on rit » résume parfaitement ce roman singulier. Un bon mot à chaque page, des dialogues truculents et vifs, de l’humour en permanence, une critique évidente de notre société où les pauvres sont écrasés et en réalité délaissés, de l’ironie et de la révolte. Des personnages solidaires débordant de vie qui tentent de vivre comme ils l’entendent et espèrent continuer de rire en refusant « la dictature de la tristesse », un sentiment bien éloigné à la lecture de ce texte !

« L’action doit toujours précéder la réflexion. C’est ce que n’ont jamais compris nos chers intellos. »

« Je hais la modération sous toutes ses formes. Qui ne consume pas sa vie la laisse s’éteindre. »

« Tu as raison, on enjolive toujours le passé. On se souvient de l’ivresse et on oublie la gueule de bois. »

« Oui, ma Berthe, ça pèse lourd, les chagrins. J’ai les artères obstruées par les larmes refoulées. »

Ecouter la lecture de la première page de Les trous de conjugaison

Thème(s) : Littérature française