'Rien n’est jamais plus près de nous que nos rêves avortés.'   Jean Mattern

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Elisa Shua Dusapin




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Elisa  SHUA DUSAPIN
Vladivostok Circus
Zoe
174  pages
16.5  euros

17-08-2020

 

    Nathalie s’installe dans un cirque à Vladivostok pour créer des costumes. Cette femme devenue solitaire et qui ne parle pas la langue du pays va observer et rendre compte de la vie du cirque, apprendre à connaître (voire à devenir leur confidente) les athlètes restés pour préparer un concours international : un numéro de barre russe. Deux personnes supportent une barre sur laquelle un troisième exécute des acrobaties. Ce seront Nino (le plus jeune) et Anton les deux porteurs accompagnés par Anna l’acrobate. Ces trois là n’ont pas de liens particuliers hors de la piste et pourtant leur relation sera puissante. On suit son évolution, sa progression dans un cadre particulier, un entraînement hors norme, éprouvant, répétitif mais toujours accepté. Anna confie en effet sans retenue sa vie aux deux porteurs avec une confiance nécessairement totale, le doute est interdit. Ils recherchent l’exploit, le numéro inédit stupéfiant de beauté en oubliant le risque quand Anna vole follement et avec légèreté au-dessus de la barre, l’enchaînement de quatre sauts périlleux, tension permanente. Leur existence est confinée dans ce cirque avec ses odeurs, le froid, la promiscuité, l’obligation de partager l’espace et d’apprendre à connaître et comprendre l’autre. Avec son style feutré et maîtrisé et la douceur de ses mots, Elisa Shua Dusapin réussit parfaitement à nous plonger au cœur d’une relation d’êtres interdépendants qui exige compréhension et coopération et à nous faire ressentir la tension et le danger permanents qu’ils vivent.

Ecouter la lecture de la première page de "Vladivostok Circus"   

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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Elisa SHUA DUSAPIN
Les billes du Pachinko
Zoe
140  pages
15.5  euros

04-08-2018

 

    Le temps d’un été, Claire, 30 ans, rejoint ses grands-parents à Tokyo, immigrés au Japon après la guerre de Corée. Même si pour eux il n’existera toujours qu’une unique Corée, un pays qui n’existe plus, on leur a imposé de choisir, alors venant de Séoul, ils ont choisi la Corée du Sud. Et Claire, sans véritablement connaître leur histoire, est bien décidée à les convaincre de retourner visiter leur pays natal qu’elle ne connaît pas (elle parle le japonais mais pas le coréen). L’atmosphère familiale feutrée mais tendue, entre la grand-mère qui bougonne et le grand-père de retour de sa salle de jeux qui tempère, incite peut-être Claire à s’écarter tout en observant : elle scrute la vie autour d’elle et donne des cours de français à Mieko qu'accompagne sa mère détachée, ailleurs, une gamine japonaise, avec qui des liens se créent au fil des rencontres. Le récit se situe à la croisée des cultures, « Ce n’est pas ma faute, je pense, si je ne raconte rien. Si j’oublie le coréen. Ce n’est pas ma faute si je parle français. C’est pour vous que j’ai appris le japonais. C’est les langues des pays dans lesquels on vit. », au cœur d’une atmosphère particulière qu’Elisa Shua Dusapin fait parfaitement ressentir comme elle sait, par quelques images et quelques mots apaisés, évoquer les sentiments doux ou violents de chacun. Une belle confirmation après « Hiver à Sokcho ».

Ecouter la lecture de la première page de "Les billes du Pachinko"   

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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Elisa SHUA DUSAPIN
Hiver à Sokcho
Zoé
140  pages
15.5  euros

03-09-2016

 

    Sokcho, petite ville portuaire de la mer du Japon, proche de la Corée du Nord, semble vivre au ralenti, embuée et embrumée dans l’hiver qui s’installe. Une ambiance feutrée, un peu triste, « Suintant l’hiver et le poisson, Sokcho attendait. Sokcho ne faisait qu’attendre. Les touristes, les bateaux, les hommes, le retour du printemps. », et néanmoins cette impression de sérénité, de tranquillité même si les évènements et les psychologies des personnages sont en opposition avec ces sentiments. Une jeune franco-coréenne accueille un dessinateur de BD français venu chercher l’inspiration. Le roman nous les montre se rapprochant lentement tout en intégrant et mesurant leurs différences marquées, tant au niveau de leur personnalité que culturellement. Elle est restée à Sokcho pour ne pas quitter sa mère, son père étant parti rapidement sans laisser de traces. Ayant appris le Français au lycée, elle connaît la littérature française. Les deux s’observent entre deux dessins et deux plats cuisinés, parlent peu. Ils s’effleurent à peine du regard et pourtant ils sauront rompre la frontière, franchir le mur d’incompréhension qui les séparait. On est dans le ressenti, on sent, on ressent, par petites touches, l’auteur met en place une atmosphère singulière empreinte de douceur et de lenteur et tisse le portrait intime d’une jeune femme aimantée par ce lieu qu'elle ne pourra quitter. Un court roman qui nous emporte pourtant très loin dans les brumes des rêves et la poésie.

Premier roman


Ecouter la lecture de la première page de "Hiver à Sokcho"   

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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