« Fuguer est le contraire d'un suicide : on part pour vivre et ce n'est pas une tentative de vivre, mais l'unique essai pour le faire. »
Hafid Aggoune

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Istya & Cie

Yaroslav TROFIMOV

Ce pays qui n'aimait pas l'amour
Istya & Cie

2 | 525 pages | 25-06-2026 | 23€

1930-1954, 25 ans de l’histoire de l’Ukraine, 25 de l’histoire de Debora. Jeune fille de 17 ans, amoureuse de la littérature. Elle quitte sa famille pour rejoindre la capitale de la nouvelle république socialiste soviétique d’Ukraine. Elle y rencontre Samuel, un pilote de chasse en devenir. Elle l’épouse et donne naissance à un fils. Mais Samuel est arrêté, déporté, condamné à 10 ans de camp. Debora et son fils vont devoir apprendre à survivre. Yaroslav Trofimov ne nous place pas dans les hautes sphères, là où les décisions sont prises faisant abstraction du peuple. Il se situe au côté du peuple, à l’endroit où la politique et géopolitique prennent corps, impactent les vies. L’histoire intime percutée par l’Histoire. Les Russes et Les Allemands n’épargnent déjà pas ce territoire et ses habitants… Pour eux, la famine, la terreur et la guerre sont devenues un quotidien, parfois une douloureuse habitude. Évidemment ces drames, ces violences transforment les gens et parfois pour le pire. Un livre sur le passé qui naturellement se place en miroir avec ce que subit actuellement l’Ukraine où vivent certainement une multitude de Debora.

Ecouter la lecture de la première page de "Ce pays qui n'aimait pas l'amour"

Fiche #3447
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jean Esch


Coup de coeur

Roberta RECCHIA

La vie qui reste
Istya & cie

1 | 398 pages | 11-08-2024 | 22€

Coup de coeur

Il y aura la vie d’avant et la vie d’après. Dans la vie d’avant, après des débuts difficiles, Marisa, Stelvio et leurs enfants sont heureux. La famille Ansaldo s’installe à Torre Domizia : ce bord de mer cossu près de Rome convient mieux à l’asthme de Betta qui, à 16 ans, est déjà une femme, extravertie, bruyante, effrontée. La vie d’après commence après une nuit d’été tragique. Avant le drame, Marisa, la mère, a su survivre au déshonneur, à la dure réprobation de sa mère pour se marier sans entacher la réputation de sa famille. Enfin heureuse et apaisée l’âge venant, la mort brutale de Betta la plonge dans la sidération. Celle qu’on appelait Boucle d’Or s’était aventurée avec sa cousine Miriam dans une promenade nocturne. Miriam, plus timide, avait finalement accepté de partager avec Betta les plaisirs interdits des feux de joie qui réunissent les jeunes sur la plage, la nuit. En chemin, les deux jeunes filles sont violemment agressées. Betta ne reviendra pas. Miriam tait l’horreur de ce qui leur est arrivé, rentre seule, et tente d’enfouir le souvenir de la douleur et de la honte. Personne ne sait rien, sauf sa grand-mère, peut-être ? Personne ne se préoccupe d’elle. L’enquête est bâclée. Oublier arrange tout le monde. Miriam brisée, s’enfonce dans l’addiction et l’anorexie. Elle subit la peur, le poids de la culpabilité des survivantes. Mais elle va rencontrer Leo, dealer au grand cœur puis sa sœur aînée Corallina (autrefois Pietro) qui a vécu humiliations et violences, comme Miriam. Deux êtres fragiles, en marge de la société mais toujours bienveillants. Leo perd ce qui lui reste de candeur en enquêtant sur ce qui a amené au drame. Jusqu’où ira-t-il pour venger Betta et surtout Miriam ? Avec ce premier roman qu’on lit d’une traite, entre polar noir, saga à l’italienne et roman psychologique, le lecteur s’attache aux personnages. Marisa, Miriam, Corallina, Stelvio et Leo dont on suit le parcours de vie, difficile mais plein d’espoir et de résilience au fil des années nous accompagneront longtemps après que le livre soit fermé. Sauront-ils trouver le chemin de l’oubli, du pardon, de la résilience ?
Christine J.

Premier roman


Fiche #3229
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Elsa Damien





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