« L'émotion suprême, c'est d'être vivant. »
Thierry Luterbacher
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50 ans, c’est le jour. Ni trop échoué, ni trop réussi, un peut triste, un peu désabusé, banalement, ancien réalisateur, célibataire, Jakob n’attend rien de ce jour particulier et plus rien de la vie. Son amie Ellen entend le secouer et organise tambour battant sa (leur) journée à Berlin. Elle débarque avec un gâteau et un slip de bain, l’emmène à la piscine. Elle organise ensuite une série de rencontres pour lui rappeler le fil de sa vie, son enfance (Neela), ses amitiés (Georg), ses amours (Anne), ses rencontres, ses désirs, ses réussites et échecs. Une fête les regroupe tous et d’autres (« Je vois partout des images d’une vie quasi oubliée. ») et tous sont là pour Jakob et le nouveau cinquantenaire se laisse en effet rattraper par la vie (et par Ellen) pour un happy end !
« Ils s’étaient cru capables de conquérir ensemble le monde, avant de comprendre, avec les années, que ce sentiment comptait parmi les années de bonheur qui ne reviendraient plus, que ce soit avec d’autres ou en solo. Peut-être est-ce à partir de là qu’on devenait vieux… »
« On tombe amoureux de ceux qui montrent leur faiblesse. Pas trop, pas ce genre de faiblesse apitoyée, ça non, c’est clairement l’horreur. Mais une fragilité combative, oui, c’est sexy. »
« Plus nous vieillissons, plus il en va de ce que nous risquons de perdre, et pas tant de ce que nous avons à gagner. »
« … les hommes meurtris sont souvent les plus fiables. »
Fiche #3488
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Isabelle Liber
Friederike Andermann, tout juste cinquante ans, est une diplomate allemande qui gravit pas à pas, sagement, sérieusement, les échelons, les postes. Berlin, l’Irak, et enfin un poste d’ambassadrice. Ce sera l’Uruguay et Montevideo en attendant mieux. Elle commence son installation par l’organisation de fêtes et autres commémorations, le calme, l’anecdotique, de la pure représentation… Et patatras, tout s’emballe voire s’écroule, une jeune Allemande est enlevée puis retrouvée assassinée. Fred se reproche d’avoir réagi tardivement, et pour couronner le tout, elle apprend qu’il s’agissait de la fille d’une dirigeante d’un grand journal de la presse allemande, une tueuse, très influente ! Après un an de mise à l’écart, on retrouve Fred devenue consule en Turquie, à Istanbul. Et nous voici plongés dans l’art de la diplomatie, au cœur des relations internationales notamment avec les états autocratiques, dans les apparences, les petites négociations, les petits renoncements. Or Fred semble devenir de plus en plus lasse de ce monde, d’une certaine forme d’impuissance et rétive à accepter certains compromis… Un roman contemporain, réaliste, très rythmé qui frise le roman d’espionnage au cœur d’une branche d'un pouvoir souvent occulte, avec un personnage principale attachant et de caractère et un ton plaisant, souvent ironique et pince-sans-rire.
« … mais les hommes, dans l’ombre du femme, semblaient se ratatiner. »
« … se préparer au pire, ça ne suffit pas. Il faut s’attendre à l’inimaginable. »
« … si nous nous en tenions à la vérité, la vérité et rien d’autre, nous serions perdus. »
« Ce sont les pires, Fred, ceux qui ne pensent pas à mal. »
Fiche #3051
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Isabelle Liber