'Dans la vie, le problème, c’est de se réinventer. De devenir un autre être. D’autant que lorsqu’on cherche à se réinventer, le vrai travail se produit, celui de la perpétuation, la puissante force qui pousse à être toujours soi-même, de sorte que les métamorphoses se nouent et se dénouent pour arriver au terrible constat : nous sommes toujours nous-mêmes mais plus profondément.'   Fabrice Humbert

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Romans traduits par Christine Le Boeuf




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Siri HUSTVEDT
Un été sans les hommes
Actes Sud
216  pages
18.5  euros

09-05-2011

 

    « Un été sans les hommes » confronte le lecteur à quatre générations de femmes en suivant leurs destins de l’adolescence à la vieillesse et la mort. Les personnages sont marquants, souvent fragiles, et les sentiments et caractéristiques de chaque âge sont dépeints avec justesse comme leur évolution au cours du temps. Mia, la narratrice, 55 ans, a sombré dans la folie lorsque son mari lui a proposé de faire une parenthèse dans leur vie de couple, pause due à une belle et jeune collègue française qu’elle surnommera d’ailleurs « La Pause ». Internée, elle se retrouva au milieu de lourds cas psychiatriques qu’elle quittera pour sa région natale, le Minnesota, où elle tente depuis de se reconstruire en revivant sa vie de petite fille, de jeune femme, de femme et de poète. Elle retrouve sa mère qui vit dans une résidence entourée de veuves joyeuses (les Cygnes), pleines de vie et d’humour sans pourtant oublier que la fin approche. Elle se lie d’amitié avec sa jeune voisine, mère délaissée et brisée par son mari hurleur. Elle anime enfin un atelier d’initiation à la poésie pour sept adolescentes (les sorcières) que la cruauté et la perversité animent parfois à l'orée de leurs vies d’adultes. Quatre générations de femmes sans hommes, sorte de bilan d’une vie de femme voire de la vie de la Femme. Siri Hustvedt avec une écriture irréprochable et accomplie réussit à chaque livre à happer le lecteur dans son univers, dans le monde de ses personnages, mais ici, en le prenant à témoin, elle renforce encore sa proximité avec ces quatre générations de femmes. Siri Hustvedt un auteur à ne pas manquer (cf. livre du mois de janvier-mars 2011).

« L’enchantement réside dans le sentiment et dans la façon de raconter, voilà tout »

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Christine Le Boeuf

 


- 3 -



Paul AUSTER
Invisible
Actes Sud
294  pages
22.5  euros

15-04-2010

 

    Paul Auster continue de jouer avec ses lecteurs en cachant la fiction derrière la réalité et vice-versa. Un jeune américain, Adam Walker, naïf amoureux de la poésie et des poètes lie son destin à un mystérieux mécène français, Rudolf Born. Promesses professionnelles dans le financement d’un journal, promesses amoureuses en la personne de la femme de Rudolf mais toujours obscures promesses. Ils deviennent liés jusqu’au soir où de retour d’une soirée, Adam croit ou est certain d’être le témoin d’un crime, Rudolf assassine un jeune les ayant menacés. Sa vérité le mine, l'obnubile et l’aveugle. Il rejoindra, traquera Rudolf jusqu’en France pour le démasquer, crier sa vérité. Sa vérité ou la vérité ? Illusion ou certitude ?

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Christine Le Boeuf

 


- 2 -



Siri HUSTVEDT
Elégie pour un Américain
Actes Sud
400  pages
23  euros

14-05-2008

 

    Après la mort de leur père, dans une Amérique encore et toujours traumatisée par les événements du 11 septembre, une famille d’exilés norvégiens est en deuil. Erik Davidsen, psychiatre divorcé et sa sœur, Inga, jeune veuve dévastée d'un écrivain célèbre, découvrent une lettre qui leur apprend un pan inconnu de leur père et un secret passé. Pas à pas, les personnages vont se lancer dans leurs souvenirs et leurs rêves pourront aussi les épauler dans cette enquête qui est une enquête à la fois sur leur identité profonde et singulière comme sur leur pays et ses fondements, pays en dépression (« On aurait dit que la Dépression ne finirait jamais ») et en interrogation. Roman psychologique profond, puissant et dense.

Nous sommes des créatures fragmentées que nous cimentons comme nous pouvons, mais il y a toujours des fissures. Vivre avec les fissures, ça fait partie d’une vie, mettons, relativement saine.

En même temps, réalité est devenue en Amérique synonyme d’ignoble et de sordide. Nous pratiquons le culte de l’histoire vraie, de la confession intégrale, de la téléréalité, des gens réels dans leur vie réelle, les mariages de célébrités, leurs divorces, leurs vices, l’humiliation offerte en spectacle – notre version des pendaisons en publics.

Il est aussi blanc que vous, mais ses origines sont mêlées. Sa grand-mère était à moitié noire, avec un peu de sang cherokee, ce qui faisait de lui un Noir dissimulé, comme il disait. Vous savez, une seule goutte de sang. Miranda me lança un coup d’œil ironique. C’est ça l’Amérique.


Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Christine Le Boeuf

 


- 1 -



Paul AUSTER
Dans le scriptorium
Actes Sud
147  pages
18.5  euros

10-02-2007

 

    Un homme âgé se retrouve dans une chambre inconnue. Désorienté, il ne sait plus qui il est, il ignore pourquoi et comment il se retrouve assigné à résidence entre les quatre murs dénudés de cette pièce. La pièce est percée d'une unique fenêtre mais sans vision extérieure. Les visiteurs empruntent une porte à laquelle il ne peut accéder. De même pour un placard qui reste inaccessible. Ses visiteurs lui rappellent vaguement quelques souvenirs et le nomment Mr Blank (« le vide »). Ils semblent vouloir l’épauler pour retrouver le fil de sa vie notamment grâce à une série de photographies en noir et blanc, un manuscrit et un stylo. Qui est-il ? Pourquoi ces interlocuteurs (et notamment Anna si compréhensive) le maintiennent cloitré dans cette pièce et lui parlent de traitement médical ? Ils semblent tous avoir été à son service et lui reprochent de les avoir envoyés accomplir des missions qui ont laissé quelques traces. On apprend que ses faits et gestes sont enregistrés en temps réel par plusieurs caméras et micros. Que lui veulent ces mystérieux visiteurs ?

En peu de pages, Paul Auster aborde plus ou moins discrètement différents thèmes : historiques et contemporains avec l’histoire d’un pays qui ressemble beaucoup aux Etats-Unis mais aussi plus personnels peut-être avec le travail (solitaire) de l’écriture mêlant quelques références avec ses livres passés. Il mêle avec réussite fiction et réalité : à la fin du livre, le lecteur a la surprise de se retrouver dans une pièce agrémentée de multiples miroirs avec Mr Blank qui se reflète dans l’ensemble de ces miroirs et il est incapable de détecter le vrai Mr Blank des faux, mais existe-t-il d’ailleurs vraiment ?

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Christine Le Boeuf

 


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