'Partir, c'était moins douleureux qu'être parti.'   Clara Dupont-Monod

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



14866985

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Sinan Antoon - Seul le grenadier








Sinan ANTOON
Seul le grenadier
Actes Sud
320  pages
22  euros

05-03-2017

 

    Jawad est le fils cadet d’une famille chiite de Bagdad en plein règne de Saddam Hussein. Son père exerce un métier primordial pour la communauté, il lave et purifie les morts, les prépare avant de les remettre aux familles pour l’enterrement. Jawad aimerait échapper à son destin sur les traces de son père, et ainsi repousser quelques instants la mort : il espère devenir sculpteur au désespoir de son paternel, faire le choix de l’art qui « … permet à l’enfant enfoui dans l’adulte de s’épanouir. Il lui donne la liberté de jouer et de célébrer le monde et sa beauté. ». Au cœur de la guerre, les morts s’enchaînent, la mort étend son linceul et peu à peu rattrape Jawad et l’étreint, l’étouffe : « Mais, à l’époque, la mort était plutôt pudique et réservée, tandis que celle d’aujourd’hui ne nous lâche plus, elle s’est éprise de nous jusqu’à l’obsession. ». Les rêves disparaissent, ses études ne sont plus qu’un lointain souvenir, et le départ impossible, son destin comme le grenadier est au cœur de ce pays, Jawad prendra la succession de son père à sa mort. Il vit alors dans une grande solitude tandis que la frontière entre la vie et la mort s’estompe. Quotidien et chronologie d’une ville ravagée par les combats et les haines, d’un pays qui s’efface progressivement et douloureusement et des hommes qui l’habitent : éprouvant et hélas toujours d’actualité !

« Tous ces termes m’étouffaient, comme si c’étaient des clous rouillés dans mes poumons : chiite, sunnite, chrétien, juif, mandéen, yazidi, kitabi, rafidite, nasibite, athée. Si seulement je pouvais les effacer ou enterrer des mines dans la langue et les faire exploser pour qu’on ne puisse plus les employer. Mais encore, cela ne changerait pas le sens que portent les mots et les idées qu’ils symbolisent. Me voilà qui utilise, à mon tour, la langue du massacre et de la destruction. »


Ecouter la lecture de la première page de "Seul le grenadier"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Leyla Mansour

 


  Les titres de l'éditeur Actes Sud lus par Vaux Livres

  Compte-rendu précédent     Compte-rendu suivant  

Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture