« Je ne tue jamais le lundi. C'est une question d'exigence personnelle et de rythme. Il ne faut y ni superstition, ni vieille habitude de célibataire. J'ai toujours préféré les fins de semaine pour réaliser cette partie de mon oeuvre. »
Jean-Baptiste Destremau

Les livres du mois de la librairie Vaux Livres

Vaux Livres - Le livre du mois

Septembre-Octobre 2007


Abé Kôbô - La femme des sables






Le roman

Un instituteur passionné par d'insectes et collectionneur part à la recherche d'une nouvelle espèce dans une région sablonneuse du Japon. Le sable y est omniprésent, même les maisons sont au fond d'un trou entourées de sable. Ce trou se remplit inexorablement de sable, la menace d'engloutissement est permanente et chacun lutte continuellement contre le sable qui s'immisce partout, toujours en mouvement, progressant constamment sans aucune barrière véritablement efficace. Après une première journée de recherches infructueuses et une tempête, l'hospitalité lui est accordée et il descend par une échelle de corde dans sa nouvelle demeure où réside une femme. Le lendemain, l'échelle a disparu. Il est prisonnier. De qui ? De la femme ? Du village ? Du sable ? De la vie ? Il passe par tous les sentiments devant cet emprisonnement. Pourra-t-il s'enfuir ? La femme quant à elle remplit des sacs de sable la nuit pour les extraire vers le haut de la falaise et dort la journée. L'enlisement est repoussé temporairement comme une illusion. L'angoisse l'envahit et atteint aussi le lecteur. Arrivera-t-il à s'extraire de ce cauchemar où il est privé de toute liberté ? De l'espoir de s'échapper ou du sable, lequel des deux est le plus obsédant ? Et puis, peu à peu, il devient partie intégrante du lieu et tient son rôle malgré lui dans cette lutte incessante contre le sable déclaré vainqueur d'avance. Esclave de tous les instants, alors qu'il a l'occasion inattendue et exceptionnelle de s'échapper, il restera : " J'ai le temps, tout le temps... "
Un roman angoissant et oppressant qui fait presque poindre le goût de sable dans la bouche du lecteur. En outre, ce roman d'une richesse exceptionnelle recèle de nombreuses interprétations possibles que chacun adoptera ou non au gré de sa lecture : métaphore de la condition humaine, de la société et de ses fondements, le sens à la vie et le mythe de Sisyphe, la liberté, le temps, la mort que l'on tente de repousser...

Abé Kôbô a obtenu pour ce livre le prix Akutagawa en 1962 et le prix du meilleur livre étranger en France en 1967. Teshigahara l'a adapté au cinéma et fut primé à Cannes.

Code : 2234054834
Editions Stock
375 pages
Prix : 9.15 euros


L'auteur

Abé Kôbô né au Japon (1924-1993) étudie d'abord la médecine comme son père. Mais dès son diplôme obtenu, il se consacre à l'écriture sans abandonner ses deux passions que l'on retrouvera dans ses récits : la médecine et les insectes.

Bibliographie