'Je me demande si, sans forcément en avoir conscience, on ne va pas vers les livres dont on a besoin. Ou si les livres eux-mêmes, qui sont des êtres intelligents, ne détectent pas leurs lecteurs et ne se font pas remarquer d’eux. Au fond, tout livre est un Yi King. Tu l’ouvres et c’est là, tu es là.'   Andrès Neuman

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Hélène Gestern




- 5 -



Hélène GESTERN
Un vertige
Arléa
95  pages
16  euros

07-08-2017

 

    Hélène Gestern nous propose deux courts textes, Un vertige et Une séparation, qui se répondent et nous proposent une analyse fine, chirurgicale de l’éloignement amoureux et de la rupture : l’amour et ses multiples facettes, entre douceur et violence, du « vertige exquis » au terrifiant vertige. Elle nous décrit avec précision (comme à son habitude) les moments de tension, les moments d’attente, les moments où l’autre est l’essentiel et l’unique préoccupation, la solitude, les manipulations que l’on accepte et supporte puis qui suscitent la peur, la destruction de l’être menant à l’isolement, les indices de la future séparation que l’on commence par refuser puis que l’on accepte tout en continuant d’espérer jusqu’à l’issue fatale où seuls les souvenirs demeurent.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Hélène GESTERN
L'odeur de la forêt
Arléa
700  pages
27  euros

26-09-2016

 

    Elisabeth Bathori, une historienne de la photographie, travaille à l’Institut pour la Mémoire Photographique du siècle, on ne sera donc pas surpris de retrouver d’emblée deux mots chers à Hélène Gestern : mémoire et photographie. Elisabeth Bathori est naturellement une vraie enquêtrice, elle ne peut lire un extrait de correspondances sans réagir. Alors quand elle se retrouve en possession des lettres qu’Albert Willecot mort pendant la première guerre a écrit à son ami Anatole Massis où il n’hésite pas à parler de l’horreur de la guerre qui fait oublier jusqu’à l’odeur de la forêt sans oublier sa passion pour la poésie d’Anatole, elle ne peut que partir à la recherche des réponses d’Anatole. Photos après photos, cartes postales de propagande, lettres après lettres, Elisabeth remonte le temps et la mémoire pour suivre les traces des deux hommes et retranscrire leurs vies, la petite histoire au cœur de la grande. La narration mêle cette enquête au quotidien d’Elisabeth, à son intimité, une vie en marche vers une reconstruction et plus de sérénité. Comme à son habitude, Hélène Gestern multiplie les sources d’information pour construire une enquête efficace qui nous parle de mémoire, d’identités et de lignées, d’histoire, de guerres, de destins, dans un texte construit, dense, riche et ample, avec une intrigue qui tient en haleine. Du grand art !

« J’empruntais la vie d’une autre, je mettais mes pas dans les siens, j’adoptais son histoire. Etait-ce malsain, morbide, immoral ? Je ne le savais pas et je n’avais pas voulu me poser la question, me laissant guider par une mémoire qui ne m’appartenait pas, mais dont j’épousais sans discuter les méandres. Parce que, à la faveur de cette enquête sur les lettres centenaires d’un soldat dont j’ignorais l’existence quelques mois plus tôt, quelque chose d’infiniment lent avait commencé à remuer à l’intérieur de moi, quelque chose qui n’avait pas encore ni forme ni nom, mais qui poussait obscurément les parois du chagrin pour réclamer l’énoncé de la lumière. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Hélène GESTERN
Portrait d'après blessure
Arléa
233  pages
20  euros

31-08-2014

 

    Héloïse est documentaliste et collabore actuellement avec Olivier qui travaille sur une émission exposant les liens entre photographie et Histoire. Ce jour, ils vont déjeuner et prennent le métro. Une bombe explose, leur rame est atteinte. Olivier blessé va tout faire pour extraire Héloïse, il la porte, ils sont couverts de sang, elle a ses habits déchirés, et un photographe « immortalise » le moment. La photographie parait dans un journal à scandales et sur Internet. Sans autorisation, ni avertissement. Un instantané volé (Témoignage ? Voyeurisme ? Droit à l’information ?) qui prend sa place dans le flot des images, que beaucoup ignoreront, oublieront (« des images, on en a plein les yeux, je le sais parce que j’ai internet, pour bavarder avec mes petits-enfants. On ne les regarde même plus. Ce qu’il y a derrière, la vérité des corps, l’amour ou l’oppression, on s’en fiche. ») et pourtant… leur famille, leur entourage, leurs amis s'interrogent. A leurs questions, il faut trouver des réponses, sans être fautif, il faut néanmoins établir une stratégie. Cette une leur est maintenant irrémédiablement associée, comme gravée en eux, sur leur front et pourront-ils s’en extraire ? Chacun d’eux réagit à sa façon à ces questions, à ces regards interrogatifs, insistants ou suspicieux, à ce viol de leur intimité. Après cet évènement et la divulgation de cette image, en trois mois, leurs vies seront bouleversées (« Les choses ont changé, en effet. On peut même aller jusqu’à dire que rien ne sera plus jamais pareil… Nous ne retournerons pas déjeuner à Odéon de sitôt. »), eux qui travaillent sur l’image voient leurs existences basculées par l'une d'elles et pourtant, l’avenir les appelle et il faudra bien rebâtir sa vie et se reconstruire. A travers le destin de deux êtres attachants et blessés, Hélène Gestern nous interroge sans aucune lourdeur sur le droit à l’information et ses limites, sur la puissance d’Internet difficilement maîtrisable, sur le pouvoir des images, sur certaines pratiques journalistiques outrancières et sur l’avalanche d’images qui nous étouffent.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Hélène GESTERN
La part du feu
Arléa
220  pages
19  euros

21-01-2013

 

    Un jour, "presque par hasard", le père de Laurence Emmanuel lui avoue un secret pesant touchant leur passé commun. Nouvelle bouleversante, inattendue quoique « Je savais depuis tout à l’heure, et sans doute depuis plus longtemps encore, ce que j’allais entendre et que j’avais préféré ignorer, tant il était facile de laisser couler le temps comme l’eau, de fermer les yeux et de croire que l’ordre des choses demeurerait immuable. ». Immédiatement, Laurence Emmanuel va vouloir savoir, enquêter, fouiller le passé, partir sur les traces de quelqu’un pourtant disparu (point commun avec l’excellent « Eux sur la photo »). Rapidement, elle croise dans ce passé un homme, Guillermo Zorgen, figure de l’extrême gauche des années 70, période où le feu couvait derrière chaque engagement, mais pouvait aussi détruire quand certains le jugeaient nécessaire (« … tutoyer la mort, la frôler d’aussi près que possible, dans l’espoir de la rencontrer. »). Quels liens pouvaient donc exister entre ses parents et Guillermo Zorgen et ses engagements ? Son enquête lui ouvre des avis et des voies discordantes mais révèle une période unique où les engagements, les combats, les passions s’unissaient dans des destins parfois tragiques. On est loin de l’image idyllique que certains médias tentent d’imposer aujourd’hui, et l’Etat n’était pas en reste… les violences et manipulations traversaient tous les camps ! Laurence Emmanuel saura se trouver dans ce passé, se reconstruire en ne compromettant aucunement les liens affectifs avec ses parents, « Je ne voulais plus savoir, mais comprendre, ce qui n’avait rien à voir… ». Hélène Gestern confirme avec ce deuxième roman envoûtant sa maîtrise de la narration, Eux sur la photo était un roman épistolaire, ici, elle entremêle avec succès le récit de coupures de journaux, de lettres, d’articles et autres manifestes politiques, les voix se multiplient mais la recherche du passé, des secrets demeurent, sans aucun essoufflement.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Hélène GESTERN
Eux sur la photo
Arléa
274  pages
19  euros

12-06-2011

 

    Une photographie retrouvée parmi les papiers familiaux incite Hélène à partir sur les traces de sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Le silence familial a toujours laissé ses questions sans réponse. Une petite annonce et Stéphane vivant en Angleterre répond après avoir reconnu son père, un père qu'il a toujours senti distant : "De quels secrets a-t-on voulu nous protéger, et au prix de quels mensonges ?". A distance, ils se lancent dans une enquête contre le silence, vers le passé tu, un passé sur le papier qui reprend vie parfois après quelques hésitations, pas à pas, pièce après pièce, enquête coopérative malgré une appréhension parfois différente des avancées. Que vont-ils découvrir ? Vont-ils l'accepter, le digérer pour finalement mieux se connaître ? L'image (la photo ?) qu'ils ont d'eux et de leurs familles ne va-t-elle pas s'en trouver bouleversée ? Hélène Gestern sur un thème assez commun réussit parfaitement sa partition par la singularité de la forme et du traitement qu'elle a adoptée.

"Vous me demandez qui va se souvenir de nous. Je vous dirais volontiers que c'est d'abord à nous de nous en soucier. De recréer un présent qui nous appartiendra et que nous ne nous disputerons pas les morts. Nous sommes poussés en avant, c'est vrai. Mais d'un même mouvement, cette fois."

Premier roman

Thème(s) : Littérature française

 


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