'L’homme consommateur est tout occupé à courir derrière sa fortune et sa sécurité, il ne demandera au fond qu’à renier des libertés dont il ne veut plus courir le risque.'   Georges Bernanos

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Grasset




- 6 -



Marie LE GALL
Mon étrange soeur
Grasset
215  pages
18  euros

17-03-2017

 

    Elles sont sœurs et ne font qu’une malgré leur grande différence d’âge, dix-neuf années les séparant. En effet, devenue adulte, la narratrice, la plus jeune d’entre elles, se décide enfin à revenir sur leur existence. Ses cinq premières années furent baignées par son admiration et son amour absolus pour sa grande sœur. Une sœur différente, restée enfant, versatile, aussi joyeuse que triste, aussi rieuse que désespérée. La cause restait mystérieuse pour la petite fille, une maladie infantile, la terreur ressentie pendant les bombardements de Brest ou autre chose… Leur relation oscille entre joie et souffrance, compréhension et incompréhension, puis les adultes décidèrent de les séparer, la petite a cinq ans, et l’éloignement de sa sœur la bouleverse. Les rôles s’inverseront rapidement, la petite portera la famille sur ses frêles épaules, toujours, jusqu’à la fin, une vie sous influence, effacée, ignorée, bien loin de la liberté : « Alors il n’y avait plus rien, plus rien qu’elle, elle encore, la Sœur qui prenait toute la place, qui me volait ma vie jusqu’au bout, jusqu’à ce que je n’en puisse plus de lutter pour ma liberté. Comme si j’avais eu un autre chemin que le sien ! Comme si j’avais eu une autre peau que la sienne collée à la mienne ! Comme si j’avais eu un seul désir et la liberté de le réaliser ! » Elle passera beaucoup de temps dans les établissements médicaux, pour suivre sa sœur mais aussi sa mère. Un chemin oppressant, exclusif qui aurait pu la voir se perdre. Le personnel médical, pas toujours à la hauteur, est parfois loin de mesurer le poids de cette prise en charge solitaire. Puis son regard évolue, son appréhension de cette sœur différente change, les questions commencent à poindre, les silences questionnent, quelques énigmes apparaissent... Un long chemin, une émouvante confession où folie et amour s’unissent pour découvrir une vérité stupéfiante qui libèrera enfin la narratrice.

« Les normaux ne comprennent rien, ce sont eux qui sont fous. »

« Faut-il donc des êtres qui souffrent pour que les autres puissent goûter avec plus de délices leur misérable bonheur, savourer leurs joies dérisoires, s’empiffrer de leurs minuscules plaisirs d’un bout à l’autre de leur vie ? »

« Les fous marchent sur la crête de la vie, un souffle les renverse. »



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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Marie Le Gall lus par Vaux Livres

 


- 5 -



Angélique VILLENEUVE
Nuit de septembre
Grasset
155  pages
14  euros

19-06-2016

 

    Une mère, Angélique Villeneuve, est à terre. Elle est atteinte, son fils, une nuit, dans sa chambre, s’est tué. Vingt ans de bonheur, de partage, pulvérisés en un instant. Les interrogations s’imposent, deviennent omniprésentes sans pour autant nous relater le passé de la famille et les éventuelles raisons de cet acte. Est-il parti accompagné de ces lumineux instants partagés ? Comment continuer sans lui, avec lui, sans créer de chapelle et de mausolée ? Les mots évidemment sont au centre du chemin emprunté par la mère : les entendre, les dire, les accepter, comme ce mot suicide qui siffle comme un serpent jailli d’un taillis ou comme ce mot qui néanmoins n’existe pas en Français qui la désignerait comme « orpheline d’enfant » ou plus simplement comme son prénom tant de fois exprimé sans y prêter attention. Comment vivre avec sa présence permanente malgré son absence définitive ? Pourra-t-elle être autre que la mère d’un suicidé ? Le regard des autres, leur peur, évolueront-ils ? Angélique Villeneuve nous parle avec franchise de son parcours intime dans ce chaos, de l’état de choc qui l’anéantit jusqu’à ces petits instants où la vie la pince et lui envoie de légers flashs de lumière. Pour cela, elle pratique dans ce récit le tutoiement, impliquant évidemment immédiatement le lecteur et établit ainsi un dialogue entre la mère dévastée et l’écrivain voire entre deux mères. On retrouve naturellement la superbe et précise écriture d’Angélique Villeneuve dans ce récit juste, pudique, digne, émouvant, doux et chaud par l’humanité qui s’en dégage, il rejoint le camp des livres qui nous font grandir et nous aident à vivre.

« Lorsqu’un enfant meurt, est-on toujours sa mère, est-ce qu’un enfant perd sa mère en même temps que la vie ? »

« Faudrait-il, de surcroît, se remettre de ce que l’on vit ? »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Angélique Villeneuve lus par Vaux Livres

 


- 4 -



Jean-Louis FOURNIER
Où on va, papa ?
Grasset
156  pages
15  euros

27-10-2008

 

    Jean-Louis Fournier écrit une longue lettre pour « écrire des choses que je n’ai jamais dites… à ses deux fils Thomas et Mathieu, lettre qu’ils ne liront du fait de leur handicap. Mais par sa lettre, il s’adresse évidemment aussi à son entourage proche et moins proche, à ceux qui n’ont jamais su qu’il avait deux enfants handicapés, à chaque père, mais aussi à chaque mère, à chacun de nous. Avec pudeur et distance, retenue et humour, sans compassion, voyeurisme et misérabilisme, il raconte simplement et sincèrement le quotidien d’un père que sa femme a quitté face à ses difficultés, ses peines et ses joies, sa culpabilité et ses regrets. Le ton est à la hauteur du drame, sans fausse note. La dérision et l’autodérision le font tenir et emportent le lecteur sans toutefois cacher totalement les sentiments réels de ce père si humain. De l’émotion à l’état brut.

« Un père d’enfant handicapé doit porter sa croix avec un masque de douleur. Il n’a plus le droit de faire rire ce serait du plus parfait mauvais goût. Avec deux, il doit avoir l’air deux fois plus malheureux. C’est une question de savoir vivre. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Sorj CHALANDON
Le petit Bonzi
Grasset
348  pages
18.5  euros

21-03-2008

 

    Sorj Chalandon nous fait rencontrer Jacques Rougeron, douze ans, bègue et fils unique d’un père dur et à la main lourde et d’une mère en retrait. La famille est pauvre et habite Lyon. Malheureux de son bégaiement, sa vie est plus légère grâce à son ami, à son frère, à son confident, Bonzi qui l’aide et le soutient. Ils ne font qu’un. Jacques tente de se soigner grâce aux herbes jusqu’à en être malade. Son bégaiement ne l’empêche pas d’être amoureux des mots (et de Guignol). Le lecteur suit avec intérêt les aventures de ce gamin et sa lutte contre ce bégaiement qui n’en finit plus. Un livre touchant sur l’imaginaire des enfants, sur le langage et le bégaiement.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Sorj Chalandon lus par Vaux Livres

 


- 2 -



Malika MOKEDDEM
Mes hommes
Grasset
293  pages
19  euros

29-06-2007

 

    Par sa révolte, son désir de liberté et d’indépendance dans un monde d’hommes, une Algérienne devient médecin écrivain. Elle ne le doit qu’à sa ténacité et à son amour de la vie qu’elle prend bien en main, elle ne laissera personne décider quoi que ce soit pour elle. Sa vie est éclairée par des rencontres amicales ou amoureuses qu’elle vit sans retenue et avec fougue. Pourtant elle ne pourra jamais refermer la plaie représentée par son désir de trancher avec le modèle de vie parental. Un combat pour l’indépendance et pour la liberté.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 1 -



Sorj CHALANDON
Une promesse
Grasset
273  pages
15  euros

10-12-2006

 

    Le titre l'indique : c'est l'histoire d'une promesse. Une promesse qu'un groupe de sept amis d'un petit village mayennais s'est faite. Mais cette promesse, ils l'ont aussi faite à Etienne et Fauvette qu'ils visitent à tour de rôle dans leur maison "Ker Ael". Elle s'occupe en faisant des mots croisés, il regarde et regarde encore un timbre mais surtout ils continuent de s'aimer tendrement. Ces visites réglées sont leur seul contact extérieur. Chaque visiteur a une tâche particulière et consigne sa visite dans le carnet gardé précieusement par Bosco, cafetier du village. Pourtant la mort rode alors que cette promesse reste un obstacle mais pourra-t-elle durer ? Un beau texte sur l'amitié, la fraternité, la fidélité, le dévouement et la mort.

Prix Médicis 2006

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Sorj Chalandon lus par Vaux Livres

 


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