'L’art de ne pas faire ce qu’on attend de vous exige la précision du chirurgien et l’entêtement du fou. '   David Trueba

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



13259661

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Laurent Mauvignier




- 4 -



Laurent MAUVIGNIER
Continuer
Minuit
240  pages
17  euros

02-08-2016

 

    Sybille fut une jeune étudiante brillante, et pleine de vie. Son quotidien oscillait entre révisions, fêtes et amours. Elle ambitionnait de devenir chirurgien et la voie était ouverte. Puis, en une nuit, sa vie bascule et se réoriente définitivement. Une vie moins étincelante, elle se marie néanmoins, et a un fils, Samuel. Alors quand Samuel semble emprunter un chemin chaotique et dangereux, elle réagit enfin, elle ne peut le laisser se fourvoyer sans rien tenter. Elle a le projet insensé de partir seule avec Samuel quelques temps au Kirghizistan et de randonner dans les montagnes à cheval. Sauver Samuel par la solitude et l’immensité des paysages, le ramener à la réalité par les rencontres et l’hospitalité des Kirghizes pourtant bien loin du confort bordelais de Samuel, recréer des liens pour pouvoir espérer continuer. Encore un grand Mauvignier qui campe avec Sybille un personnage fragile et volontaire, humain et attachant, analyse avec précision les relations filiales entre un ado et sa mère placés dans des situations très variées voire extrêmes, et confirme qu’il est toujours aussi efficace quand il joue avec le rythme de la narration.

« Si on a peur des autres, on est foutu. Aller vers les autres, si on ne le fait pas un peu, même un peu, de temps en temps, tu comprends, je crois qu’on peut en crever. Les gens, mais les pays aussi en crèvent, tu comprends, tous, si on croit qu’on n’a pas besoin des autres ou que les autres sont seulement des dangers, alors on est foutu. Aller vers les autres, c’est pas renoncer à soi. »


Ecouter la lecture de la première page de "Continuer"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Laurent MAUVIGNIER
Autour du monde
Minuit
372  pages
19.5  euros

26-10-2014

 

    « Il aura parcouru la Terre comme pour rappeler que tous les objets du monde sont reliés entre eux d’une manière ou d’une autre et qu’ils se touchent les uns les autres. » : une quinzaine de trajectoires ou personnages principaux en mouvement pour renforcer cette idée. Seul lien entre eux : le tsunami de 2011 au Japon, une longue vague, qui déferle sur le monde et n’en finit plus, de les faire bouger, évoluer et pourtant chacun reste définitivement ancrer dans sa propre histoire.

Ecouter la lecture de la première page de "Autour du monde"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Laurent MAUVIGNIER
Ce que j'appelle oubli
Minuit
62  pages
7  euros

17-03-2011

 

    L’homme arrive dans un supermarché. La vie et le hasard l’ont mené là. Il erre jusqu’au rayon des canettes de bière. Il a soif, il en choisit une, l’ouvre et la boit. Immédiatement, quatre hommes de la sécurité l’encadrent, et lui demandent de les suivre. Il se laisse faire, ne cherche ni à s’expliquer ou se justifier, ni à se défendre, il les suit. Il se retrouve dans un endroit isolé au fond de la réserve et l’enfer commence. Les coups pleuvent, les ricanements et autre regards en biais explosent. Il se recroqueville, se tait, et attend, sans révolte, usé, seul face aux autres, face à nous, face à la société toujours plus agressive et offensive ou au contraire lâche et apathique. Il attend que cela cesse, ça ne peut que cesser, il se dira seulement, in fine, « pas maintenant, pas comme ça ». Une seule phrase, un long cri sans début ni fin, ininterrompu, récit étouffant, éprouvant, suffocant, asphyxiant, une chute vertigineuse dans un gouffre sans fin semble-t-il… Vous finirez le texte essoufflé ou oppressé, je vous l’assure, encore un très très bon Laurent Mauvignier qui, en s’inspirant de la réalité, nous offre encore un texte inoubliable et profond et une nouvelle variation autour « des hommes ».

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Laurent MAUVIGNIER
Des hommes
Minuit
281  pages
17.5  euros

24-08-2009

 

    Dès la première page, par son écriture, par ses descriptions, par ses dialogues, par ses personnages, Laurent Mauvignier capte le lecteur et ne le lâche plus. Né en 1967, Laurent Mauvignier n’a pas vécu la guerre d’Algérie ; longtemps les combattants de base ont gardé le silence à leur retour. Mais un jour pas comme les autres, le besoin est là, le passé et le présent ne font qu’un et il faut cracher le venin qui les infecte depuis 1962 par une confession sans retenue. Dans une petite ville française où tout le monde se connaît, Solange fête ses soixante ans dans la salle des fêtes du village. Les invités voient débouler son frère Bernard qu’on appelle maintenant Feu-de-Bois eu égard à l’odeur qui l’accompagne. Bernard vit à l’écart, seul, souvent saoul et sans le sou. Il offre à sa sœur une superbe broche et aussitôt la tension monte : où a-t-il trouvé l’argent ? Les vieilles affaires familiales ressurgissent… Bousculade, insulte, insulte raciste, coup de sang… Une enquête est déclenchée, déclic pour son cousin Rabut présent sur les lieux qui a vécu avec Bernard la guerre d’Algérie et n’en peut plus de son mutisme. Ces hommes brûlés de l’intérieur pour lesquels la guerre ne se terminera jamais vont se dévoiler dans cette tragédie en quatre actes. Sa longue confession revient sur son passé terrible et inoubliable qui terrifie toutes ses longues nuits. Laurent Mauvignier fait preuve d’une grande maîtrise dans cette évocation d’une histoire récente et encore brûlante où il ne s’agit jamais de juger, de choisir un camp, mais bien au contraire, où il s’agit des hommes et de leur capacité infinie d’(auto-)destruction. Il démontre encore une fois la puissance mais peut-être aussi la dangerosité du roman.

« Peut-être que ça n’a aucune importance, tout ça, cette histoire, qu’on ne sait pas ce qu’est une histoire tant qu’on n’a pas soulevé celles qui sont dessous et qui sont les seules à compter, comme les fantômes, nos fantômes qui s’accumulent et forment les pierres d’une drôle de maison dans laquelle on s’enferme tout seul, chacun sa maison, et quelles fenêtres, combien de fenêtres ? Et moi, à ce moment-là, j’ai pensé qu’il faudrait bouger le moins possible tout le temps de sa vie pour ne pas se fabriquer du passé, comme on fait tous les jours ; et ce passé qui fabrique des pierres, et les pierres, des murs. »

Thème(s) : Littérature française

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture