'Les femmes aiment aimer, et les hommes aiment être aimés, voilà ce que je crois.'   Aki Shimazaki

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Lydie Salvayre




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Lydie SALVAYRE
Pas pleurer
Le Seuil
280  pages
18.5  euros

14-08-2014

 

    Pas pleurer entrelace deux voies qui nous plongent dans l’Histoire. D’un côté, une femme du peuple, mauvaise pauvre (« Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule »), née en 1921, vit à 15 ans la fondation de la République espagnole comme une promesse de liberté et de bonheur. Soixante-quinze ans après, sa mémoire s'estompe mais néanmoins, elle n’a pas oublié cette année particulière et revient sur tous les évènements jusqu’à La retirada et son installation en France (« Après maintes péripéties, elle finit par échouer dans un village du Languedoc, où elle dut apprendre une nouvelle langue (à laquelle elle fit subir un certain nombre d’outrages) et de nouvelles façons de vivre et de se comporter, pas pleurer. Elle y vit encore aujourd’hui. »). Elle bouscule la langue pour raconter cette année marquante à sa fille qui reçoit avec un regard tendre l'histoire de sa mère mais aussi l'histoire de l'Espagne. De l’autre, Georges Bernanos fervent catholique voit ses convictions totalement ébranlées par le contact direct avec le conflit et ses horreurs. Sans retenue, il fait part de ses doutes et condamne l’église espagnole, et une caste de dirigeants intéressés (« l’association mafieuse de l’épiscopat avec les militaires et les classes possédantes, afin de mieux défendre ses propres intérêts. »). Sans artifice les faits exposés démontrent la bassesse et la lâcheté des acteurs, la violence dont sont capables les hommes, les trahisons et rivalités internes mais aussi l’utopie et le rêve qui permettent aussi de vivre. Un texte souvent terrifiant qui revient sur une période cruciale de l’Histoire européenne qui trouve de nombreuses résonances dans l’actualité d’aujourd’hui.

« … les hommes d’argent méprisent ceux qui les servent par conviction ou par sottise, car ils ne se croient réellement défendus que par les corrompus et ne mettent leur confiance que dans les corrompus. »

« Bernanos découvrait, le cœur défait, que lorsque la peur gouverne, lorsque les mots sont épouvantés, lorsque les émotions sont sous surveillance, un calme, hurlant, immobile s’installe, dont les maîtres du moment se félicitent. »

« Je crois que le suprême service que je puisse rendre à ces derniers (les honnêtes gens) serait précisément de les mettre en garde contre les imbéciles ou les canailles qui exploitent aujourd’hui, avec cynisme, leur grande peur. »



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Thème(s) : Littérature française

 


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