'Je savais depuis longtemps qu’il ne faut rien attendre de personne. Ce qui était donné en plus, il fallait le prendre, mais surtout ne rien attendre. J’avais bien compris que la vie ne me devait rien.'   Eugène Durif

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Régis Jauffret




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Régis JAUFFRET
Lacrimosa
Gallimard
218  pages
16.5  euros

21-08-2008

 

    Régis Jauffret continue de renouveler avec réussite à chaque roman. Lacrimosa est un roman épistolaire entre le narrateur, un écrivain que le lecteur attentif reconnaîtra et Charlotte. Ils étaient amants lorsque Charlotte s’est suicidée et elle écrit du Néant ou de l’au-delà. L’échange et le dialogue évoluent au cours du livre. Correspondance d’amants aimants jusqu’aux lettres de reproches (« Tu devrais tout de même savoir qu’on ne fait pas de scène de ménage à une morte ! »), aucun ton n’est omis. Elle le tutoie, il la vouvoie, elle l'apostrophe, il élude... Les lettres dévoilent leur relation et leurs personnalités. Elle aime la vie mais reste insatisfaite (« Ce que vous avez pu lutter, ce que vous avez pu vous débattre, ce que vous avez pu nager, pour garder la tête hors de l’eau, pour continuer à bouffer l’existence »), comme son amour non réciproque pour le skipper. Il est écrivain et demeure plus attentif, selon elle, à la prochaine page à écrire qu’à son entourage (« Et tu as fait de moi un procédé romanesque ! »). Un roman extravagant, inventif, original dans la forme et le ton, ne dédaignant pas l’humour moqueur, l'autodérision et l’ironie. Du plaisir à chaque page.

« La mort est une grand-mère qui rattrape les enfants qui lorsque la nuit tombe cherchent à fuguer. Elle les met au lit sans même les gronder, et les embrasse tout autant que ceux plus affectueux qui sont venus en plein midi lui réclamer un câlin au lieu de continuer à jouer sur la plage avec leurs petits copains. »

« Les morts ne se désaltèrent pas aux yeux des vivants, qu’ils gardent donc le jus de leurs glandes lacrymales pour saler les routes ! »

Thème(s) : Littérature française

 


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