'L'ordre n'existe pas sans le concept de société. On pense souvent l'inverse mais on se trompe. L'homme a créé l'ordre alors qu'on n'exigeait rien de lui. Il s'est cru malin. Grand mal lui a pris.'   Philippe Claudel

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Silvia Avallone




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Silvia AVALLONE
Marina Bellezza
Liana Levi
542  pages
23  euros

13-09-2014

 

    Marina, Andrea et Elsa sont originaires d’une vallée perdue, encaissée au plus profond du Piémont. Jadis prospère, elle voit les entreprises fermer et se dépeuple peu à peu. « Ce n’est pas vrai que ce qui compte, c’est où on arrive. Ce qui compte, c’est d’où on vient. » et ces trois là vont l’éprouver. La belle, très belle, Marina, à la voix lumineuse, rêve d’ailleurs, de célébrité, elle sait qu’elle attire les regards et aime en jouer. Andrea après quelques années d’études préfère suivre les pas de son grand-père et exploiter une ferme d’alpage au cœur d’une nature sauvage et fière ; évidemment il n’a d’yeux que pour Marina alors qu’Elsa l’a toujours aimé. Amour impossible. Marina et Andrea dont les relations oscillent entre attirance et répulsion conservent leurs rêves sans oublier leurs racines et leur enfance accompagnés de failles profondes. Un combat pour grandir, un combat pour la liberté mais le prix sera peut-être cher à payer. Portrait attachant et émouvant d’une jeunesse qui vit sans retenue l’amour, l’amitié et ses rêves au cœur d’une société qui va à vau l’eau. Après « D’acier », une superbe confirmation que l’on dévore !

« Mais le fric a un prix, lui aussi. Il veut toujours quelque chose en échange : ton temps, ta fatigue, et surtout un bon morceau de ta conscience. »

« Une sorte de miracle. Une des raisons pour lesquelles on choisit ce genre de vie. Il n’y a ni vacances ni treizième mois, et on ne devient pas riche. Le vrai gain, c’est voir les clients revenir parce que votre beurre, votre tomme, les produits que vous avez fabriqués de vos mains sont meilleurs que les autres ; attendre la naissance d’un veau ; apprendre à lire dans l’étendue du ciel même les signes les plus imperceptibles des saisons, et accorder le rythme de son corps à celui de la terre, sa liberté à la sienne. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Françoise Brun

 


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Silvia AVALLONE
D'acier
Liana Levi
387  pages
22  euros

11-04-2011

 

    Anna et Francesca sont deux jeunes ados italiennes de 13-14 ans du début des années 2000, loin de l'Italie historique ou touristique. Blonde et brune, elles vivent dans une cité ouvrière toscane bâtie autour d’une aciérie omniprésente, personnage à part entière, sorte de monstre aussi amical qu'hostile. On naît là et on y meurt. Anna et Francesca sont unies par une forte amitié, proche de l’amour, et partagent le rêve de s’extraire de cet univers, de transcender leur condition. Elles sont belles, jeunes, attirantes, elles le savent et en jouent dans ce monde qu’elles souhaitent quitter, bien loin du choix de leurs mères qui ont tout accepté. Mais D’acier est aussi le portrait d’une génération et d’un milieu social qui ne croit plus dans le bonheur collectif, un monde désenchanté, sans avenir, sans rêves ou alors limité au dernier modèle de la Golf, qui n’attend guère plus que quelques instants de bonheur volés par ci par là (Carpe diem), moments furtifs d'enchantement à ne pas rater et à saisir absolument. Leur point d’ancrage demeure la famille mais elle aussi est souvent à l’image de la société, en péril. Seule issue donc, l’amitié entre ces deux gamines qu’elles pensent indéfectible... Superbe premier roman ancré dans le quotidien de nos sociétés et animé par de nombreux portraits d’une grande ampleur. Silvia Avallone évite une noirceur pesante par la dualité constante du récit (beauté-laideur, plage-immeubles, Ile d’Elbe-Stalingrado, vie-mort…) mais surtout réussit à l'illuminer par la beauté et l’amitié de deux ados en train de devenir femmes.

Premier roman

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Françoise Brun

 


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