'Nous sommes tous esclaves des mots.'   Raphaël Jerusalmy

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Thomas B. Reverdy




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Thomas B. REVERDY
L'hiver du mécontentement
Flammarion
220  pages
18  euros

16-08-2018

 

    Fin 78, la colère gronde en Angleterre, la grève s’étend, l’économie est proche de l’arrêt : « ... en ce commencement d’automne 1978, quand l’histoire est déjà entamée, qu’elle vient de plus loin, comme en dehors d’elle, mais qu’on ne sait pas encore où elle va ni comment les choses vont se nouer exactement. A ce stade de l’histoire, personne ne sait trop bien ce qui peut arriver. » Les manants commencent de relever la tête et de ne plus accepter leur condition : « Toute l’Angleterre était au bord d’une espèce de précipice en 1978. » Tous les secteurs sont touchés, les relations dans les entreprises changent et prennent en compte ce ralentissement et cette incertitude : « ... lorsque le dérèglement est général, rien ne peut l’arrêter, c’est comme une révolution sans armes. » Parmi eux, Candice est une jeune femme qui jongle entre son boulot de coursier à vélo et ses répétitions théâtrales : elle jouera le rôle titre dans Richard III. Aujourd’hui et hier, il est donc question de pouvoir, de comédie, de conquête du pouvoir, finalement peu d’évolution ! C’est le moment aussi où une femme d’abord discrète apparaît, elle sourit, joue habilement avec les images et les symboles (« Il n’y a pas besoin de faire pour régner. Juste d’attendre... Le pays est tellement exaspéré qu’elle n’a rien à faire. »), les travaillistes seront balayés par Margaret Thatcher qui assistera à la première des Shakespearettes et l’hiver du mécontentement donnera naissance à un nouveau monde, une nouvelle ère, les manants (le mouvement Punk ne résistera pas non plus) rejoindront leur place pour très longtemps !

« Les forts haïssent les faibles, c’est là leur seule faiblesse. »

« Le chaos, c’est quand tout devient possible. Personne n’est assez malin pour maîtriser ça, sauf peut-être le diable. »

« On dirait que les familles sont faites pour ça. Elles créent des rôles, des règles, des interdits et des silences infranchissables. Tu deviens un individu, mais dans la famille non, tu dois tenir un rôle, respecter les règles, ne pas transgresser, se taire. A la fin c’est toujours à elle qu’on en veut... »

« Car c’est cela, le pouvoir, ce n’est que cela : une comédie. Comme mettre une claque à un gamin. Humilier un subalterne. Forcer une femme. Allons ce n’est pas sérieux. Comment peut-on se prendre au sérieux en faisant cela ? Comment peut-on s’enorgueillir d’être ainsi un fort parmi les faibles ? Comment peut-on y croire soi-même ? »

« Aujourd’hui, fini de rêver. Il n’y a pas d’alternative. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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Thomas B. REVERDY
Il était une ville
Flammarion
270  pages
19  euros

28-07-2015

 

    Detroit, la ville de l'automobile, le mythe, « le travail est un divertissement puissant. ». Puis un jour en 2008, les voitures s'en vont, les hommes suivent, enfin ceux qui le peuvent. Pour d'autres fuir est impossible et ils demeurent dans cette ville fantôme dévastée (« Traverser la ville me donne toujours l'impression de regarder un porno. Tu sais, une fascination coupable. »), cimetière de notre civilisation, en tentant de survivre et en espérant peut-être découvrir le nouveau rêve américain. Et les comportements classiques de l'homo sapiens persistent au milieu de cette misère, quand certains se soutiennent et s'entraident, d'autres se laissent aller à exploiter cette détresse. Comme dans un western classique, un cow-boy solitaire débarque de manière incongrue dans la ville désertée à la grande surprise des survivants. Il s'appelle Eugène, jeune ingénieur français, il doit concrétiser un projet de transformation pour l'industrie automobile mais Eugène préférera partir à la rencontre de cette ville et de ses habitants. Il croisera dans un bar Candice et son histoire aussi chaotique que celle de Detroit, et ces deux là apprendront à se connaître dans cet environnement bien singulier. Dans ce même quartier, le petit Charlie comme beaucoup d'autres enfants vient de disparaître et sa grand-mère Gloria avec l'inspecteur Brown partent à sa recherche. Par ces deux biais, Thomas B. Reverdy happe le lecteur et place à nouveau son histoire et ses personnages au cœur d'une catastrophe éprouvante, catastrophe économique cette fois, qui, pratiquement du jour au lendemain, bouleverse, transforme, maltraite la vie, les espoirs et les rêves. Fort, percutant et sensible !

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Thème(s) : Littérature française

 


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Thomas B. REVERDY
Les évaporés
Flammarion
305  pages
19  euros

28-10-2013

 

    Au Japon, les disparitions n’engendrent que le silence, la vie continue, aucune recherche n’est lancée (« Il faut que vous sachiez d’abord qu’ici, au Japon, un adulte a légalement le droit de disparaître… Dans le fond c’est une sorte de déménagement, mais sans laisser d’adresse. »). Les évaporés (ou johatsus) ne laissent pas de trace (« Qu’on ne retrouve pas les évaporés du Japon. ») et s’éloignent simplement. Richard B. un Américain poète suit pourtant Yukiko, la femme qu’il aime encore et qui avait fui des années plus tôt le Japon, afin d’enquêter et de comprendre pourquoi Kaze, son père, s’est évaporé. Cette enquête le mène à la rencontre des Yakuzas modernes et dans les quartiers pauvres de l’île, au cœur des camps de réfugiés ; après le tsunami et Fukushima (« Tout est blanc, même le bruit. »), le Japon et son économie sauront trouver et employer ces évaporés… Evidemment la fuite est au cœur de ce roman troublant et sensible : Pourquoi partir ou fuir ? Fuir, n’est-ce pas continuer de lutter pour vivre ? Peut-on imposer ce départ aux siens ? Que vont-ils ressentir ? Doivent-ils chercher les disparus ou accepter ? Peut-on oublier le passé ? Quid du contrôle de nos vies ? Notre vie est-elle vraiment notre vie ? A partir de quatre voix, de quatre itinéraires, de quatre visions, Thomas B. Reverdy nous offre un portrait instructif du Japon et de ses mystères, mais aussi un polar et un roman d’amour, et enfin un hommage à Richard Brautigan.

« La misère est une énergie renouvelable. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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