'Les cicatrices sont comme les années, se disait-il, elles s’accumulent petit à petit, et tout ça finit par faire un être humain.'   Robert Seethaler

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Flammarion




- 40 -



Brigitte GIRAUD
Un loup pour l'homme
Flammarion
246  pages
19  euros

01-08-2017

 

    Antoine est appelé pour l’Algérie en 1960. Fils d’un communiste qui refuse l’Algérie française, il ne portera pas les armes mais les brancards. Pourtant sauver et soigner se révèleront tout aussi éprouvants et dangereux que combattre. Non seulement, la mort peut le rattraper à tout instant comme chaque soldat mais il est aussi confronté quotidiennement aux morts, aux blessés, aux membres déchiquetés, aux souffrances corporelles ou psychiques, aux peurs. Et à chaque fois, il doit décider quitte à se tromper, « … cette responsabilité, celle de ne pas accomplir les bons gestes à temps. ». Il se transforme parfois en confident et se retrouve face à la guerre et à ses horreurs. Comment réussir à se soustraire à ce cauchemar ? Comment sortir du silence qu’imposent ces faits ? Lila, sa femme, enceinte (elle accouchera d’une petite fille), a décidé malgré le danger de le rejoindre à Sidi-Bel-Abbès, « Antoine va et vient entre les blessés et sa femme, ici la mort qui rôde et là la vie à venir. C’est un étrange face-à-face… ». Et surtout, il passe beaucoup de temps avec Oscar amputé d’une jambe qui refuse de parler ; il finira par gagner sa confiance et apprendra sa tragique histoire. Brigitte Giraud nous délivre un roman poignant, portrait d’un homme modeste qui jamais n’oubliera sa fraternité ni naturellement les ravages de la guerre et saura résister pour ne jamais sombrer dans la sauvagerie et la barbarie.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 39 -



Charlotte PONS
Parmi les miens
Flammarion
190  pages
18  euros

26-07-2017

 

    Manon apprend le grave accident de sa mère par sa sœur, au téléphone. La situation est grave, elle est plongée dans un profond coma. Manon n’a pas oublié les discussions avec sa mère quand elle était encore en pleine santé et possession de ses moyens : ne pas devenir un légume, en finir avant tout état végétatif, c’était une évidence. Alors Manon clame immédiatement, sans retenue, sans réfléchir, naturellement, « Autant qu’elle meure. ». Le père, et les deux autres enfants, choqués par cette réaction, refusent cette issue et la trouvent prématurée (« A partir de quand, me dis-je, à partir de quand est-il raisonnable de prononcer le mot ‘euthanasie’ sans passer pour un monstre ? »). Le premier roman de Charlotte Pons aborde donc au cœur d’une famille la fin de vie et l’euthanasie. Manon s’installe chez son père, frère et sœurs se retrouvent, ils ont grandi, vieilli mais sont encore enfants sans plus partager grand-chose (« Nos vies d’adulte pèsent bien plus que notre histoire commune et si elles nous éloignent les uns des autres, voire nous dressent les uns contre les autres, nous n’y trouvons rien à redire. »). L’état de la mère devient une préoccupation de tous les instants, agir, attendre, qui doit décider, quand décider… La question touche au présent mais aussi au passé, aux relations entre la mère et ses enfants, entre le frère et ses sœurs, entre les sœurs, entre le père et la mère, aux relations familiales dans leur globalité : « Il n’est pas question seulement d’euthanasie mais bien du lien que chacun d’entre nous entretient avec elle. Il est question d’être encore un enfant, une bonne fille, un bon fils. ». Charlotte Pons réussit à aborder de front une tragédie ordinaire qui guette chacun d’entre nous avec émotion naturellement, mais sans tristesse, met clairement en évidence les tensions familiales, l’impact du passé familial, malaxe l’humain et sa psychologie avec réalisme.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 38 -



Hubert BEN KEMOUN
Piégés dans le train de l'enfer
Flammarion
164  pages
13  euros

10-05-2017

 

    Le lecteur comme les héros de « Piégés dans le train de l’enfer » ont trois heures devant eux pour démêler les fils de l’intrigue et se sauver de l’enchaînement d’évènements improbables et inattendus ! Le lecteur sera dans son canapé confortablement installé, nous l’espérons, les protagonistes dans un train à destination de Toulouse qui fera une halte à Bordeaux. Peu de voyageurs dans le wagon concerné : chacun aura sa part de l’histoire et nous fera partager son point de vue. Teddy est ce qu’on appelle une mule, il convoie pour une belle somme (et ce n’est pas la première fois) un sac de sport fermé par un mince cadenas dont il ignore le contenu. Dimitri a pris place par hasard dans ce train pour passer le temps et apprécier la valeur de ses derniers larcins. Un couple de touristes, deux loustics qui passent leur temps à se provoquer, une jeune femme que son amant vient de quitter et qui a l’air un peu perdue, et quelques autres anonymes. Tous espèrent un voyage calme et sans anicroche… Néanmoins, leurs destins vont se croiser, voire se heurter, ils ne sont pas au bout de leur surprise et se souviendront longtemps de ce voyage singulier, certains d’ailleurs n’en reviendront pas… Le rythme est échevelé, l’intrigue parfaitement construite, le suspense brillant, la construction maîtrisée et justifiée. Un huis clos très très addictif, bravo !

Thème(s) : Jeunesse

Les titres de Hubert Ben Kemoun lus par Vaux Livres

 


- 37 -



Claude BENDEL
L'Accident
Flammarion
188  pages
16  euros

16-04-2017

 

    Thomas Leurling adore les livres et se plonger dans leurs univers, un refuge salvateur. Quand il osera écrire, il écrira le livre de sa vie et ce sera le seul. C’est son avocat commis d’office qui le lui avait demandé alors qu’il était en prison après un Accident mortel où tout l’accuse, même s’il continue de clamer son innocence. En écrivant, il remonte l’histoire de sa vie dans les années 60 dans l’Est de la France, de son enfance, de sa famille (sans fantaisie) et de ses secrets, de sa destinée tragique mais finalement attendue, aucun avenir n’était en effet prévu pour lui. Un premier roman avec une superbe écriture, où la littérature a un rôle bien plus attachant et émouvant que la justice !

Premier roman

« La justice serait un monde cruel où règnent le hasard et la violence. »

« … un des plaisirs de la lecture est la découverte, le hasard, le tâtonnement. Fréquente les librairies, lis quelques lignes, tu trouveras ta voie. Puis un livre conduit toujours à un autre livre, je ne sais pas pourquoi, c’est comme ça. »

« L’un des mystères insondables de la vie est celui de la présence dans la même personnes d’une intelligence supérieure et d’une âme basse. Le talent ne préserve pas de l’ignominie… »



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Thème(s) : Littérature française

 


- 36 -



Karine REYSSET
La fille sur la photo
Flammarion
294  pages
19  euros

09-02-2017

 

    Anna, la narratrice, a vécu plus de dix années avec Serge et ses trois enfants. Anna était la troisième compagne de Serge. Il eut un garçon avec sa première femme qui s’est suicidée et deux filles avec la deuxième. Un modèle de famille recomposée donc. Elle raconte la complicité qui s’était installée avec ces enfants qui n’étaient pas les siens, les rires, les jeux, leur connivence et les moments inoubliables… Mais elle raconte aussi, petit à petit, son éloignement de Serge, l’impression de ne pas exister. Elle attend tout de lui, il ne donnera rien. Elle revient également sur son enfance et son abandon par sa mère. Alors elle quittera elle aussi Serge et partira vers un amour plus chaotique. Un roman intimiste qui décline la fragilité des êtres, explore l’abandon, la séparation et les traumatismes qu’elle génère, les marques indélébiles de l’enfance et montre que nos choix d’adulte y sont souvent directement reliés.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 35 -



Véronique OVALDÉ
Soyez imprudents les enfants
Flammarion
348  pages
20  euros

27-10-2016

 

    Atanasia est une jeune adolescente pleine de rêves et d’espoir, mais le monde est triste, il faut en effet le changer, c’est simple et si vrai. D’autant plus qu’elle appartient à une famille d’imprudents touchée par « cette fatalité qui leur fait prendre leurs rêves pour argent comptant, qui leur attribue la conviction candide qu’ils pourront changer le cours des choses et qui les fait sombrer dans la mélancolie. » Etre imprudent n’est pas tous les jours facile, mais « … c’est quand on ne fait pas ce qu’on a toujours voulu faire qu’on devient un vieux con dépité. » Pour Atanasia, le déclic se produira lors d’une visite du musée de Bilbao devant une toile de Roberto Diaz Uribe. Cette peinture lui parle et elle souhaiterait rencontrer le peintre qu’on dit retiré sur une île. Atanasia part donc à sa recherche et l’enquête prendra la forme d’un voyage initiatique ouvrant les portes du monde et de la vie à Atanasia. Un nouveau personnage féminin attachant, vif et volontaire à la palette ovaldienne, le seul risque après la lecture de ce nouveau roman, c’est que vous refusiez de mettre un orteil à l’eau devant la vision de la moindre méduse, un animal loin d’être en voie de disparition !

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Véronique Ovaldé lus par Vaux Livres

 


- 34 -



Yasmina REZA
Babylone
Flammarion
220  pages
20  euros

23-08-2016

 

    Dans un immeuble, les voisins se croisent, se saluent et puis un soir, c’est l’invitation. Les Manoscrivi, Lydie et Jean-Lino, se retrouvent dans l’appartement d’Elisabeth et Pierre. Petite soirée tranquille avec les proches d’Elisabeth et Pierre et ces nouveaux venus, chacun tente de charmer l’autre, de plaisanter, on boit un peu plus que d’habitude, mais la raison veille. Et puis, chacun regagne ses appartements. Lydie et Jean-Lino continue la soirée, et un mot en appelle un autre, et un agacement devient énervement, et extraordinairement Jean-Lino tue Lydie, pour Lydie, c’était le moment : « On est quelque dans le paysage jusqu’au jour où on n’y est plus. » Sans réaction, ne sachant que faire, il court avouer à Elisabeth et Pierre son acte. Que faire ? Elisabeth et Pierre n’appréhendent pas de la même façon le fait divers et ses conséquences… Et chaque minute qui passe, chaque geste, peuvent laisser des séquelles, sauf pour Lydie, il est trop tard… Yasmina Reza décrypte avec humour l’engrenage qui amène parfois certains sur des chemins incertains…

« Toi aussi tu avances en âge de même que tous ceux que tu connais, et je me suis sentie comme appartenant à cette foule en route, main dans la main, avançant en âge vers une chose inconnue. »

« L’autre jour à la télé, j’ai entendu un type pas du tout vieux dire, Dieu me guide, chaque jour je lui demande conseil, même avant de venir sur ce plateau. Je me souviens d’une époque où une phrase pareille aurait provoqué l’hilarité. Aujourd’hui tout le monde trouve ça normal y compris sur les plateaux de télé intellos. »

« Ils ont du bol ceux qui pensent que la vie fait partie d’un ensemble ordonné. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 33 -



Serge JONCOUR
Repose-toi sur moi
Flammarion
428  pages
21  euros

03-08-2016

 

    Aurore et Ludovic ne partagent qu’une chose : la cour sur laquelle donne leur domicile respectif. Sinon absolument tout les sépare : leur origine sociale, leur éducation, leur niveau social, leur vision du monde, leur aspect, leur habitat, leur intégration à la vie parisienne... Et pourtant, au hasard d’une rencontre, l’état d’esprit de l’instant, une réaction particulière, et une relation forte va naitre entre eux deux. Ludovic vient de la campagne, il a laissé la ferme familiale à sa sœur et son beau-frère, et comme une sorte de corbeau des villes, il œuvre dans le recouvrement de dettes et côtoie en permanence « ces braves endettés qui se font piéger par des crédits… le plus souvent c’est à des vaincus qu’il a affaire… ». Il vit seul dans un petit appartement vétuste. Aurore poursuit une belle carrière de styliste, Parisienne typique, mariée à un Américain, cadre supérieur et sûr de lui, de beaux salaires, un bel appartement luxueux, deux enfants. Ils se croisent parfois et s’ignorent toujours. Puis, un jour, il s’aperçoit qu’elle ressent une peur bleue à la vue de deux corbeaux qui ont élu domicile dans leur cour. Et pour elle, il les tuera, acte singulier et violent mais néanmoins fondateur de leur relation ! Ils vont se rencontrer, se côtoyer, apprendre à se connaître et s’aimer mais aussi à se soutenir, se reposer l’un sur l’autre. Serge Joncour nous captive une nouvelle fois par ce double portrait qu’il dresse avec tendresse et humour mais aussi par la description de notre société, de ses dérives et de nos comportements et comme toujours, il fait preuve d’un grand discernement sur notre monde qui ne pourra être sauvé que par l’Amour !

« Il le sent bien, où qu’on aille on est d’ailleurs, et c’est sans fin qu’on n’est pas d’ici. »

« Une famille, c’est une embarcation fragile… »

« Ils sont rares ceux qui donnent vraiment, ceux qui écoutent vraiment. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Serge Joncour lus par Vaux Livres

 


- 32 -



Olivier ADAM
La renverse
Flammarion
268  pages
19  euros

03-02-2016

 

    Antoine, 25 ans, vit en Normandie au milieu des livres, il travaille chez un vieux libraire. Il apprend lors d’un flash TV la mort de Jean-François Laborde, un politique à l’origine de l’explosion de sa famille et de son départ. Il vivait alors en banlieue, lui au lycée, son petit frère au collège. Laborde représente l’image emblématique du politique classique, cumulard, proche du pouvoir et affilié au principal parti de droite. Cette annonce inattendue laisse Antoine interdit, dans un état stationnaire, « à la renverse », mais les évènements du passé, si pénible pour l’enfant qu’il était alors, remontent à la surface. Sa mère qui travaillait à la mairie aux côtés de Laborde fut mêlée à un scandale (abus sexuels) touchant également le maire. Laborde (et son équipe) pour se dédouaner n’eut aucune limite, peu importe les conséquences, et notamment pour les proches des femmes impliquées que le dégoût envahit et ne quitta plus. Olivier Adam n’oublie jamais les lisières et les dommages collatéraux ! Comment grandir ensuite, « On ne pouvait rien bâtir avec moi, rien projeter. Vivre à mes côtés, c’était plonger sa main dans l’eau et la regarder filer entre les doigts. », comment pouvoir éprouver encore des sentiments, le vide devient l’évidence. Etranger à sa propre vie. Les enfants subissaient de plein fouet le scandale, et n’étaient pas épargnés loin de là dans leurs établissements et leur quotidien, le regard d’autrui devint alors insupportable. Antoine décide de se rendre aux obsèques de Laborde et de se retrouver face au passé, dresser le bilan (noir) de la génération de ses parents, le comprendre pour peut-être enfin renaître, « La vie n’est pas finie. ». Olivier Adam continue brillamment de tracer son sillon et aborde cette fois le fait divers ébranlant un monde politique si prévisible et évidemment ne s’intéresse pas aux héros à la une des médias, mais à ceux qui sont à leurs côtés, invisibles, et à leur souffrance. Une ville de banlieue, la mer et le vent, l’enfance, la fratrie et la famille, les déchirures indélébiles de l’enfance, univers « adamesque » par excellence avec une écriture toujours aussi précise, qui fait mouche une nouvelle fois.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Olivier Adam lus par Vaux Livres

 


- 31 -



Thomas B. REVERDY
Il était une ville
Flammarion
270  pages
19  euros

28-07-2015

 

    Detroit, la ville de l'automobile, le mythe, « le travail est un divertissement puissant. ». Puis un jour en 2008, les voitures s'en vont, les hommes suivent, enfin ceux qui le peuvent. Pour d'autres fuir est impossible et ils demeurent dans cette ville fantôme dévastée (« Traverser la ville me donne toujours l'impression de regarder un porno. Tu sais, une fascination coupable. »), cimetière de notre civilisation, en tentant de survivre et en espérant peut-être découvrir le nouveau rêve américain. Et les comportements classiques de l'homo sapiens persistent au milieu de cette misère, quand certains se soutiennent et s'entraident, d'autres se laissent aller à exploiter cette détresse. Comme dans un western classique, un cow-boy solitaire débarque de manière incongrue dans la ville désertée à la grande surprise des survivants. Il s'appelle Eugène, jeune ingénieur français, il doit concrétiser un projet de transformation pour l'industrie automobile mais Eugène préférera partir à la rencontre de cette ville et de ses habitants. Il croisera dans un bar Candice et son histoire aussi chaotique que celle de Detroit, et ces deux là apprendront à se connaître dans cet environnement bien singulier. Dans ce même quartier, le petit Charlie comme beaucoup d'autres enfants vient de disparaître et sa grand-mère Gloria avec l'inspecteur Brown partent à sa recherche. Par ces deux biais, Thomas B. Reverdy happe le lecteur et place à nouveau son histoire et ses personnages au cœur d'une catastrophe éprouvante, catastrophe économique cette fois, qui, pratiquement du jour au lendemain, bouleverse, transforme, maltraite la vie, les espoirs et les rêves. Fort, percutant et sensible !

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Thomas B. Reverdy lus par Vaux Livres

 


- 30 -



Nathalie CÔTE
Le renversement des pôles
Flammarion
192  pages
16  euros

10-07-2015

 

    Deux couples prennent le chemin des vacances, personnages emblématiques de la classe moyenne de notre société, « le camp des modernes ». Deux appartements mitoyens vont accueillir les Bourdon et les Laforêt, tous ravis de pouvoir prendre un peu de bon temps avec leurs enfants. Mais le temps libre est aussi propice à la réflexion, à l'analyse et parfois à faire apparaître au grand jour les failles et frustrations tues depuis de longues années comme les envies (ou fantasme?) furieuses de changement. Un premier roman qui aborde parfois cruellement, mais toujours avec le sourire voire ironie, les dérives de notre société et qui, à travers le quotidien de deux couples ordinaires, parle du monde du travail, des relations de couple et d'amour ou de désamour, de l'argent et du matérialisme, de l'apparence et de la consommation, mais aussi de l'ennui. Un portrait aussi grinçant que drôle et vif !

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 29 -



Nicolas HÉNIN   -  Pierre TORRES
Papa hérisson rentrera-t-il à la maison ?
Flammarion
13.5  euros

01-05-2015

 

    Papa Hérisson se retrouve par mégarde dans un panier de pique-nique et disparait bien loin de sa famille. Mais Papa Hérisson est bien décidé à retrouver les siens. Il entreprend un long voyage périlleux qui lui fait découvrir le monde et surtout lui permettra de revenir auprès de ses enfants.

Thème(s) : Jeunesse

 


- 28 -



Jennifer CLEMENT
Prières pour celles qui furent volées
Flammarion
212  pages
20  euros

11-01-2015

 

    Plus grand monde n’habite dans les montagnes du Guerrero au Mexique. Les hommes quittent la région dès qu’ils le peuvent. Demeure les femmes et les filles et ... les trafiquants de drogue. Ladydi, quatorze ans, partage son quotidien avec les autres filles et leurs mères, dans la peur de ces hommes sans limite qui viennent très régulièrement les voler et faire « leur marché », choisissent les plus belles, tuent ceux qui tentent de faire obstacle. Quand un enfant naît ici, tout le monde prie pour que ce soit un garçon ! Les mères utilisent tous les stratagèmes possibles pour garder leurs filles et éviter qu’ils les leur volent : les déguiser en garçon, les enlaidir, les cacher. Une chasse sans fin, le prédateur est persévérant, personne ne semble pouvoir l’arrêter et la vie de ces femmes délaissées mais courageuses et solidaires semble figée dans une ambiance mortifère de guerre et de trafic. Un roman témoignage inoubliable qui suscite immédiatement l’admiration pour ses personnages féminins aux destins douloureux et hélas tracés.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Patricia Reznikov

 


- 27 -



Minh TRAN HUY
Voyageur malgré lui
Flammarion
232  pages
18  euros

29-10-2014

 

    Minh Tran Huy a déjà abordé avec succès la douleur de l’exil et aurait pu continuer avec l’histoire de Line et de son père qui, en elle seule, présente matière, densité, émotion, et suscite réflexion sur cette blessure que représente l’abandon de son pays d’origine (« … il tachait de trouver son chemin traçant sa route avec cette tranquille obstination qui lui avait permis de surmonter des fléaux qui, pour moi, n’étaient que des mots : la pauvreté, la maladie, la guerre. Son quotidien du temps où il vivait au Viêtnam, dont seul l’exil l’avait sauvé. »). Line réussira enfin briser le silence de son père mais la douleur demeurera immense et la blessure ouverte (« Seulement, si le présent m’échappe comme il m’a toujours échappé, plus instable et fuyant qu’une coulée de sable ou de poussière, le passé continue de vivre en moi avec une telle netteté, une telle clarté… Toutes ces années où je me suis tu, je n’ai pas pour autant perdu la mémoire. »). Pourtant Minh Tran Huy choisit une autre voie avec beaucoup de singularité. Elle étend le thème aux voyages contraints et nous propose de suivre deux voyageurs, personnages modestes et oubliés ayant existé. Albert Dadas, premier cas officiel de tourisme pathologique (dromomanie), parcourut le monde sans vraiment savoir pourquoi, fréquenta régulièrement les prisons du monde et les consultations du docteur Tissié. Samia Yusuf Omar représenta son pays la Somalie aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Arrivée dernière, elle n’aura de cesse ensuite de courir, courir encore, pour gagner. Mais la guerre la contraindra à partir pour pouvoir continuer d’assouvir sa passion, son obsession. Entre le documentaire, le roman et l’autobiographie, « Voyageur malgré lui » représente un superbe et très émouvant hommage à un père, à trois anonymes emblématiques de l’errance et du déracinement et permet ainsi de ne pas les oublier.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Minh Tran Huy lus par Vaux Livres

 


- 26 -



Olivier ADAM
Peine perdue
Flammarion
415  pages
21.5  euros

18-09-2014

 

    Les vingt-deux personnages de « Peine perdue » habitent dans une station balnéaire de la Côte d’Azur. Région paradisiaque et pourtant, derrière l’image idyllique, les arrières cours sont souvent troubles et la violence couve ; ces personnages ont d’autres préoccupations que d’admirer la mer, d’ailleurs même cette mer, à l’unisson de ces femmes et hommes et de leurs environnements va se fâcher, pleine de colère et de rancœur, elle se déchaînera, lâchera ses coups, comme d’autres sur un terrain de foot ou ailleurs... Olivier Adam réussit parfaitement à dresser ces vingt-deux portraits, à exposer leurs intimités, à tisser des liens puis les mailles de son filet, et le lecteur, douloureusement, s’y laisse prendre. Olivier Adam continue de s’intéresser aux invisibles, aux sans-grades, à cette majorité qui constitue la France mais qui se tait et subit la loi et la violence de notre société et des puissants qui la façonnent, ses personnages sont en perdition, abandonnés, en lutte pour la vie, la détresse n’est jamais loin, précaires dans tous les sens du terme. Emotion, noirceur, réalisme, sensibilité, fraternité, tout y est, un roman choral magistral !

« Pourquoi est-ce que pour moi la vie ne va pas de soi ? Et puis elle se reprend. Est-ce que c’est seulement le cas pour quelqu’un en en ce monde ? »

« Sidération, culpabilité, colère. La valse à trois temps de ceux qui restent. »

« C’est le problème avec la vie, a pensé Antoine. La nôtre est toujours trop étriquée, et celle à laquelle on voudrait prétendre est trop grande pour simplement se la figurer. La somme des possibles, c’est l’infini qui revient à zéro. Au final, ça passe. Ça finit toujours par passer. »

« Ne lui demandez pas qui c’est ‘’ils’’, il n’en sait rien. Mais il a souvent l’impression qu’ils existent et qu’ils sont bien décidés à les user jusqu’à la corde. Ne lui demandez pas non plus de qui il parle quand il dit ‘’nous’’. Nous c’est nous. C’est tout. Ceux qui en sont le savent très bien. Et les autres aussi. Chacun sait où il est. De quel côté de la barrière. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Olivier Adam lus par Vaux Livres

 


- 25 -



Inès BENAROYA
Dans la remise
Flammarion
303  pages
18  euros

27-02-2014

 

    Anna est avocate et mariée à Bertrand. Le couple s’est installé à la campagne et semble baigner dans le bonheur. Ils ont décidé de vivre pour eux, sans enfant. Pourtant deux évènements vont venir ébranler Anna. Elle croit voir un enfant s’introduire pour la nuit dans une vieille remise au fond du jardin. Elle l’observe, il devient son petit (« Se penser mère. » alors qu’elle est consciente que « Dans ma famille, les mères n’aiment pas leurs enfants. ») sans pourtant oser dévoiler à d’autres son existence. Dans le même temps, Ava, sa mère, disparaît. Une mère qui ne lui jamais apporté ce qu’elle attendait. Anna n’a connu de courts instants de tendresse qu’avec sa grand-mère. Cette disparition l’incite à être différente, elle change et revient progressivement sur son passé, ses désirs, ses manques. Ava avait définitivement pris possession d’Anna et Anna, marquée à jamais par cette enfance, profitera-t-elle sereinement de cette libération ou plongera dans une folie incontrôlée et sans fin ? Un portrait émouvant d’une femme animée de sentiments complexes que la souffrance mine puissamment et pousse à l’isolement.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 24 -



Nina BOURAOUI
Standard
Flammarion
285  pages
19  euros

20-01-2014

 

    Bruno Kerjen vit en région parisienne et travaille dans une grande entreprise de l’électronique : « Il n’aimait ni ne détestait son métier, l’accomplissant davantage par devoir que par passion, soucieux du travail bien fait. ». On pourrait dire la même chose pour sa vie, un environnement très restreint, peu de rencontres, peur des autres et des femmes, peu d’espoir, de rêves et d’envies, amoureux du silence. Bruno, lucide et « larbin de sa propre vie », craintif et non totalement désespéré, « Voilà ce qu'on est, Bruno, des middle, des mecs qu'on voit sans voir, qu'on fréquente sans aimer, des mecs comme il y en a tant dans le paysage, des types qui ne manquent à personne mais dont on ne peut pas se passer parce que ça fait ressortir les autres, les têtes de vainqueur. », c'est comme ça, c'est sa vie. Lors d’un retour à Saint-Malo où il retrouve un ancien camarade, il croise Marlène, la belle Marlène, son premier amour inscrit en lui, la dangereuse Marlène de ses années de lycées. Une lumière s’allume, il rêve de l’avoir pour lui seul, elle jouera de cette envie, de cet espoir. Bruno avait-t-il droit au rêve ou ne restera-t-il qu’un standard ? Nina Bouraoui dresse ainsi le portrait douloureux de la France des invisibles, « ils étaient nombreux et leur nombre voué à augmenter. »

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Thème(s) : Littérature française

 


- 23 -



Maud TABACHNIK
Si tu meurs, elle reviendra
Flammarion
190  pages
13  euros

20-01-2014

 

    Maureen et Francis O’Mara habitent une modeste maison de Froggie, non loin du Loch Ness. Ils partagent une grande fierté, leur fille unique, Patricia. Ils ont tout fait pour elle et ne sont pas peu fiers du dernier prestigieux diplôme qu’elle vient d’obtenir. Ces jours-ci, c’est l’euphorie et l’agitation. Patricia vient passer quelques jours avec eux pour fêter ses 25 ans. Ils ont tout prévu et la fête sera inoubliable ! Francis envoie un chauffeur pour récupérer Patricia à la descente de son train et c’est le drame, l’horreur. Patricia est retrouvée morte au bord de la route et le chauffard ne s’est pas arrêté. Le couple tombe dans une torpeur profonde alors que l’enquête officielle débute. Rapidement, dans le silence, ils tombent d’accord. L’enquête traîne et il leur faut trouver le coupable par eux-mêmes et venger la mort de leur Patricia. Francis ira jusqu’au bout, rien ne l’arrêtera, pas même les vents de l’enfer. Pour démarrer, un seul indice, une trace de pneus, mais il en faut plus pour décourager et stopper le têtu Francis, la traque est lancée… Noir, captivant et tendu !

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Thème(s) : Jeunesse

 


- 22 -



Hélène GRÉMILLON
La garçonnière
Flammarion
360  pages
20  euros

03-12-2013

 

    1987. Buenos Aires. Le couple de Vittorio et Lisandra vacille. Il est psy, elle danse le tango. C’est alors que Lisandra est retrouvée morte, sur le trottoir. Défenestrée. Evidemment, les discordes du couple viennent rapidement aux oreilles des policiers et Vittorio coupable idéal est emprisonné. Une de ses patientes, Eva Maria, ne croit pas à sa culpabilité. Alors qu’elle va le voir en prison, il lui confie les cassettes sur lesquelles il a enregistré ses conversations avec ses patients. Eva Maria découvre alors un autre homme et remonte le fil de l’histoire argentine, elle qui n’a toujours pas accepté la disparition de sa fille mais n’a pas rejointe les Mères de la place de Mai. Sous l’œil protecteur d’Esteban son fils, Eva Maria mène son enquête sans envisager qu’elle peut aussi rejoindre le camp des suspects… Avec une écriture rythmée et un style vif, des personnages ambivalents, Hélène Grémillon nous offre à la fois une intrigue tendue et haletante au cœur d’un drame psychologique et familial dans l’Argentine post-dictature et une analyse fine et éprouvante de la jalousie, de l’amour, de l’enfance et du poids du passé où histoire individuelle et grande histoire se mêlent à la perfection.

« … souffrir ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 21 -



Thomas B. REVERDY
Les évaporés
Flammarion
305  pages
19  euros

28-10-2013

 

    Au Japon, les disparitions n’engendrent que le silence, la vie continue, aucune recherche n’est lancée (« Il faut que vous sachiez d’abord qu’ici, au Japon, un adulte a légalement le droit de disparaître… Dans le fond c’est une sorte de déménagement, mais sans laisser d’adresse. »). Les évaporés (ou johatsus) ne laissent pas de trace (« Qu’on ne retrouve pas les évaporés du Japon. ») et s’éloignent simplement. Richard B. un Américain poète suit pourtant Yukiko, la femme qu’il aime encore et qui avait fui des années plus tôt le Japon, afin d’enquêter et de comprendre pourquoi Kaze, son père, s’est évaporé. Cette enquête le mène à la rencontre des Yakuzas modernes et dans les quartiers pauvres de l’île, au cœur des camps de réfugiés ; après le tsunami et Fukushima (« Tout est blanc, même le bruit. »), le Japon et son économie sauront trouver et employer ces évaporés… Evidemment la fuite est au cœur de ce roman troublant et sensible : Pourquoi partir ou fuir ? Fuir, n’est-ce pas continuer de lutter pour vivre ? Peut-on imposer ce départ aux siens ? Que vont-ils ressentir ? Doivent-ils chercher les disparus ou accepter ? Peut-on oublier le passé ? Quid du contrôle de nos vies ? Notre vie est-elle vraiment notre vie ? A partir de quatre voix, de quatre itinéraires, de quatre visions, Thomas B. Reverdy nous offre un portrait instructif du Japon et de ses mystères, mais aussi un polar et un roman d’amour, et enfin un hommage à Richard Brautigan.

« La misère est une énergie renouvelable. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Thomas B. Reverdy lus par Vaux Livres

 


- 20 -



Geling YAN
Fleurs de guerre
Flammarion
300  pages
19  euros

08-07-2013

 

    1937, Chine et Japon s’affrontent. La bataille de Nankin sera terrible et terrifiante, massacres, viols… les pires atrocités seront commises. Au cœur de la ville, dans une église, sont réfugiées des jeunes filles rapidement rejointes par un groupe de prostituées. Dans cet espace réduit, des personnes très différentes, aux préjugés marqués, cohabitent sous la pression de la guerre, l’ennemi ayant décidé d’ignorer la neutralité de ce lieu. La promiscuité exacerbe ces différences, chaque comportement, chaque sentiment ne peuvent échapper à l’autre. Les jeunes filles fascinées par ces femmes différentes ne cachent pas non plus leur mépris. Situations tragiques où chacune et chacun se révèlent : méchanceté, rivalité, jalousie, petitesse, violence mais aussi pour d’autres dévouement, solidarité, entraide, douceur, honneur et sacrifice, « Il leur faudrait du temps, il leur faudrait grandir beaucoup encore, pour comprendre vraiment ce qui s’était passé ce soir-là, comprendre ces femmes qu’elles avaient considérées comme la lie de la société. ».

« Une belle mort ne vaut pas une vie médiocre. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 19 -



Clément BÉNECH
L'été slovène
Flammarion
127  pages
14  euros

28-04-2013

 

    Deux jeunes amoureux partent pour la Slovénie pour concrétiser cet amour ou y mettre un point final ? « Nous étions venus en Slovénie pour changer d’air, mais il semblait qu’il se viciait à notre approche et nous suivait comme une nuée de moucherons ». Le jeune homme est le narrateur mais il donne aussi son interprétation et le lecteur profite donc d’une double vision. Il est lucide, parfois désinvolte, décrit les faits quotidiens anodins ou singuliers mais surtout la vie du couple. Leur différence point rapidement et leur périple chaotique dans ce pays mystérieux la mettra en évidence voire l’exacerbera. Un premier roman délicat et élégant non dénué d’humour sur un couple sans lendemain.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 18 -



Daniela KRIEN
Un jour nous nous raconterons tout
Flammarion
235  pages
19  euros

03-03-2013

 

    Maria Bergman a seize ans lorsqu’elle décide de quitter sa mère pour rejoindre son petit ami Johannes Brendel et sa famille dans une ferme de Saxe appartenant alors encore à l’Allemagne de l’Est. Elle s’insère progressivement dans cette famille qui l’accepte et elle prend sa part de la rudesse de leur quotidien et affronte avec eux les tourmentes de la vie en RDA. Son destin semble tracer entre ce quotidien et ses lectures des Frères Karamazov mais c’est sans compter la passion qu’elle va rencontrer avec Henner, le fermier solitaire du domaine voisin. Un homme solitaire, cultivé et grossier, dur et tendre, violent et doux, protecteur et menaçant. Elle devient son objet, le souhaite et le désire (« Je lui murmure à l’oreille : ‘’fais de moi ce que tu voudras’’. Et c’est qu’il fait. »), une passion violente et torride qui la plonge dans le mensonge, l’écartèle entre deux mondes alors que les craintes de la réunification commencent de poindre. Le récit à l’écriture directe et limpide suit cette passion sans retenue, sans remords ni culpabilité, mais les passions sont souvent éphémères et leurs fins violentes. Daniela Krien relie ainsi subrepticement ce destin personnel et le destin d’une nation, fin d’un amour et d’une enfance qui coïncident avec les derniers instants d’un pays qui se préparent à des retrouvailles inquiètes.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 17 -



Nicolas LE GOLVAN
Reste l'été
Flammarion
162  pages
16  euros

06-09-2012

 

    Quarante ans. Où en est-il ? L’amour peut-il durer ? Un homme en vacances avec sa femme et ses enfants dans la maison de famille, comme chaque été, au bord de la mer, s’interroge. Tout lui pèse, un sentiment de lassitude l’envahit, tout ça ne cacherait-il pas une solitude déguisée ? Une vieille déchirure en profite pour se réveiller. Il continue pourtant d’aimer sa femme, mais son amour semble parfois suivre le mouvement de la marée. Alors il décide de les laisser repartir et de prolonger son séjour sur l’île de Ré. Réfléchir, se remémorer leur histoire pour mieux l’appréhender, la jauger, en espérant la dominer, devenir enfin acteur de sa propre vie pour prolonger leur histoire. Mais pendant ce temps, a-t-il penser à ce que fera sa femme ? L’éloignement recèle intrinsèquement certains dangers, saura-t-elle patienter ? Cette pause lui sera-t-elle permise ? Une prose riche et poétique pour ce regard perçant, douloureux et cruel sur un amour que l’on souhaiterait éternel…

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 16 -



Serge JONCOUR
L'amour sans le faire
Flammarion
320  pages
19  euros

06-09-2012

 

    Frank a quitté la ferme familiale très jeune et n’y est revenu que très rarement. Après dix ans de silence, alors qu’il vient de se séparer de sa femme, Frank choisit de téléphoner à ses parents. Un enfant décroche, il dit se prénommer Alexandre. Etrange… Le frère cadet de Frank décédé s’appelait Alexandre. Il décide alors de revenir sur ses pas, à la rencontre de son passé. Il y retrouve ses parents vieillis, une propriété délabrée au coeur d'une nature intacte, mais une nature intacte et surtout Louise, sa belle-sœur revenue de la ville pour revoir cet enfant qu’elle a confiée à ses beaux-parents. Le refus du risque et du danger, la peur, la vie semblent rendre l’amour impossible entre ces deux là, « … tout rater pour ne rien avoir à perdre… », mais de quel amour parle-t-on ? Frank et Louise étaient destinés à se rencontrer, à se connaître, s’aimer à distance peut-être, sans douleur. Ils se découvrent tendrement, appréhendent silencieusement et avec délicatesse qu’ils avaient besoin l’un de l’autre. Au cœur d’une nature vivante et éblouissante, Frank et Louise, à défaut de refaire leurs vies, sauront et choisiront peut-être de la réinventer. Serge Joncour fait preuve dans ce roman d’une extrême tendresse et décrit la nature et cette relation avec le ton juste, avec mesure et par-dessus tout avec amour et vous ne pourrez que vous laissez entraîner par ce tourbillon d'amour.

« Faire attention, ça devient vite comme un réflexe, un mode de vie. »

« …sa vie, on ne la refait pas, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Serge Joncour lus par Vaux Livres

 


- 15 -



Olivier ADAM
Les lisières
Flammarion
457  pages
21  euros

18-08-2012

 

    Paul Steiner aborde un tournant de son existence. Sa femme, sa seule passion, demeure dans leur maison malouine avec leurs deux enfants mais sans lui. Elle vient de le quitter, et déchiré, il ne l’accepte pas. Ses parents qui habitent toujours dans la maison de banlieue sud parisienne où il a essayé péniblement de vivre son enfance, vieillissent. Sa mère dépérit, son père égal à lui-même reste muet, distant et Paul reste interdit devant sa dérive vers « la Blonde » et le Front National. Son frère l’exhorte à venir s’en occuper quelque temps. De retour sur ces lieux qui l’ont fondé et auquel il espère toujours appartenir, il se voit confronter à cet espace périphérique qui constitue maintenant principalement la France et à ses évolutions. Nombre de ses anciens amis sont restés là mais rapidement, il se rend compte que, lui l’écrivain reconnu mais dans un certain milieu, est de fait exclus de ce monde. Il a vécu là, il s’est construit là mais il « était passé de l’autre côté ». Pourtant il n’appartient pas non plus à cet autre côté qu’il abhorre, étranger, il reste donc « condamné à errer au milieu de nulle part ». Et ces deux mondes savent lui rappeler vertement. Par la multiplicité des portraits, ce roman ample, sincère et attachant captive, aimante et bouscule parfois le lecteur : portait de la France des lisières, d’une banlieue, de l’exclusion, de mondes qui s’opposent ou s’ignorent, portrait d’un écrivain avec ses doutes, ses colères et ses convictions, portrait d’un homme sans territoire qui cherche sa place et son histoire.

« Personne ne sait quand exactement les fissures deviennent des failles, puis se muent en gouffres infranchissables. »

« On est ce qu’on peut. Mais de le savoir, rien ne nous console… »

« Je suis un être périphérique. Et j’ai le sentiment que tout vient de là. Les bordures m’ont fondé. Je ne peux jamais appartenir à quoi que ce soit. Et au monde pas plus qu’à autre chose. Je suis sur la tranche. Présent, absent. A l’intérieur, à l’extérieur. Je ne peux jamais gagner le centre. J’ignore même où il se trouve et s’il existe vraiment. La périphérie m’a fondé. Mais je ne m’y sens plus chez moi. Je ne me sens aucune appartenance nulle part. Pareil pour ma famille. Je ne me sens plus y appartenir mais elle m’a défini. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Olivier Adam lus par Vaux Livres

 


- 14 -



Takuji ICHIKAWA
Je reviendrai avec la pluie
Flammarion
322  pages
19.5  euros

19-02-2012

 

    A la mort de sa femme, Takumi se retrouve seul avec son fils Yûji, petit bonhomme de six ans. Quelques temps plus tôt, elle leur a annoncé « Je ne serai bientôt plus de ce monde, mais lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous débrouillez, tous les deux ». Cette promesse et leur amour pour Mio malgré leur souffrance leur permettent de vivre, unis dans l’attente de son retour. Quand le moment tant souhaité est venu, le temps s’arrête pour six semaines merveilleuses comme un bonheur suspendu. Mio a perdu ses souvenirs, les redécouvrent, apprend sur eux comme sur elle-même. Ils savent qu’elle repartira mais font tout pour profiter de leurs retrouvailles. Hymne à l’amour éternel, ce joli conte philosophique, tout en délicatesse et retenue, sensible et douloureux, entre rêve et réalité ne pourra vous laisser indifférent.

« Le souffle du vent l’a finalement emportée, elle aussi. Il ne restait plus que son odeur. Cette odeur. Le message le plus intime qu’elle m’ait transmis. Le seul message au monde. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 13 -



Philippe POLLET-VILLARD
Mondial Nomade
Flammarion
233  pages
18  euros

27-11-2011

 

    Jean-Charles Rem est à la tête de l'entreprise qu'il a fondée il y a maintenant bien longtemps. Une idée lumineuse, une richesse immense, peu de préoccupations humanistes... Il vient de céder son empire quand la recherche d'un sens à sa vie le bouscule et l'incite à un voyage sur les traces de sa jeunesse et de son destin.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 12 -



Daniel ARSAND
Un certain mois d'avril à Adana
Flammarion
374  pages
20  euros

28-08-2011

 

    Daniel Arsand dans ce roman a choisi d’incarner le génocide arménien, de lui donner un visage. A Adana, au sud de la Turquie, les communautés arméniennes et musulmanes vivaient côte à côte de longue date, mais évidemment sans se mélanger, en feignant de s’ignorer. L’auteur évoque les changements de comportements, les mensonges portés par une minorité qui finissent par emporter la majorité, les non ingérences et ingérences coupables des représentations étrangères, les comportements individuels et collectifs… Il revient sur la folie meurtrière collective qui emporte tout et tout le monde. Chacun réagit avec sa personnalité mais la folie est plus puissante, plus rapide, plus violente. Tout le monde est dépassé. Un roman éprouvant sur la folie humaine qui, hélas, continuera de s’exprimer en d’autres lieux, en d’autres temps…

« Des anciens marmonnent qu’il n’est pas un agneau qui ne désire être un loup. »


Thème(s) : Littérature française

Les titres de Daniel Arsand lus par Vaux Livres

 


- 11 -



Fanny SAINTENOY
Juste avant
Flammarion
125  pages
12  euros

22-08-2011

 

    Fanny est dans une panade globale mais à l’annonce du décès de Granny, son arrière-grand-mère, elle part immédiatement vers Bergerac pour une dernière rencontre. Au cours de cette veillée funèbre pourtant emprunte d’une certaine gaieté, les deux femmes dans une complicité accomplie entament un dialogue, chapitre après chapitre, se remémorant cinq générations de femmes, expériences de la vie, souvent joyeuses parfois âpres et terrifiantes mais le caractère de la vieille dame adoucit constamment le propos. Un tendre hommage à cette vieille dame et à la vie, en toute simplicité.

Premier roman

« … on ne s’habitue que doucement aux gens qui prennent soin de vous, on ne pense jamais que c’est seulement leur travail. »

« J’étais de retour dans la guerre et, malheureusement, dans le domaine, l’expérience ne sert quasiment à rien, les hommes s’arrangent toujours pour être inventifs en la matière. Il est nécessaire que les gens soient encore plus terrifiés que pour la dernière. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 10 -



Julia FRANCK
Feu de camp
Flammarion
330  pages
21  euros

01-08-2011

 

    Julia Franck revient sur le temps où l’Allemagne était divisée en deux. Exceptionnellement, après de longues enquêtes et moult humiliations, certains habitants (« traîtres ») de l’Allemagne de l’Est obtenaient le droit de rejoindre l’Ouest. Pourtant, passer la frontière ne marquait qu’une étape quasiment anodine de leur exil. En effet, la suite passait par le camp de Marienfelde à Berlin dont Julia Franck retrace le quotidien par une série de portraits émouvants. Nelly Senff dont le mari a disparu rejoint l’Ouest avec ses deux enfants pour théoriquement se remarier. Déterminée, obstinée, réfléchie, intelligente, cette femme allait se heurter à la promiscuité, aux enquêtes et interrogatoires de la CIA, aux suspicions et doutes y compris dans le camp. Les communautés issues du bloc de l’Est ne s’y mélangent pas, elles s’observent, s’épient, parfois agissent en espérant se protéger… Un roman bouleversant sur une période contemporaine de l’Allemagne maintenant réunifiée.

Sélection Prix Page des Libraires 2011


Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 9 -



Andrée CHEDID
Les quatre morts de Jean de Dieu
Flammarion
178  pages
17  euros

23-08-2010

 

    Dans son dernier roman, Andrée Chedid dresse le portrait d’un enfant qui traversa le vingtième siècle avec sa droiture, ses convictions, sa fidélité. Jean partagea sa vie avec Isabelita qui après sa mort revient sur leur parcours au cours duquel Jean subit des épreuves marquées par quatre morts. Elevé dans la religion, il devint libre penseur. L’Espagne franquiste, les errements du communisme dès la seconde guerre mondiale lui infligèrent une seconde mort. « L’Alzheimer positif » continua de l’éprouver avant que la maladie « la salope » soit plus forte que lui. Andrée Chedid met sa prose poétique au service de ce portrait d’un homme exemplaire complété par moult réflexions sur la vie, la vieillesse, la mort, la famille mais aussi la politique, la poésie et sa puissance, l’art…

« Il disait qu’il fallait se méfier des mots, les approcher et surtout les caresser avec prudence, car pour lui les ``vrais mots de poésie étaient femelles. Ce sont des chattes. Si vous les fâchez, ajoutait-il, elles peuvent vous mordre ou, pire encore, vous fuir.’’ »

« Les bonnes relations de familles sont proportionnelles au carré de la distance. »


Thème(s) : Littérature française

 


- 8 -



Fatou DIOME
Celles qui attendent
Flammarion
330  pages
20  euros

05-07-2010

 

    Fatou Diome a choisi un axe singulier pour dresser le portrait d’une Afrique contemporaine toujours aussi liée à l’Europe. Avec sa fougue, elle met en avant quatre femmes demeurées au Sénégal, quatre femmes de deux générations qui attendent, avec fatalisme ("mektoub"), leurs maris, leurs fils, les mandats, les appels téléphoniques, l’argent, les nouvelles, la prochaine femme de leurs maris ou de leurs fils, la prochaine naissance… sans jamais montrer sa peine et son chagrin. Arame et Bougna sont les mères de deux clandestins partis pour l’Europe alors que Coumba et Daba sont les épouses des deux émigrés. Une vie d’attente mais une vie cependant, même si le poids des traditions continue de les orienter, ces vies s’écoulent lentement loin des émigrés. Des vies douloureuses sans grand espoir conditionnées par l’attente que Fatou Diome décrit avec lucidité, toujours avec un style vif et maîtrisé agrémenté de nombreux proverbes et dictons qui facilitent l’immersion du lecteur dans le quotidien de ce continent attachant et envoûtant où les difficultés et douleurs des femmes demeurent permanentes et insistantes...

"Un homme, ce n'est jamais insignifiant dans une demeure"


Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 7 -



Andrew GROSS
Marée sombre
Flammarion
366  pages
21  euros

16-11-2009

 

    Charles Friedman a réussi sa vie professionnelle et personnelle à New York : il est gérant d'un fonds de placement, il est marié à une femme amoureuse et a deux enfants. Jusqu'au jour, où, exceptionnellement, il doit prendre le train pour se rendre à son travail. Un train qui n'arrivera pas à destination, les premiers wagons sont pulvérisés par une explosion. Le même jour, un homme est retrouvé mort au milieu de la chaussée. Deux évènements apparemment sans liens. Mais lorsque Karen découvre que la gestion de son mari n'était pas aussi limpide que prévu, elle se lance alors épaulée par un flic solitaire, amoureux et indépendant dans une enquête périlleuse qui les plonge au coeur des milieux financiers où l'argent sale se mêle allègrement aux placements financiers communs. Un thriller efficace et intense.

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller

Les titres de Andrew Gross lus par Vaux Livres

 


- 6 -



Alain MONNIER
Je vous raconterai
Flammarion
190  pages
17  euros

23-07-2009

 

    « Je vous raconterai » expose la confession sans retenue d’un « homme sans qualité », témoignage d’un homme lucide sur lui-même, sur vous, lecteur voyeur et acteur, sur le monde, au parcours si contemporain et hélas de moins en moins singulier : une perte d’emploi, un divorce, et la rue, cette rue qui devient immédiatement pesante, violente, absurde, excluant. Pourtant, au bord du suicide, cet homme devenu S.D.F. va défier la vie et son destin. Un homme mystérieux lui propose de l’aider à mourir sans souffrances : dans un lieu luxueux, devant une assistance attentive et tendue, il doit jouer à la roulette russe, un revolver, une balle, une gachette, un tir. La tension ressentie, la sensation de pouvoir et de maitrise, la proximité de la mort, l’attention du public (l’Autre), la victoire sur la vie et sur la mort, tout est fait pour qu’il poursuive le jeu, jeu qui tangue avec la folie mais ses victoires aussi inattendues que provocatrices en font le Protégé. On ne sort cependant pas indemne de cette expérience et de ces miracles, et il va devoir recouvrer son passé, pour mieux apprécier ses nouvelles passions, et achever l’élaboration de sa légende. Un texte sans concession, provoquant ou attendrissant, déstabilisant ou tout en retenue, il interpelle, prend à témoin le lecteur et l'aspire littéralement, entre témoin et acteur, dans une spirale infernale.

Sélection Prix Page des Libraires 2009

Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



Stéphane GUIBOURGÉ
La première nuit de tranquillité
Flammarion
381  pages
19  euros

01-09-2008

 

    Roman à plusieurs voix, à plusieurs histoires, qui explorent mélancoliquement le mystère de la vie et les lendemains d’un abandon. Vincent et Anne se rencontrent et se découvrent lentement, progressivement, au rythme de l’infusion d’un thé... Vincent est en perdition, il vit reclus après la faillite de son entreprise d’exportation de thé. Anne est une femme très vivante, attachée à sa liberté mais insatisfaite. Elle court de travail en travail, d’un homme à l’autre, sans jamais s’attacher. Et puis, ils vont se reconnaître, il va l’initier aux mystères du thé (« Le thé nous guide vers le cœur de la vie : la compassion, la frugalité, la modestie… ») et de la culture indienne, se confier, raconter son enfance et son itinéraire en oubliant le temps (« L’avenir ignore notre existence. Quant au passé… Vincent transformait chaque instant présent en souvenir. Il mélangeait les temps. Il vivait écartelé entre toutes les époques de son existence. ») ; elle va le ramener à la vie en acceptant son passé mais suivre elle aussi le même cheminement. En parallèle, sous forme épistolaire, Stéphane Guibourgé, le narrateur, conte, entre adoption et abandon, son histoire (il a appris brutalement à neuf ans qu’il était un enfant adopté), la quête de sa mère, sa souffrance et ses interrogations. Deux histoires entre fiction et réalité qui finalement n’en font qu’une et qui bouleverseront à coups sûr le lecteur.

« Les hommes reviennent sur leurs pas, non par nostalgie, mais parce qu’ils ne savent plus où aller »

« Lui aussi se souvient. Ce qu’il a perdu en route. Ce que le fric et la réussite ne pourront jamais acheter. Ou plutôt, ce qu’ils ne parviendront pas à éteindre tout à fait, à ensevelir, à apaiser même. L’allégresse d’être vivant. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Kressmann TAYLOR
Jours d'orage
Flammarion
227  pages
19.9  euros

16-06-2008

 

    Amanda, jeune veuve américaine, revient sur les traces de sa jeunesse en Italie qu’elle souhaite faire découvrir à sa fille Lisa. Lors d’une excursion au hasard des routes italiennes, elles se retrouvent totalement isolées, coupées du monde, après un violent orage ayant provoqué un éboulement. Elles y font la connaissance du marquis Eduardo Carleone, ingénieur à la retraite et sculpteur amateur alors que le village est remué par le passé. En effet, un groupe de touristes allemands s’est installé dans le village et le terrible passé rejaillit. Quinze ans auparavant, les bataillons nazis occupèrent le village et leur barbarie ne peut être oubliée par les villageois. Leur haine est extrême envers l’ex- capitaine Herr Grussmann et certains décident de faire justice eux-mêmes. Tensions, émotions, amours, vengeance et pardon, tout y est !

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 3 -



Andrew GROSS
Blue zone
Flammarion
334  pages
19.9  euros

29-03-2008

 

    La famille Raab coule des jours heureux à New York. Le père, Benjamin, revendeur d’or, assure un train de vie aisée à sa femme et ses trois enfants. Kate, plus âgée que ses frère et sœur, est chercheur dans un laboratoire. Jusqu’au jour où le FBI débarque dans le bureau du père avec un mandat d’arrêt. Il aurait participer au blanchiment d’argent au profit de trafiquants colombiens. Presqu’instantanément l’édifice Raab s’écroule. Le père doit témoigner avant d’être condamné. La famille est contrainte de prendre part à un programme de protection du FBI et doit déménager et changer d’identité. Sauf Kate qui refuse et ainsi se sépare définitivement de ses proches. Mais les règles d’honneur du cartel colombien ne permettent pas de se perdre dans la nature si simplement. Ces tueurs sans pitié sont sur les traces du père, de la famille et de leurs proches. Qui tirent les fils de cette traque ? Pourquoi Benjamin après avoir témoigné et purgé sa peine disparaît-il ? Il vous faudra attendre les dernières pages pour démêler les rôles et responsabilités de chacun et ce qui est sûr, c’est que vous y arriverez très vite tant l’intrigue, le suspens et la tension habitent chacune des pages. Un thriller palpitant, très cinématographique, au rythme échevelé que vous dévorerez aux côtés de Kate qui lutte pour sauver sa peau à chaque instant.

« Blue zone : Expression employée par les agents du programme de protection des témoins quand le sujet protégé a disparu. Quand personne ne sait s’il est mort ou vivant. »

« La zone bleue, répéta le directeur adjoint en le foudroyant du regard. C’est quoi ça ? Du jargon Witsec pour dire "j’en sais foutre rien" ? »

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller

Les titres de Andrew Gross lus par Vaux Livres

 


- 2 -



Serge JONCOUR
Combien de fois je t'aime
Flammarion
212  pages
18  euros

16-02-2008

 

    Serge Joncour vous propose dix-sept rencontres, entre amour et solitude, dix-sept personnages qui n'en finissent pas d'aimer. Dix-sept instantanés parfaitement ancrés dans la réalité et la modernité et vous avez déjà certainement rencontré l’un des personnages de S. Joncour !

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Serge Joncour lus par Vaux Livres

 


- 1 -



Ma JIAN
Nouilles chinoises
Flammarion
237  pages
19  euros

04-10-2006

 

    Ce livre nous transporte en Chine pour suivre la discussion entre un écrivain et un donneur de sang professionnels qui ont connu tous deux les camps de rééducation. L'écrivain qui rêve d'entrer dans le Grand Dictionnaire des Auteurs Chinois a été chargé par le Parti de raconter l'histoire d'un soldat ordinaire. Il nous emmène pourtant à la rencontre des personnes vivant dans son entourage images de la Chine des petites gens. Sept personnages, plus ou moins liés entre eux ayant un lien avec le narrateur ou avec le donneur de sang participent à sept histoires dérangeantes, déroutantes parfois, souvent à la frontière de l'absurde qui nous exposent la survie de ce peuple dans une société oscillant entre communisme et capitalisme. La gent humaine ne ressort pas grandie de ce livre...

Thème(s) : Littérature étrangère

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture





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