« Aimer son personnage quand il se met à exister devant vous, c’est un grand bonheur et un peu d’inquiétude. On l’a fait à son image, on pense en connaître tous les détours mais il s’agite et prétend le contraire. Quelque chose, imprévu, dépasse son maître et lui dicte la suite. »
Claude Bard

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Romans traduits par Jean Esch

Yaroslav TROFIMOV

Ce pays qui n'aimait pas l'amour
Istya & Cie

3 | 525 pages | 25-06-2026 | 23€

1930-1954, 25 ans de l’histoire de l’Ukraine, 25 de l’histoire de Debora. Jeune fille de 17 ans, amoureuse de la littérature. Elle quitte sa famille pour rejoindre la capitale de la nouvelle république socialiste soviétique d’Ukraine. Elle y rencontre Samuel, un pilote de chasse en devenir. Elle l’épouse et donne naissance à un fils. Mais Samuel est arrêté, déporté, condamné à 10 ans de camp. Debora et son fils vont devoir apprendre à survivre. Yaroslav Trofimov ne nous place pas dans les hautes sphères, là où les décisions sont prises faisant abstraction du peuple. Il se situe au côté du peuple, à l’endroit où la politique et géopolitique prennent corps, impactent les vies. L’histoire intime percutée par l’Histoire. Les Russes et Les Allemands n’épargnent déjà pas ce territoire et ses habitants… Pour eux, la famine, la terreur et la guerre sont devenues un quotidien, parfois une douloureuse habitude. Évidemment ces drames, ces violences transforment les gens et parfois pour le pire. Un livre sur le passé qui naturellement se place en miroir avec ce que subit actuellement l’Ukraine où vivent certainement une multitude de Debora.

Ecouter la lecture de la première page de "Ce pays qui n'aimait pas l'amour"

Fiche #3447
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jean Esch


Jim LYNCH

Face au vent
Gallmeister

2 | 362 pages | 14-01-2018 | 23.2€

La famille Johannssen dans la baie de Seattle est une légende et ils savent bien l’entretenir, eux les descendants d’Islandais, marins émérites et courageux ! Le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère étudie leur finition et adaptation au vent et ils aimeraient bien que leurs enfants prennent la suite. Le père les entraîne dès leur plus jeune âge sur les plans d’eau. Bernard qui a certainement trouvé la devise de la famille (« Pour moi, la terre ferme, quelle qu’elle soit, est une intrusion ») et Josh sont doués et suivent les conseils appuyés de leur père. « Et puis il y avait Ruby. Elle, elle était un oiseau. » Ruby est d’un autre monde, elle sait exploiter à la perfection le moindre souffle, et tirer mystérieusement profit des qualités de chaque bateau. Néanmoins, comme Moitessier, elle refusera de suivre le chemin tracé et choisira d’autres voies… Douze ans après cette rupture, une course donne lieu à des retrouvailles émouvantes peut-être primordiales pour l’entreprise familiale comme pour la cohésion du clan. Un roman et une famille attachants, un ton oscillant entre légèreté et gravité, des personnages cabossés et une navigation ventée et époustouflante ! Une belle et fraîche découverte, une habitude chez Gallmeister et nous ne nous en plaindrons pas !

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Fiche #2060
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jean Esch


Brit BENNETT

Le coeur battant de nos mères
Autrement

1 | 338 pages | 09-10-2017 | 20.9€

Nadia est une jeune fille brillante de la communauté noire d’Oceanside en Californie. Alors que sa mère s’est suicidée sans explications il y a quelques mois, elle choisit d’avorter, traumatisme indélébile, après sa rencontre avec Luke, le fils de pasteur, qui ne l’aide guère dans ce drame au cœur du communauté où la religion a une influence immense. Elle décide alors de partir pour de brillantes études à l’Université de Michigan et de laisser sur place son passé et notamment son amie Aubrey et Luke. Mais trois ans, après, elle revient sur place et retrouve ses amis et la communauté. La construction du « cœur battant de nos mères » aimante le lecteur en alternant la narration des vies de Nadia, Aubrey et Luke au cœur des différentes communautés fondement de la société et l’avis d’un chœur de vieilles femmes, de mères, qui commentent les évènements de la communauté.

Premier roman

Ecouter la lecture de la première page de "Le coeur battant de nos mères"

Fiche #2037
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jean Esch