« Te voilà bien : homme modéré, inestimable sous-fifre des méchants. Homme modéré, on peut t'utiliser pour faire le mal, mais tu ne vaux rien pour faire le bien. »
Herman Melville

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Cormac McCarthy

Cormac MCCARTHY

La route
L'Olivier

245 pages | 18-01-2008 | 21.3€

Quelques années plus tôt, l'apocalypse a réduit à néant l'humanité. Survivants, un père (malade) et son fils suivent la route du sud. Une route grise, infinie, encombrée de ruines, de cendres et de cadavres. Un chaos terrible dont on ignore les raisons, McCarthy n’explique pas, il décrit. Végétaux et animaux ont disparu. Quelques survivants, apeurés ou agressifs, effrayés ou violents, affamés ou cannibales... Ecoute et attention permanentes, instincts de survie… Peur constante, peur de la mort, peur de l’autre… Des fantômes se méfiant de tout et de chacun. La recherche de la nourriture, d’un abri sont des épreuves quotidiennes, éprouvantes et dramatiques. Pourtant, le père influe à son fils la force de se lever chaque matin et de repartir. Ils progressent vers le sud appuyés sur leur caddie contenant toute leur richesse, vers la mer mais avec quel espoir, quel but ? Le père (l’Homme) le sait-il seulement ? Destinée humaine… Dans ce monde hostile et barbare, ils tentent de conserver leur humanité au cours de cette épopée quasi-biblique, chacun restant attentif à ce que l'autre ne tombe pas dans la barbarie. La fin de l’humanité n’est cependant pas définitive et un léger espoir filtre encore… La narration oscille entre récits, descriptions et dialogues épurés, réduits au strict minimum, le rythme du livre s’adapte parfaitement au rythme de progression des deux survivants auxquels le lecteur s’attache irrémédiablement. Le lien et la relation (la fusion) entre son père et son fils, sans mots inutiles, sont particulièrement réussis.

Prix Pulitzer 2007

Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : François Hirsch