'… on ne tue plus à bout portant les pauvres qui se rebellent. Aujourd’hui on les tue en les abandonnant, en les affamant, en les oubliant. '   Jean-Luc Seigle

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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François Bégaudeau




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François BÉGAUDEAU
En guerre
Verticales
297  pages
20  euros

02-11-2018

 

    Dans une même rue, dans un même village, dans une même ville, certains pourtant voisins se croisent mais ne se voient pas. Ils appartiennent à des mondes différents. Un mur opaque les sépare et lorsqu’un évènement fortuit laisse apparaître une lucarne sur l’autre monde, cela ne dure qu’un bref instant et elle se referme rapidement, chacun rejoignant son camp. Et naturellement, l’un des côtés permet tout et l’autre seulement peur, survie et douleur, chacun naît d’un côté et y demeure. Les deux mondes ne se comprennent plus, ne peuvent plus appréhender les sentiments de l’autre, la scissure est franche, les chemins sont parallèles et ne peuvent donc plus se croiser. Malgré ce constat et ce pré requis, François Bégaudeau ose envisager qu’une rencontre amoureuse pulvérise ce mur, esthétique gageure avant que tout ne rentre dans l’ordre !

« … la saleté d’un riche est un style, celle d’un pauvre un stigmate. »

« Pour survivre il faut manger, pour manger il faut de l’argent, pour l’argent il faut du travail et il n’y en a pas. Le piège se referme. Un collet sur une cheville. »

« Que ces gens aient pu supporter l’insupportable est la marque, selon Sophie, de l’exceptionnelle adaptabilité de l’espèce humaine. Ou de son accablante docilité, ajoutera la petite voix critique en elle… La girafe parachutée au pôle Nord ne veut pas de cette vie, cette vie ne sied pas à son organisme, et alors elle a la dignité de ne pas s’adapter, elle meurt la tête haute, elle meurt en girafe. L’homme lui s’adapte à tous les milieux. A tout il se fait, à tout se conforme… il se conforme, avec le temps, ça finit par bien lui aller. »


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Thème(s) : Littérature française

 


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François BÉGAUDEAU
Fin de l’histoire
Verticales
140  pages
12.5  euros

29-08-2007

 

    Le mardi 14 juin 2005, vers 16 heures, Florence Aubenas, détenue depuis plus de six mois en Irak, ouvre sa conférence de presse. La journaliste de Libération raconte par le menu les conditions de son arrestation du 5 janvier avec Hussein Hanoun al-Saadi, de sa détention et de sa libération. Son récit dure trois quarts d’heure.

« Quelqu’un s’avance là et c’est une femme.
Mettons qu’on ne fasse que la regarder et l’entendre. Regarder comment elle parle, entendre comment elle raconte. Non pas ce que ça cache mais ce que ça montre. Quelqu’un s’avance là et tout y est. Le monde entier dans sa voix, ses mots, ses mimiques. Pendant que l’Histoire poursuit son chemin héroïque et vain, un précipité de modernité se pose là et c’est une femme.
»

« Ce dont on va parler aujourd’hui, j’me doute bien qu’vous avez tout un tas de questions diverses, mais moi c’que j’peux vous raconter… j’ai été enfermée dans une cave pendant cinq mois, donc je peux vous raconter cette cave. Ce qui s’est passé en dehors et tout un tas d’autres sujets, je ne les connais pas…»

François Bégaudeau s’empare de ce monologue pour rendre un double hommage : d’abord à Florence Aubenas elle-même (et au-delà à toutes les femmes) mais également à la langue orale et à cette liberté orale que Florence Aubenas a su conquérir et conserver, on est loin de la langue de bois diplomatique... Suivant minutieusement la chronologie de la conférence, il décortique la parole et les attitudes de la journaliste. Puis, en zappeur émérite, il fait pause et commente, digresse, développe ses théories… François Bégaudeau nous offre encore un livre parfaitement maîtrisé dans sa forme et dans son fond (JCP)

Thème(s) : Littérature française

 


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