'Le jour est beau mais la nuit est sublime.'   Frédéric Pagès

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Gildas Guyot




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Gildas GUYOT
Maktaaq
In8
285  pages
18  euros

18-10-2020

 

    Seth, vingt-deux ans, il a longtemps rêvé d’une carrière dans le base-ball, il est finalement plombier et une vie sans surprise. Son grand-père Ati vient de rejoindre la maison familiale après la mort de sa femme. Ati parle peu, mais franchement et directement, sans fioriture, parfois avec violence et ironie, « un animal assez difficile à approcher ». Relation tendue donc, mais la tendresse et l’admiration ne sont jamais loin et « Pourtant, il exerçait sur Seth un magnétisme contre lequel il lui était impossible de lutter ». En arrivant le grand-père confie une cassette à la famille leur conseillant de la regarder. Seul Seth s’y attellera pour une plongée absolue dans le monde des Inuits dont Ati est un digne (peut-être le dernier ?) représentant. Ati est arrivé avec sa mythique Chevrolet Impala et il propose un marché à Seth : un long voyage (peut-être plus long qu’il ne le pense), de Los Angeles à Vegas, et l’Impala sera à lui. Seth ne peut refuser cette proposition malgré ses craintes et le fait de rater un match important des Dodgers. En parallèle, le lecteur partagera donc la découverte d’un monde singulier et disparu (« Il est des mondes dont on n’apprécie les subtilités qu’à l’instant où on les voit disparaître. ») par Seth et le long voyage d’Ati et Seth, entre chaud et froid, entre désert et glace, entre colère et sourire, pour qu’ils puissent se connaître, se découvrir et s’apprivoiser, en espérant qu’il ne soit pas trop tard...

Ecouter la lecture de la première page de "Maktaaq"   

Thème(s) : Littérature française

 


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Gildas GUYOT
Le goût de la viande
In8
240  pages
17  euros

01-08-2018

 

    Fin 1918, les combattants français et allemands ont quitté les tranchées, chacun laissant dans ces boyaux une grande part d’eux-mêmes. Quel homme pouvait en sortir fièrement et vainqueur ? Hyacinthe Kergoulé, jeune breton de 20 ans, fut l’un d’eux. Après avoir passé quelques jours au fond d’un abri, seul, cerné et observé de rats et de morts (« C’était magnifiquement horrible. »), torturé par la faim, la soif et la peur suscitant même l’envie d’en finir, Hyacinthe nous ouvre les portes de sa seconde vie, un bras en moins et un passé insurmontable. En effet, ces derniers jours comme soldat seront fondateur pour sa seconde naissance aussi douloureuse qu’ardue. Tout restera ancré en lui : les goûts, les odeurs, les sensations... cette diète marquera à jamais son alimentation, sa faim, son envie d’être rassasié ou de jeûner (bon appétit messieurs dames !). La mort n’ayant pas voulu de lui, il faudra néanmoins se construire une nouvelle vie, une nouvelle existence et souvent mentir, se cacher, se taire : « ... je les épargnais en inventant des histoires, tant mal que bien, un peu moins insupportables et surtout plus crédibles que la réalité. » Qui pourrait en effet comprendre ou simplement mesurer cette haine née dans l’horreur, indélébile, sans fin, ancrée au plus profond de lui-même, mais toujours prête à jaillir, à mordre : « Mon monstre intérieur ne m’avait donc pas réellement quitté. Il hibernait simplement. » Hyacinthe Kergoulé nous livre le récit sans artifice de son retour des tranchées, il nous autorise à rencontrer son double, survivant des tranchées sans jamais les avoir quittées, qui rongera jusqu’à l’os lui et son futur. Le récit est évidemment terrifiant frisant parfois l'horrible mais l’écriture et le ton de Gildas Guyot réussissent à nous tenir en haleine, tendu, inquiet, toujours attentif au destin et au parcours de Hyacinthe. Il parvient même à nous tirer quelques sourires lors de descriptions précises, réalistes et singulières. Un obus littéraire qui laisse de belles, profondes et douloureuses traces comme toutes les guerres qui n’en finissent jamais !

Premier roman

« Mais ce qui est frappant lorsque l’on revient à la vie parmi les morts, c’est le silence qu’ils sont capables de faire, tous ensemble. »

« Je prenais tout doucement conscience que je ne craignais pas vraiment l’allemand mais la haine puissante et indomptable qu’il avait fait naître en moi. Cette haine que je pensais avoir vaincue alors que, depuis tout ce temps, elle hibernait sagement. Cette haine qui, si on la découvrait, allait faire s’écrouler tout le mensonge sur lequel reposait ma petite vie rangée. »


Ecouter la lecture de la première page de "Le goût de la viande"   

Thème(s) : Littérature française

 


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