« C’est pas l’envie qui est parti, pas exactement. C’est le désir. Elle a perdu le désir. Et sans le désir, on n’est plus rien. Mais le désir de quoi ? Le désir tout court. C’est une force qui nous projette au-delà de nous-mêmes. Une chose irrésistible qui donne des rêves. C’est ce truc qui nous fait pleurer de rage parce qu’on n’est pas encore ce qu’on aimerait être. C’est le désir. Le désir tout court. Il inspire tout. »
Joséphine Tassy

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Jakob Arjouni

Jakob ARJOUNI

Devoirs d'école
Bourgois

1 | 152 pages | 14-10-2007 | 16€

Jakob Arjouni nous dépeint une part de la société allemande d’après-guerre. Pur produit de l’après 68, Joachim Linde est professeur d’allemand et il affronte son entourage personnel et professionnel qui semblent s'acharner contre lui. Son sujet sur les prises de position des écrivains allemands d’après-guerre sur le Troisième Reich crée polémique, il est accusé d’avoir eu un comportement trouble avec sa fille, son fils prend partie contre lui et le frappe avant d’avoir un grave accident qui le plonge dans le coma… Joachim revient sur les rares moments de bonheur du début de sa vie qui sont peu par rapport aux difficultés futures. Dans cette analyse des relations familiales où les non-dits et les faux semblants règnent en maître, Jakob Arjouni arrive à introduire le doute chez le lecteur qui hésite à accorder sa confiance à Jakob ou à l’accuser de tous les maux.

« Voilà en effet une des répercutions les plus significatives du Troisième Reich sur notre vie actuelle : la négation, ou plus exactement le camouflage, la dissimulation de notre origine. Nous ne pouvons toujours pas être fiers et contents, comme un Français ou un Anglais, dire d’où nous venons. »

Fiche #314
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Marie-Claude Auger