'Finalement, c’est toujours la même histoire lorsqu’il s’agit de la foi, ce n’est qu’à la fin que l’on sait si on a eu raison d’y croire ou pas. '   Laurent Seyer

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



23679015

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Yiyun Li




- 1 -



Yiyun LI
La douceur de nos champs de bataille
Belfond
158  pages
20  euros

25-08-2019

 

    « La douceur de nos champs de bataille » est le récit poignant (presque philosophique) d’une mère (l’auteure) dialoguant avec son enfant bien-aimé qui a choisi le suicide à seize ans. Elle est écrivaine et dès l’âge de dix ans, elle s’est totalement dévouée aux mots, alors elle continue, même dans cette disparition, dans cette mort inattendue. Elle réussit à convoquer son fils et à établir un dialogue : « Nikolai … et sa chère mère se rencontrent dans un monde à l’espace-temps indéterminé. Ce n’est pas un monde de dieux ou d’esprit. Ce n’est pas un monde rêvé par moi… C’est un monde créé par les mots, et par eux seuls. Pas d’images, pas de sons. » Mais derrière les mots, il y a les questions, et elles sont multiples, simples ou complexes, et surtout sans fin. Trouver un sens, à chaque mot, à chaque acte, chaque seconde. Avec une grande poésie, de la pudeur et de la retenue, sans jamais juger et remettre en cause le choix définitif de Nikolai (on ne saura rien de ses raisons), Yiyun Li progresse dans son deuil face au harcèlement de ces questions qui s’enchaînent et pour les réponses, la mère aimante a parfois encore besoin de lui. Sur un sujet difficile et bouleversant, Yiyun Li réussit un récit intense, questionnant mais aussi apaisant.

« Fondamentalement, devenir adulte, c’est jouer à cache-cache avec sa mère et gagner… »

« Mais qualifier d’inexplicable le geste de Nikolai, c’était comme qualifier de perdu un oiseau migrateur se retrouvant sur un nouveau continent. Qui peut dire que l’oiseau vagabond n’a pas une bonne raison de modifier le cours de son vol ? »

« Les mots ne sont pas à la hauteur, oui, mais parfois leurs ombres peuvent toucher l’inexprimable… »


Ecouter la lecture de la première page de "La douceur de nos champs de bataille"   

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Clément Baude

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture