'Ce en quoi se divise vraiment l’humanité, c’est entre gentils et méchants.'   Rosa Montero

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Sarah Marty




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Sarah MARTY
Juste après l'amour
Denoël
298  pages
18  euros

04-01-2021

 

    Elle l’aime, elle pense son amour absolu et infini. Indestructible. Partage et confiance pour la vie. Et pourtant, elle va s’apercevoir qu’il la bafoue, qu’il ne l’a jamais vraiment aimée, regardée, qu’il la trompe certainement depuis le premier jour. Alors c’est la chute. Vertigineuse. Dangereuse. Ce sex addict devient l’Autre, l’Enfoiré puis le Salaud. Sa trahison l’obsède, questionnement ininterrompu, sur elle, sur lui, sur son amour, sur le désamour dans sa famille. Mais elle choisit de ne rien lui dire et observe cet homme devenu anonyme, ce traître. Elle, la reporter de guerre, qui a affronté la mort et le danger, se sent si fragile. Fragile mais enragée, dépitée et dégoûtée. Que faire ? Le frapper ? Le tuer ? L’envie de faire mal, de nuire et une haine latente s’installent. Où l’emmènera cette rupture ? Elle s’isole dans sa douleur mais rencontre un SDF qui va l’écouter, il connaît les drames familiaux et le désamour, alors il va l’aider. L’aider à se venger, à mettre un point final à cette histoire, à cette vie, pour mieux repartir sur le chemin d’une autre vie et peut-être de l’amour.

« Accepte l’inattendu, accepte ce que tu n’as pas demandé et qui te déstabilise, alors seulement tu pourras danser avec le chaos. »

« C’est l’amour qui tient les hommes debout, c’est la haine qui les fait tomber. »


Ecouter la lecture de la première page de "Juste après l'amour"   

Thème(s) : Littérature française

 


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Sarah MARTY
Soixante jours
Denoël
288  pages
20  euros

15-04-2018

 

    Un mur s’écroule dans une propriété fatiguée des Yvelines et la propriétaire découvrira le périple exceptionnel de Yoldas, un maçon kurde qui a choisi ou subi l’exil, et qui lui propose son aide. Yoldas va se confier et Sarah Marty nous livre son témoignage qui donne corps et visage aux migrants, une incarnation absolue. L’exil du peuple kurde est singulier, ces apatrides quittent un pays qui n’est pas le leur et pourtant, la décision est douloureuse, abandonner son histoire, abandonner les siens, un sacrifice, une lourde culpabilité à surmonter. Ils vont se retrouver à quatorze. Progressivement le groupe va se former, se connaître, s’unir et ne former plus qu’un (« Il n’y a pas de victoire individuelle… »). Chacun a sa propre histoire, son vécu, ses souvenirs, les évoquera timidement alors que ses compagnons ne poseront que peu de questions, accepteront les silences ou les confidences. Une solidarité et une fraternité sans faille jaillira dans l’adversité des chemins de l’exil. Ils ont décidé de fuir la peur (« Il veut vivre dans un pays où les mots ne font pas peur, où ils ont le droit d’être écrits, d’être lus, d’être aimés comme d’être détestés. Il ne veut plus être muselé. »), de s’en éloigner et néanmoins durant ce périple, elle sera là, omniprésente, de tous les instants, dans tous les lieux, étouffante et inquiétante. Chacun aidera son compagnon à la supporter, à l’oublier pour quelques brefs instants, voire à rêver ensemble d’un futur souriant. Ces surhumains continueront, résisteront (« Dans quelles ressources a-t-il puisé pour échapper à sa peur ? »), face à l’inhumanité de ce voyage, face à la brutalité et l’avidité insatiable des passeurs. Ils côtoieront la mort, la peur, la faim, la violence mais le groupe toujours se dressera pour tenter de rattraper les épuisés, les exténués prêts à renoncer. Un récit puissant, haletant et terriblement émouvant pour ne pas oublier que chaque jour, sur les chemins européens, au bout de notre jardin, dans les mers qui bordent nos côtes, des hommes, nos frères, subissent un exil contraint et périlleux et perdent toujours un bout de leur histoire et parfois leur vie.

Premier roman

« Je veux aller dans un pays où le soleil se lève, je vais où les rires sont permis et où les couvre-feux n’existent plus. »

« … on ne reconstruit pas sur des ruines, sur des corps de femmes, d’enfants, d’hommes. On ne peut pas rebâtir sur des âmes sans être persécuté par leurs cris. Il faut fuir. Oui, s’offrir un autre destin. Yusuf aime l’idée de poser quelque part des fondations sur une terre qui n’a pas été nourrie de sang. »


Ecouter la lecture de la première page de "Soixante jours"   

Thème(s) : Littérature française

 


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