'Partout les côtes des chiens offertes aux coups de pieds des valets.'   Mathieu Riboulet

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Le Mot et le Reste




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Marie-Eve SÉVIGNY
Sans terre
Le Mot et Le Reste
218  pages
19  euros

20-07-2020

 

    Gabrielle est une nouvelle venue sur l’Île d’Orléans, bout de terre sur les eaux du Saint-Laurent face à Québec. Elle apporte avec elle sa réputation, ex-détenue, limite tête brûlée, en tous cas prête à aller très loin pour faire avancer sa cause : la protection de l’environnement, de la planète et de ses espèces et la lutte contre la corruption. Alors les projets d’une grande compagnie pétrolière sur l’île, vous imaginez ce qu’elle en pense ! Alors quand un ouvrier guatémaltèque est retrouvé assassiné et que l’enquête officielle s’intéresse uniquement au contremaître, coupable idéal, Gabrielle secondée par « Chef » un ex toujours amoureux, jeune retraité de la police amateur de polars et de romans noirs, est bien décidée à mener sa propre enquête…

« On se flagelle, ça nous donne l’illusion d’agir, alors qu’on reste tranquillement assis sur nos sièges chauffants. »

« L’amateur de polar est un sadique qui n’ose pas passer à l’acte… »

« Il ne faut pas être surpris qu’il y ait de plus en plus de criminels envoyés à l’asile plutôt qu’en prison : tant qu’on a affaire à des dingues, on n’a pas à se poser de questions. On laisse le fou dans son coin, on le regarde se débattre, comme s’il n’avait rien à voir avec nous. »


Ecouter la lecture de la première page de "Sans terre"   

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller/Noir

 


- 3 -



Patrice GAIN
Le sourire du scorpion
Le Mot et le Reste
207  pages
19  euros

16-01-2020

 

    Tom et Luna, les jumeaux, et Mily et Alex, leurs parents forment une famille heureuse et continuent de jouir d’une belle liberté. Ils vivent à la marge, esprit de bohème, saltimbanques ou saisonniers, avides de rencontres, ils enchaînent les petits boulots et se déplacent avec leur maison, une vieille camionnette rappelant le monde du cirque. Le récit débute alors qu’ils se trouvent au départ du canyon de la Tara au Monténégro et sont impatients (excepté Mily apeurée par un mauvais pressentiment) de plonger le raft à l’eau pour partir naviguer dans une aventure collective à laquelle s’est joint Goran un Monténégrin croisé sur la route. Le canyon est impressionnant, les passages des rapides aussi, la tension croit au fil de la descente mais Goran épaulé par Alex semble maîtriser. Jusqu’au drame. De retour sur la terre ferme, non loin des Grands Causses et des gorges du Tarn, la famille ébranlée peine à retrouver le chemin de la vie, de l’insouciance et de la liberté (« On avait laissé tant de choses là-bas. Chaque jour s’ouvrait, comme un calendrier de l’avent, sur un lot de conséquences qui devaient nous conduire je ne sais où. Elles s’agglutinaient comme des batraciens aux premiers jours du printemps. Leurs copulations n’engendraient rien de bon. Loin de diluer, notre douleur s’engluait dans un baume acide. »). Ils s’installent dans une vieille ferme abandonnée et en ruine, et les enfants, notamment Tom, s’interrogent sur le drame, sur sa genèse, sur les relations nouées avec Goran avant et après le drame, il les a en effet suivis en France et les aide avec beaucoup d’abnégation. Tout ça n’est-il qu’un malheureux hasard ? Patrice Gain maîtrise parfaitement la tension de son récit, excelle à décrire la sublime beauté de la nature sauvage et parfois violente, à nous attendrir devant le parcours chaotique de Tom vers la vérité, portrait d’un ado émouvant et réfléchi, et nous rappelle si nécessaire qu’une guerre n’est jamais propre, sa violence absolue et qu’elle ne se termine jamais. Un roman noir au style riche, travaillé, parfois précieux, évocateur, dans une langue raffinée, un voyage et une rencontre inoubliables au cœur d’un Causse sauvage et intact.

« Je me demandais si c’était ça la vie. Empiler les mauvais coups, les désillusions et les ennuis jour après jour, mois après mois… »

« On ne refait pas sa vie, on la poursuit, avec d’autres horizons parfois, d’autres personnes souvent, mais on n’efface pas le passé. »

« Je me demandais ce qui nous définissait : était-ce l’ensemble de nos actes ou seulement les conséquences de nos erreurs ? »


Ecouter la lecture de la première page de "Le sourire du scorpion"   

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Patrice Gain lus par Vaux Livres

 


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Catherine GUCHER
Et qu'importe la révolution ?
Le Mot et le Reste
193  pages
17  euros

10-08-2019

 

    Dans la montagne ardéchoise, éloignée de tout, une petite communauté d’amis partagent un quotidien fait de vrais hivers, de vrais étés, de lumière, de solitude, d’entraide, d’amitié, une vie sauvage proche de la nature, une vie simple, vraie « Mais lorsque la nuit tombait, une vieille nostalgie ranimait leurs anciennes convictions. » En effet, ils se sont retrouvés là après de longues années d’engagement, ils ont cru en la justice, la fraternité, en un monde sans frontières, toujours aux côtés des pauvres, des opprimés, luttes incessantes et puis ils sont venus là, un peu retirés du monde, mais libres et en accord avec leurs convictions restées intactes. Jeanne gardera toujours la tête haute et clamera toujours avec la même conviction « Hasta la victoria sempre ». Mais qui reprendra le flambeau ? Pas son fils qui a choisi un autre modèle de vie, de société et reste en colère face à cette mère distante, trop engagée et libre. Fidel Castro n’est pas loin d’être son messie, en tous cas, elle refuse de croire en son échec, même si elle a douté évidemment face à l’évolution en Amérique latine ou à l’Est, « j’ai détesté ces hommes qui portaient la mort en même temps que la révolution » mais reste sur l’admiration de ses années de jeunesse, Fidel continue d’incarner ses idéaux qu’elle n’a pas abandonnés et Cuba le seul rayon de soleil. Alors à l’annonce de sa mort, le passé se fait plus prégnant et elle doit retourner une dernière fois sur les terres de sa révolution. Mais pas avec n’importe qui. Avec Ruben, son grand amour inachevé. Arrivé en France pendant la retirada à l’âge de trois ans, devant le terrible accueil de la France, il fut contraint de s’exiler à Oran avec sa grand-mère et jamais l’odeur de sang ne le quittera. Alors il la laissera partir à Cuba pour éviter de revivre les horreurs qu’il a toujours en tête et fera alors office de traitre à la cause. Mais il est temps aujourd’hui de s’expliquer, de refaire ce voyage pour vivre ensemble une dernière épopée. Un superbe et émouvant hommage que ce portrait d’une femme libre et engagée qui restera fidèle à elle-même mais aussi d’une amoureuse de la vie. Un récit d’une très belle écriture raffinée et maîtrisée, empreint d’une émotion constante décrivant Jeanne emblème d’une génération où l’idéologie n’était pas encore un gros mot, où l’homme pouvait encore être une priorité et passer avant l’économie, où un monde meilleur pouvait poindre au bout du chemin mais une génération qui a vu aussi les obstacles se multiplier et le sang couler à flots, les échecs s’enchaîner. Pour peut-être se rassurer, on (ré)écoutera l’inoubliable Mano Solo et son couplet « Dans la vie, ce qui compte c’est pas l’issue c’est le combat. »

« Les souvenirs ont les dents longues ; dans les armoires de famille se cachent des brigades de fantômes. »

« La vie, finalement, c’est toujours beaucoup de sang. »

« ... malgré nos désirs de croire, rien ne correspond jamais aux images que nous nous faisons de la vie, qu’il s’agisse de l’amour ou de la politique. »

« La compassion se nourrit de pitié et je déteste la pitié à cause de tout le mépris et de la suffisance qu’elle contient. »


Ecouter la lecture de la première page de "Et qu'importe la révolution ?"   

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Patrice GAIN
Terres fauves
Le Mot et le Reste
205  pages
19  euros

16-02-2019

 

    David McCae est un écrivain new-yorkais, un vrai citadin. Il est en train d’écrire les mémoires d’un gouverneur qui vise une réélection. L’auteur éprouve des difficultés à achever le livre hommage alors son éditeur le convainc de partir pour l’Alaska (« … dernier endroit après l’enfer où j’avais envie de mettre les pieds… ») et retrouver un célèbre alpiniste Dick Carlson qui aurait des faits sympathiques à raconter sur le gouverneur. David McCae se retrouve perdu dans un milieu hostile au cœur de l’immensité froide de l’Alaska, dans une nature sauvage, brute, aussi exceptionnelle que dangereuse et violente, où survivre n’est pas un vain mot et où les hommes laissent souvent exprimer leur violence. Et David va le découvrir progressivement comme la vérité sur le « héros » Carlson. Toute cette violence va faire resurgir des souvenirs pénibles de l’enfance que David avait édulcorés… Le froid et l’immensité repoussent loin les frontières de l’humanité mais mettent aussi à l’épreuve l’envie absolue de vivre. Un roman âpre et prenant qui nous emporte dans un joli voyage glaçant !

Ecouter la lecture de la première page de "Terres fauves"   

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Patrice Gain lus par Vaux Livres

 


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