« Les mots sont la médecine de l’âme. J’écris de la poésie, pour le plaisir. Les poèmes sont des boutons de bottines. Malheureusement aujourd’hui, on marche en basket. »
Nadine Monfils

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Romans traduits par Catherine Eyjolfsson

Audur Ava OLAFSDOTTIR

Ör
Zulma

238 pages | 10-12-2017 | 20€

Il y a toujours dans les personnages de Audur Ava Olfasdottir une part qui touchera chaque lecteur. Ils sont touchants, profonds, parfois drôles, et toujours humains. Elle excelle à leur donner corps et à les inviter réellement dans l’espace de chacun de nous. Jonas Ebeneser n’échappe pas à la règle ! Il a sept cicatrices et tente de les « réparer » comme il restaure et retape avec passion les objets endommagés ou hors d’usage. Lassé par son existence, avec le fusil de son voisin (pour en finir ou pour se défendre ?) et sa boîte à outils, il décide de quitter les trois femmes qui se sont éloignées de lui (son ex, sa fille et sa mère) pour aller dans un pays dévasté par la guerre où réparer n’est pas un vain mot. Mais réparer les autres et soi-même dans un pays éprouvé par la guerre peut aussi inciter à dresser un bilan objectif de sa vie et Jonas reste un modeste même s’il fait maintenant partie de ceux qui savaient et qui ont agi quoiqu’il en pense. Reconstruire, agir, se reconstruire et vivre. Délicat, sensible, lumineux et émouvant !

« Je suis comme l’aquarelle qui s’efface à l’eau. »

« Peu d’hommes tuent. La plupart se contentent de mourir. »

« Le silence sauvera le monde. »

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Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson


Steinunn SIGURDARDOTTIR

Maîtresses femmes
Héloïse d'Ormesson

218 pages | 11-06-2017 | 19€

Maria est une vulcanologue islandaise reconnue. Elle vient en France pour un congrès et fait la connaissance de Gemma, une superbe et énigmatique Italienne qui cherche à la séduire. Résolument hétérosexuelle, Maria repousse ses avances. Mais Gemma insiste et au-delà de la séduction amoureuse, lui présente ses projets de société et son ambition, dépasser et refuser l’égalité homme-femme, repousser les hommes, ils ont fait leur temps, les éloigner de leur quotidien, prendre le pouvoir, ils ont tellement fait preuve d’incapacité et de violences depuis tant d’années, « Les hommes anéantissent l’amour, c’est la définition d’un homme »… Vous devinez donc que les hommes ne sortent pas grandis de ce récit vif et ironique qui en sus d’un portrait de l’Islande (le premier pays à élire démocratiquement une femme présidente), revient sur les questions (et les réponses) qui peuvent tourmenter certaines : l’enfance et ses implications, les relations amoureuses homme-femme mais aussi entre femmes, les relations de pouvoir entre femmes et hommes, la maternité, l’amitié… Une comédie dramatique tendre, parfois insolente ou dérangeante et souvent drôle.

« … et la meilleure définition de la vie est peut-être qu’elle est un cataclysme naturel. »

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Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson


Audur Ava OLAFSDOTTIR

Le rouge vif de la rhubarbe
Zulma

156 pages | 31-07-2016 | 18.5€

Zulma publie enfin le premier roman d’Audur Ava Olafsdottir (après les trois suivants !). On retrouve déjà la poésie et la tendresse présentes dans les trois ouvrages suivants. Des personnages (ordinaires) et un pays (contrasté) rudes, mais éclairés par des moments lumineux ouvrant à une certaine sérénité. Agustina est une gamine handicapée peinant à se déplacer. Sa mère est partie sur les traces d’oiseaux migrateurs et son père n’a fait que passer, « Elle a été drôlement courte, l’union de tes parents, dit Nina. Quatre ou cinq jours tout au plus. Et il a plu tout le temps. ». Elle aurait été conçu dans un champ de rhubarbes sauvages où elle aime maintenant à s’allonger. Nina une femme d’une soixantaine d’années, qu'on aimerait rencontrer, prend soin d’elle avec tendresse, humour et simplicité. Agustina a du caractère et, encouragée par Nina, se lance un défi, gravir le sommet voisin (844 m)… Audur Ava Olafsdottir nous enchante une nouvelle fois avec ses personnages attachants et son amour de la vie.

Premier roman

Ecouter la lecture de la première page de Le rouge vif de la rhubarbe

Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson


Audur Ava OLAFSDOTTIR

L'exception
Zulma

340 pages | 06-05-2014 | 21€

Lors d’un réveillon bruyant à Reykjavik, Maria n’entend pas vraiment ce que lui annonce son mari Floki. Après onze années de mariage, il la quitte en lui assurant néanmoins qu’elle sera toujours la femme de sa vie. Une évidence ! Il part partager l’existence de l’un de ses collègues homme, spécialiste comme lui, de la théorie de chaos, deux experts du domaine en effet, et Maria peut en juger d’elle-même ! Choc, déflagration, Flora se remémore leur vie commune, l’arrivée des jumeaux, leur démarche d’adoption qu’elle continuera seule, recherche des indices, des mensonges... Elle est épaulée par sa voisine, Perla, une naine experte conjugale et écrivain. Ce petit lutin, qui écrit un roman au thème pas très éloigné de l’expérience de Maria (fiction et réalité progresseront de conserve), deviendra vite indispensable et lui sera d’un grand secours pour affronter le passé, le présent et son futur après ce bouleversement. Comme à son habitude, Audur Ava Olafsdottir sait parler avec douceur de la vie et de ses bouleversements quotidiens, de la famille, des relations humaines, le ton est vif, drôle, ironique, tendre et la lecture particulièrement agréable et plaisante.

« L’ennui, poursuit-elle, c’est que les gens pensent que l’amour va tout sauver. Les plus emmerdants exigent que l’amour les sauve d’eux-mêmes. »

« L’expérience m’a appris que la conduite humaine est aléatoire, capricieuse et imprévisible. »

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Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson


Bergsveinn BIRGISSON

La lettre à Helga
Zulma

133 pages | 10-07-2013 | 9.95€

Il était temps. Il était temps pour Bjarni Gislason depuis sa maison de retraite d’écrire à Helga pour lui clamer une dernière fois son amour, un amour qu’il a jugé impossible. Les témoins sont disparus, sa femme Unnur comme Helga et son époux et il peut enfin se raconter, revenir sur sa vie rude d’éleveur de brebis, sur l’opération malheureuse que subit sa femme, sur son attirance jusqu’à l’obsession pour Helga. L’homme d'une grande sérénité est simple, poète, vrai, attentif à son environnement et sa confession âpre, sincère et lucide. Un monologue aussi éblouissant et émouvant que rugueux que l’on lit d’une traite.

"Croire au progrès et se l'approprier est une chose, mais c'en est une autre que de mépriser le passé... C'est quand les gens tournent le dos à leur histoire qu'ils deviennent tout petits."

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Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson


Audur Ava OLAFSDOTTIR

L'embellie
Zulma

400 pages | 10-08-2012 | 23€

La narratrice a trente trois ans, son mari la quitte, et sa meilleure amie Audur est enceinte de jumeaux. Hospitalisée, Audur lui confie son enfant, un jeune garçon différent, prothèses auditives, grosses lunettes déformantes. Quelque peu désemparée, elle n’a pas élevé d’enfants et les a peu fréquentés, elle hésite à l’accueillir. Venant de gagner à la loterie, cette femme libre décide de partir avec sa vieille voiture, de l’emmener visiter son île, un voyage pour se découvrir, s’apprivoiser. L’attachement ne fera que croître au fil des kilomètres, l’enfant saura lui faire ressentir la place qu’elle a prise à ses côtés (« Je t’avais dit qu’il te changerait »). Ses souvenirs, ses rêves et ce tour de l’île apaiseront peut-être son passé et lui ouvriront un nouvel horizon. Le voyage est joyeux, rythmé. Les péripéties attendrissantes de ce couple dans cette île singulière, poétique et pluvieuse, la liberté et le détachement de cette femme suscitent une complicité réelle avec le lecteur qui retrouve avec joie toute l’humanité et l’amour de la vie déjà instillés dans « Rosa Candida » avec un zeste de cocasserie en sus.

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Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson


Audur Ava OLAFSDOTTIR

Rosa Candida
Zulma

333 pages | 06-06-2010 | 20.3€

A 22 ans, le jeune Islandais Arnljotur se décide à quitter sa famille après le drame qui l’a frappée. Sa mère est décédée lors d’un accident de voiture et le laisse avec son père bientôt octogénaire et son frère qui reste anormalement silencieux. Arnljotur, petit rouquin, était très proche de sa mère qui trouva la force, quelques instants avant de mourir, de l’appeler, de le rassurer, de le conseiller et de lui offrir une dernière preuve d’amour. Elle lui avait fait partager sa passion pour les roses dans la serre et le jardin où elle cultivait une variété exceptionnelle sans épines et à huit pétales, la Rosa Candida. Avant de partir, Arnljotur raconte son enfance, ses liens familiaux forts encore resserrés à la mort de sa mère, mais aussi la naissance de sa fille née un jour particulier, après une rencontre rapide, sans avenir. Lorsque Arnljotur part restaurer une roseraie d’un monastère du continent, il emporte évidemment quelques boutures de la Rosa Candida qui perpétueront la mémoire de sa mère. Ce premier roman traduit en France d’Audur Ava Olafsdottir est une vraie réussite, un livre véritablement apaisant qui dégage une atmosphère remplie de tendresse et délicate. Ce « garçon des roses » charme par sa naïveté et sa candeur, sa tendresse dans sa relation à l’autre et avec sa fille, dans ses sentiments et ses préoccupations. Un charme aux accents féminins indéniables dans ce portrait tendre d’un homme solitaire attentif aux autres auquel il ne manque que l’odeur de la Rosa Candida mais avec un peu d'imagination, vous la devinerez au fil des pages…

« Le problème, c’est bien entendu que le travail au jardin se fait dans la solitude et le silence et que je n’ai donc pas l’occasion de m’exercer à parler »

Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Catherine Eyjolfsson