« Je m’efforce de cacher ma tristesse et mon chagrin lorsque je comprends que la vie a toujours prospéré en passant par la mort. »
Jon Kalman Stefansson

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Romans traduits par Jean Guiloineau

Ceridwen DOVEY

Les liens du sang
Héloïse d'Ormesson

2 | 215 pages | 27-07-2008 | 20€

Ceridwen Dovey pour son premier roman a choisi de décrire les rouages d’un pouvoir absolu sous l’angle de son intimité et de son entourage. Un coup d’état vient de réduire le Président despote au rang de prisonnier. Il est accompagné dans sa résidence surveillée par son cuisinier, son portraitiste et son coiffeur, trois fonctionnaires dévoués qui organisait une grande part de son quotidien. Trois hommes insensibles jusqu’alors aux dérives de ce pouvoir absolu. Les portraits se succèdent révélant page après page l’intimité de ces hommes, de leurs femmes et de leurs enfants. Portraits se répondant en miroir dans l’arrogance, la violence et l’insouciance du pouvoir. Portrait après portrait, le spectre s’élargit démontrant que le despotisme s’attaque subrepticement à l’intimité. Puis, peu à peu, un despote remplace l’autre… Pouvoir quand tu nous tiens… Mais ces trois fonctionnaires pourront-ils encore feindre d’ignorer les dérives du pouvoir qu’ils servent ?

Premier roman

« Les êtres humains se débarrassent les uns des autres, ils s’installent dans les lieux des vaincus, et procèdent à leurs tâches quotidiennes : on se rase dans le lavabo de l’ancien Président, on se regarde dans son miroir, on range ses vieilles chaussettes dans le tiroir de ses sous-vêtements. Ensuite, cela m’a fait penser à la contamination, est-ce qu’une personne mauvaise laisse derrière elle de mauvaises choses dans ses lieux, secrète le mal comme de l’air vicié : est-ce qu’on peut l’attraper comme un rhume ? »

Fiche #425
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jean Guiloineau


Julia LEIGH

Ailleurs
Bourgois

1 | 105 pages | 08-07-2008 | 15.2€

Quittant son mari et l’Australie, Olivia (« la femme ») retrouve la France avec ses deux enfants (Andrew et Lucy) et le domaine de sa mère qui y règne tel un despote des temps passés. On apprend par petites allusions les causes de son départ. C’est d’ailleurs l’un des principes du livre, apprendre subrepticement au sein d’une phrase anodine, par petites touches, une clé du roman. Son frère Marcus et sa belle-sœur Sophie s’installent simultanément dans la demeure. Ils viennent de subir un drame en perdant au cours de l’accouchement le bébé tant attendu et Sophie ne semble pas en mesure de surmonter ce drame. Elle refuse de se séparer du corps. Dans cet univers lourd, où le silence est roi, Andrew observe ce monde adulte avec un œil tantôt enfantin tantôt adulte. Roman intriguant, sous tension, troublant où les personnages tels des funambules hésitent et tanguent sur le fil de la folie.

Fiche #412
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jean Guiloineau