'La guerre ne forme pas la jeunesse, elle la viole.'   Antonin Varenne

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Hector Mathis - Carnaval








Hector MATHIS
Carnaval
Buchet-Chastel
215  pages
16  euros

09-08-2020

 

    Un carnaval peut-il éclairer d’une lumière singulière et joyeuse la banlieue ? Ou ne restera-t-il que le défilé furtif de personnages bigarrés dans un monde à part avec clown triste en tête ? Hector Mathis renoue dans « Carnaval », « autopsie d’un vertige », avec Sitam personnage de son premier roman déjà percutant « K.O. ». Avec ce sentiment « d’avoir été présumé coupable toute mon enfance... », il s’est éloigné de ses amis mais ressent déjà son erreur. Alors qu’il recherche Capu sa compagne, il apprend la mort de l’un d’eux et revient sur les lieux de son adolescence. Retour sur le passé, sur l’enfance, ajustement du présent. Il revient avec une banlieue (« Foutue résidence à suicides ») qui a continué de se dégrader, mais il n’est plus seul. La maladie l’accompagne. Il est condamné depuis l’âge de vingt ans (« Mort vivant dès la vingtaine. »), une sclérose et toutes ses conséquences au quotidien. Ce retour est prétexte aux souvenirs de l’époque de cette amitié fraternelle puissante, de leurs folles aventures, de leurs dérives, de leur vie en marge, de leur précarité mais une époque où ils rêvaient encore, surtout ensemble, toujours ensemble même si « On était coupables, pour sûr ! Infréquentables ! Mauvais ! Nuisibles ! ». Le constat est lucide, direct et donc se mue en cri de rage contre la société, contre la maladie, contre les hommes, cri de désespoir, parfois débordant de larmes mais au milieu de rires de ces adolescents débordant néanmoins de vie. Un style en total adéquation avec ce cri dans l’urgence, percutant, musical, rythmé. Le « K.O. » est brillamment confirmé !

« Moi je suis banlieusard à tout jamais. Paris me recrache chaque fois qu’elle tente de m’engloutir. Elle me régurgite. »

« Le produit c’est l’homme. Un sac de viande avec une connexion Internet. Bourré de frustrations. »

« L’homme, c’est un singe ! Un singe plus doué que les autres mais doué pour quoi ? La violence et la prétention ! Rien de plus... »


Ecouter la lecture de la première page de "Carnaval"   

Thème(s) : Littérature française

 


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