« Si tu ne sais pas pourquoi tu pleures, alors c’est que tu es revenue dans l’enfance. »
Pierre Roubin
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Erik Dogam sur les conseils de son secrétaire fait un break (court) et profite d’une rare journée de congé pour visiter la campagne suisse. Son téléphone dernier cri perdu dans cette nature tombe en panne. Une jeune femme le récupère au bord de la route et lui propose son aide. Dogam se retrouve invité à passer la soirée chez elle. Elle est accompagnée de deux amies, d’une vieille dame et d’un physicien à la retraite, sorte d'homme à tout faire. Erik Dogam fait partie des gagnants, il dirige brillamment une multinationale, une femme, des enfants, la réussite absolue, parait-il. Pourtant les trois femmes l’invitent à un jeu : sorte de jeu de la vérité pour juger l’existence de leur invité, un jeu dangereux, une mise à nu mais Dogam est sûr de lui, aucun doute, omniscient, omnipotent, rien ne peut l’atteindre, alors avec toute sa suffisance, il va jouer le jeu et se dévoiler sciemment jusqu’à devenir une caricature de lui-même, un monstre sans émotion. Les trois femmes obtiendront sans difficulté toutes les informations avouables ou non qu’elles ne connaissaient pas pour le juger. Et même après la terrible sentence, Dogam continuera de fanfaronner avec exubérance. Jusqu’à quand les Dogam continueront-ils d’empoisonner l’existence des populations, à se servir sans vergogne d’elles et du monde pour leur soif de pouvoir et richesse ? Un court roman percutant qui se dévore, brillant hommage à La panne de Dürrenmatt, qui en dressant le procès de Dogam fait aussi celui de notre société et de tous ceux qui ont permis à cette nouvelle classe dominante de s’installer.
Fiche #3492
Thème(s) : Littérature étrangère