'Je hais la modération sous toutes ses formes. Qui ne consume pas sa vie la laisse s’éteindre.'   Ingrid Naour

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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POL




- 6 -



Mathieu LINDON
Les hommes tremblent
POL
170  pages
14.9  euros

11-11-2014

 

    Le tremblement touche tous les hommes, partout sur la planète, depuis toujours. Mais d’où viennent ces tremblements ? Martin, le SDF, tremble, mais pourquoi ? Il observe les habitants de l’immeuble où il s’est installé et où Martine viendra le rejoindre, trembler également, mais pourquoi ? Il les observe l’observer. Chacun a son propre regard sur cet intrus qui s’immisce progressivement au cœur de leurs vies, son attention ou non, sa sensibilité. Mathieu Lindon évoque tous les sentiments, tous les comportements, cynisme, hypocrisie, égoïsme, idéalisme, détresse, pudeur, colère… Il suscite questionnements sans prendre parti, tend simplement le miroir dans lequel se reflète la France d’aujourd’hui. C’est caustique, ça interroge, ça dérange, il faut donc le lire !

« Elle déguerpit sans rien lui répondre, mécontente de cet air qu’il se donne de distribuer la pitié plutôt que de la recevoir. »

« Comme un prof de philo déclassé qui fouillerait dans les consciences, un psy sans le sou qui se paierait sur la bête, se nourrirait de la souffrance de la bête. »

« C’est tout Martin : à l’entendre, parfois, personne ne voudrait être à sa place, et, parfois, il ne voudrait pas être à celle de personne d’autre. »

« Tout le monde leur souhaite de gagner au Loto et déguerpir en quatrième vitesse : ce mélange de solidarité et d’hostilité est ce qui ressemble plus à l’indifférence. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



Iegor GRAN
L'écologie en bas de chez moi
POL
189  pages
15.5  euros

18-06-2011

 

    Quelle joie de retrouver le ton moqueur, caustique, ironique parfois cynique et féroce de Iegor Gran. Nous allons enfin savoir si les écologistes ont de l’humour ! En effet, après la bureaucratie, les ONG, le prix Goncourt entre autres, Iegor Gran s’attaque dans ce nouveau roman à ce qu’il nommerait sans aucun doute cette nouvelle religion ! Son attaque frontale passe par le récit de l’amitié du narrateur avec son voisin « durable » , un voisin qui trie, recycle, attentif à la planète mais aussi et surtout au comportement de son voisin ! Pamphlet évidemment moqueur, ironique, avec ses têtes de turc (les icônes écolos médiatiques doivent encore avoir les oreilles qui sifflent !) qui parfois en dénonçant une religion en établit une autre, parfois réaliste, parfois exagérateur mais toujours source de réflexion donc nécessaire voire salvateur !

Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Emmanuelle BAYAMACK-TAM
Une fille de feu
POL
185  pages
16  euros

21-08-2008

 

    Charonne a vingt ans. Charonne est magnifique, aux origines incertaines. Charonne est grosse et « on n’est jamais grosse sans être héroïne » : ce texte le démontrera. Charonne vit avec sa mère et sa tante du moins le pense-t-elle. Elles tiennent un magasin, sorte de bazar au goût particulier et exotique. Charonne provoque les rencontres et son physique influe toujours. Jusqu’au jour où Arcady et Daniel poussent la porte du magasin et provoquent une rupture complète et irrémédiable dans la vie de Charonne. Il s’agit de deux homosexuels à la recherche d’une mère porteuse. Ils examineront intimement Charonne dès leur première rencontre et Arcady demeurera fortement impressionné. Il faut dire que l’intimité de Charonne a subi quelques outrages, la mère de Charonne ayant des mœurs outrancières. Cette mutation permettra à Charonne de découvrir enfin son passé et ses origines et d’entrevoir un nouveau départ vers une vie plus libre et plus accomplie...

« Les timides méritent d’être punis, ils méritent qu’on les brutalise : ça leur apprendra à s’imaginer que tout le monde les regarde en dépit des démentis qu’ils reçoivent à ce sujet depuis toujours. »

« …j’ai la révélation de ce qui nous attend l’enfant et moi, une vie où je serai son bourreau sans que jamais personne vienne mettre fin à la torture. »

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Marie DARRIEUSSECQ
Tom est mort
POL
247  pages
17  euros

03-09-2007

 

    Tom est mort accidentellement, de manière inattendue et définitive ! Il avait quatre ans et demi. Sa mère nous livre ses sentiments dix ans après. Peut-on combler cette absence si pesante et infinie ? Peut-on faire le deuil d'un petit bout de quatre ans ? D'ailleurs qu'est-ce que c'est que cette expression "faire le deuil" ?... Comment survivre en Australie encore entourée de deux enfants et d'un mari ? Le nouveau fantôme de Marie Darrieussecq est cette fois bien présent et encore bien vivant malgré sa disparition. Marie Darrieussecq met son style inimitable qu service d'une dissection pointilleuse des sentiments d'une mère brisée à jamais.

"Le deuil qu'ils décrivent est un processus naturel qui dégoûte. Une digestion. On entre dedans et on avance, qu'on le veuille ou non, comme à travers une série de boyaux. La mort de Tom passe à travers nos corps. On n'a pas fini, je ne dis pas qu'il faut dix ans. Je ne dis rien. Est-ce que je souffre moins qu'avant."

"Avant il s'appelait Tom Winter, maintenant il s'appelle Tom est mort. Il est mort depuis bien plus longtemps qu'il n'a été vivant. Mon petit garçon est mort. Je ne dis pas que j'aie gardé la raison."

Thème(s) : Littérature française

 


- 2 -



Jacques JOUET
Une mauvaise maire
POL
125  pages
12  euros

24-08-2007

 

    Marie Basmati sous l'ère Chirac est maire de gauche d'une ville moyenne et Jacques Jouet nous fait partager son quotidien professionnel et personnel. Une vie à 200 à l'heure, toujours en mouvement, avec ses petites et grandes ambitions, ses réussites et ses échecs, ses rencontres. Un joli portrait de femme intègre et dévouée que le scandale rattrapera pourtant malgré elle...

Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Héléna MARIENSKÉ
Rhésus
POL
316  pages
19  euros

17-09-2006

 

    Une vieille dame, Raphaëlle, est accueillie pour son plus grand malheur dans une maison de retraite où chacun tente de survivre. Raphaëlle accrochée à la vie, est déterminée à continuer de vivre coûte que coûte. Elle hait sa fille qui l’a poussée dans ce lieu. Elle deviendra bisexuelle après sa rencontre avec Céleste écrivain homosexuelle (« le genre qui continue à vivre rien que pour le plaisir de vous cracher sa haine ») et Hector ancien militant communiste devenu riche grâce au hasard et que sa fortune et le viagra aident à oublier la mort. Raphaëlle ne peut choisir entre ses deux amours qui la comblent de bonheur, au grand dam de l’entourage quelque peu perturbé par ces liaisons inhabituelles : le scandale ne demande qu’à éclater... Autour de ses personnages principaux gravitent évidemment le personnel de la maison, directrice, médecins, aides-soignants, personne ne manque. Si, une « personne » : un bonobo, un chimpanzé mais qu’est-il exactement ? … débarque et l’extraordinaire (au premier sens du terme) s’installe… La scandale éclate et la révolte gronde, les vieux entrent en résistance, le RAID s’impatiente pour intervenir et même les dirigeants du pays s’impliqueront dans cette crise : on suivra Sinusy, petit Ministre de l’Intérieur sans scrupule et Philippe de la Cour du Pin, Premier Ministre bronzé cherchant à lui nuire…
Chaque chapitre propose la vision d’un personnage des évènements en cours : selon Raphaëlle, selon Céleste, selon Ludovic (infirmier), selon Dhorlac (écrivain invité chargé d’écrire le déroulement de l’histoire), selon Witold (journaliste) et « selon moi » pour conclure. Ces témoignages éclairent différemment l’affaire, nous déroutent, mélangent rêve et réalité et laissent le lecteur maître de son et/ou de leur histoire. Les deux derniers chapitres seront salvateurs pour le lecteur dérouté.

Texte ambitieux et original, un roman (mais est-ce un roman ?) inclassable, incomparable, qui aborde notamment les tabous de la vieillesse de plein fouet : la mort, le sexe, la vie, la drogue, tout y passe ! Récit grotesque, absurde parfois loufoque, parfois émouvant, triste, hilarant, parfois cru, mais toujours décalé. Un livre à ne pas confier aux lecteurs TGV comme les définit Céleste : « Et j’emmerde le lecteur pressé, inculte, dont l’empan intellectuel et linguistique ne dépasse pas trois syllabes et dont le souci majeur est de faire coïncider le temps du livre et son trajet en TGV. »

« On mange tôt dans les maisons de retraite : les serviteurs ont pris le pas sur les maîtres. Quand vient la marche à la mort, il faudrait donc avancer sa montre ? »

« Elle radote un peu, c’est vrai. Et comme elle parle comme un livre, j’ai l’impression de revenir à la même page. »

Thème(s) : Littérature française

 


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